24h pour créer : « Je me demandais si je pouvais en faire un…

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Written By Sophie Ledont

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

Créer une entreprise en moins de 24h vous semble impossible ? C’est pourtant le défi que Doria Ova et quatre coéquipiers ont relevé lors de la deuxième édition des « 24 heures pour créer ». Le concours organisé par Bpifrance offre aux futurs entrepreneurs l’opportunité de créer une entreprise. Le jeune lauréat se remémore cette folle journée.

Big média : Est-ce que vous vous imaginiez créer une entreprise en 24h ? 

Doria Ova : Non, jamais ! Mais c’était tout l’intérêt du défi. J’ai déjà eu la chance de démarrer une entreprise et cela m’a pris douze mois. Je me demandais si je pouvais faire en une journée ce qui m’a pris un an. Je savais que c’était possible, mais je n’aurais jamais pensé pouvoir le faire aussi rapidement.

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BM : Comment on s’organise pour aller de l’idée jusqu’au pitch en 24 heures ? 

FAIRE : Dès la création de l’équipe, nous avons mis en place des règles pour éviter au maximum les conflits pendant ces 24 heures. Ensuite, nous sommes passés au brainstorming qui, je pense, est la phase la plus délicate. Nous avions beaucoup d’idées et nous avons dû expliquer, sans vexer nos partenaires, pourquoi nous choisissons une direction et pas l’autre.

Bien sûr, nous avons eu des moments de doute, presque au point d’abandonner. Seulement deux heures avant la présentation de notre projet, nous n’étions toujours pas sûrs de ce que nous voulions proposer. Nous étions littéralement parasités par ce que nos concurrents pouvaient faire ou proposer une nouvelle fonctionnalité à ajouter au design. C’est un questionnement permanent.

BM : Justement en quoi consiste votre projet ? 

DO : Notre start-up s’appelait Oratos, ce qui signifie « visible » en grec. L’objectif était de permettre aux unités de vérifier leur consommation d’énergie en temps réel, appareil par appareil, plutôt que globalement. Cela a permis à nos clients de le réguler directement en éteignant immédiatement une machine ou un appareil qui consommait trop d’énergie.

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BM : Est-ce que le fait d’avoir participé au concours vous a donné envie de persévérer dans le monde de l’entrepreneuriat ?   

DO : Absolument. Cette compétition m’a permis de sortir de ma zone de confort. J’étais prédestiné à travailler dans le secteur social et jamais de ma vie, avant 24 heures de création, je n’aurais pensé travailler dans le secteur de l’énergie. À mes yeux, c’était un secteur inaccessible aux personnes qui, comme moi, n’étaient pas issues de la communauté scientifique. Ce concours m’a prouvé que non seulement j’aime l’entrepreneuriat social, mais que d’autres opportunités s’ouvrent à moi.

BM : Qu’est- ce que vous avez trouvé le plus dur dans le fait de monter une société ? 

DO : Au-delà de toutes les limites possibles, la gestion des personnes est vraiment complexe. Il faut savoir écouter les autres, mais aussi se faire entendre. Dans mon équipe, nous nous sommes disputés dès le début car nous ne pouvions pas nous permettre de parler sans piercing. Dans ce type d’exercices, on travaille avec des personnes que l’on ne connaît pas, et qui ont parfois des goûts, des avis et des envies diamétralement opposés. Il est important de savoir mettre de côté ses croyances, son caractère, sa personnalité parfois pour éviter au maximum les conflits, qui nous servent en plus de nous faire perdre beaucoup de temps.

BM : Qu’est-ce qu’on ne vous dit pas à l’école et que vous avez appris lors du projet ? 

DO : J’ai presque envie de tout dire. Quand on est au collège, tout est basé sur la théorie, il semble que l’avenir sera rose et il suffit d’une idée et tout suivra. Je crois que nous ne sommes pas forcément placés dans des conditions réelles. Par exemple, le parcours étude et travail nous apporte beaucoup plus de concret, alors que l’école dans le parcours classique manque de réalité avec des exercices qui ne suivent pas forcément l’évolution du marché d’aujourd’hui.

BM : Qu’est-ce que vous retenez de 24h pour créer ? 

DO : Je crois que tout est possible. Nous utilisons beaucoup de ressources, plus que je ne le pensais, notamment grâce à Bpifrance qui nous donne une arme, que ce soit en termes de budget ou de business plan. Cet événement m’a également permis de mesurer l’importance d’un bon réseau et la nécessité de l’entretenir. Ce sont aussi des interlocuteurs qu’il ne faut pas hésiter à utiliser dès qu’une opportunité de conseil ou d’assistance se présente. Au final, j’ai rencontré des gens formidables et j’espère pouvoir travailler avec certains d’entre eux plus tard.