Aveyron. 591 sauts et un mort en 2021 sur le viaduc de Millau, un circuit qui interdit les sauts en hauteur.

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Compte tenu de l’augmentation du nombre de sauts depuis le viaduc de Millau en Aveyron, la préfecture y interdit le base jump. Ce sont deux autres viaducs.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2017, il y a eu 203 sauts depuis le viaduc de Millau (Aveyron), 161 en 2018, 278 en 2019, 252 en 2020 et… 595 en 2021. Ce qui fait dire à la préfecture de l’Aveyron que l’activité du base jump est en croissance.

Cette activité, qui consiste à sauter en parachute du haut d’un pont ou d’une falaise, touche également deux autres grands ponts du département, les viaducs du Viaur et de Verrières.

Et ce sport extrême comporte des risques tout aussi extrêmes. L’an dernier, le 4 avril 2021, un homme est décédé à Millau. Son parachute ne s’est pas ouvert. En 2019, un autre base jumper a été grièvement blessé lors de sa collision avec un pylône du viaduc de Verrières. Il y avait déjà eu un grave accident en 2017…

Pas de fédération dans l’Aveyron

La situation est préoccupante depuis longtemps et la préfecture a décidé d’agir en interdisant purement et simplement la pratique des trois viaducs cités plus haut, jusqu’au 31 décembre 2022.

L’arrêté de la préfecture du 18 mai 2022 s’appuie notamment sur « l’absence de fédération départementale qui réglemente cette pratique, ainsi que le vol en wingsuit (NDLR : en combinaison ailée) ». Pour la préfecture, il faut « éviter la banalisation de ces pratiques potentiellement mortelles », tout en pointant « l’intensification du nombre de sauts » avec « des informations liées à cette pratique généralisée via Internet et les réseaux sociaux ».

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Des dangers pour les automobilistes aussi

Sans compter que la pratique présente des « dangers » pour les usagers de la route. En effet, les pratiquants empruntent la route, qui peut être une autoroute vers Verrières et Millau, à pied. Cela peut distraire les automobilistes, créer « des vides dangereux, des ralentissements voire des arrêts sur la route ». Quand on sait que le viaduc de Millau est emprunté par environ 5 millions de véhicules par an… Pourtant, cette pratique est « observée tous les jours, à toute heure ».

Pas d’aire d’atterrissage

Autre argument de la préfecture, il n’existe pas « d’aire de débarquement dédiée pour un exercice sans risque de cette pratique au pied des piles d’œuvres d’art ou à proximité immédiate, malgré le fait que certaines communes à l’échelle du territoire national autorisent la pratique pérenne du paralpinisme associant alpinisme et base jump ».

La société Eiffage, qui exploite le viaduc de Millau, porte régulièrement plainte, chaque fois qu’elle peut identifier les sauteurs.

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