A Bordeaux, le centre d’accueil pour sans-abri Trégey entre dans un …

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Par rapport aux locaux qu’il occupait depuis 2009, dans un centre de formation auparavant désaffecté, vétuste, délabré, voire indigne, c’est le jour et la nuit. La différence se fait sentir jusque dans le comportement des résidents : « Ils sont plus détendus ici, plus reposés, il y a plus de confort, plus d’intimité, il y a moins de tension que  »là », même s’il peut y en avoir encore, dit une infirmière de Trégey.

Quasiment invisible

Le foyer Trégey de première génération avait été installé à la hâte dans un immeuble condamné qui n’était pas destiné à l’accueil d’urgence des sans-abri. Tout a été repensé pour concevoir la nouvelle cheminée. « Nous avons travaillé sur le dossier pendant cinq ans », confirme Philippe Rix, directeur général du Diaconat de Bordeaux, qui administre le Trégey. Ce qui frappe, c’est l’intégration totale de la maison dans une nouvelle maison dont elle n’occupe qu’une partie. Au point qu’il est quasiment invisible depuis la rue.

Puis le foyer est désormais scindé en deux : le service des urgences (CAU), qui compte 86 places, et Lits halte Soins Santé (LHSS), une plateforme de 16 places réservée aux personnes sans domicile ayant besoin d’un accueil médical. Trois lits sont également disponibles pour le Samu Social. Le CAU est financé par l’Etat (via la direction départementale des solidarités), l’autre par l’agence régionale de santé.

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Meilleures conditions d’accueil

Comme auparavant, les retraités sont référés à l’auberge au 115. En revanche, ils sont accueillis dans des conditions qui n’ont rien à voir : chambres doubles avec salles de bains (avant c’étaient des dortoirs de huit), un étage réservé aux femmes, laverie, cantine communale, salle d’activités gratuites, espace extérieur. – Quand je suis arrivé au Diaconat en 2002, le service des urgences c’était un homme, un lit, une nuit, point, raconte Philippe Rix. Aujourd’hui, nous disposons d’un outil qui allie santé et lutte contre l’exclusion sans équivalent à Bordeaux, et peut-être en France. Tous les partenaires se sont mobilisés : l’Etat, le bailleur Clairsienne, la région, le département, la métropole, la mairie, l’aménageur Euratlantique, pour faire quelque chose qui soit un modèle reproductible ailleurs. »

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Si le cadre n’a plus rien à voir, les règles sont inchangées : accueil pendant deux mois maximum, obligation pour les résidents de quitter le domicile tous les jours entre 9-17, interdiction de fumer à l’intérieur, repas en commun (deux services), etc.