Bordeaux : le CHU en guerre contre les violences envers les soignants

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Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

Par Isabelle Castéra – i.castera@sudouest.fr Publié le 29/09/2022 à 15h55

800 signalements de violences ou violences devraient être signalés au CHU de Bordeaux en 2021. Résultats en cours. Le Centre de santé publique mène une campagne « Zéro violence »

Les histoires de soignants sont glaçantes. Cruauté des mots, brutalité des menaces, brutalité des mots. La scène se déroule aux urgences, au CHU Pellegrin, ces jours-ci : « Un homme s’est mis à nous insulter sans pitié, sans raison, alors qu’on lui apportait le petit déjeuner : ‘Allez un peu…' », « grosse pute « ,  » éloigne le cul de ta mère « …

Les histoires de soignants sont glaçantes. Cruauté des mots, brutalité des menaces, brutalité des mots. La scène se déroule aux urgences, au CHU Pellegrin, ces jours-ci : « Un homme s’est mis à nous insulter sans pitié, sans raison, alors qu’on lui apportait le petit déjeuner : ‘Allez un peu…' », « grosse pute », « éloigne le cul de ta mère » des réseaux sociaux. » Intervention du gardien. Fin de l’histoire.

Ce n’est pas la fin, aussi, car les soignants qui ont rencontré cet homme étaient instables. « On le soigne moins quand on est agressé », précise le Dr. Olivier Richer, pédiatre à l’hôpital des enfants. « Quand tu fais des mouvements mécaniques, et que tu trembles beaucoup, le rythme cardiaque s’accélère et la main peut trembler. Ce n’est bon pour personne. » Lucie, infirmière pédiatrique, ajoute : « Lors d’une prise de sang, par exemple , avant d’insérer l’aiguille, le père dit inexplicablement à son enfant : « Si ça te fait mal, je me trompe ». « Les témoins de violences physiques ou verbales subies par les soignants se multiplient : 800 en 2021, une centaine de plus que l’an dernier. Le Covid et la fragmentation sociale ont accentué le phénomène.

« Je vais tout casser »

Menaces, nombreuses, constantes. Chaque service d’urgence dispose d’un système d’alarme anti-intrusion, bouton poussoir, caché sous le bureau. Il permet à tous les amis disponibles de courir à l’accueil pour soutenir l’aidant menacé. « Ils sont opérés tout le temps », explique Cécile Ramage, directrice médicale des urgences adultes de Pellegrin. Il permet également aux responsables de la sécurité d’intervenir rapidement. À la maison, nous avons tous été marqués lorsqu’une infirmière a été renversée et battue alors qu’elle s’occupait d’un patient conduit par la police. Face aux insultes et aux menaces, si vous avez un peu d’expérience, vous pouvez prendre du recul, mais avec la violence physique, non. »

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Menaces à répétition (« Je vais tout casser, je reviendrai à plusieurs », « Je te reconnaîtrai, je serai heureuse »), explique Lucie, pédiatre de quatorze ans. méthode : « C’est un souci, les menaces physiques sont toujours liées au fait que les parents ou les grands-parents ne peuvent pas se faire confiance, il faut leur laisser le temps de s’expliquer. Je me souviens d’un père inquiet qui criait à deux centimètres de mon visage pour me faire peur « Je vais tout détruire ici ! » La vérité, c’est qu’on a toujours peur de le faire. Ces gens qui balayent la pièce avec leurs portables, pour tout balancer sur le web… Il y a plus que jamais de la patience avec  » La frustration, c’est la société Google : tout, tout de suite. C’est très, très mauvais pour nous. »

Le CHU a décidé de mener une campagne contre ces violences récurrentes. En interne, des formations sont organisées pour les collaborateurs sur la gestion du civisme. Les salles d’attente sont désormais équipées pour anticiper ces violences, avec des panneaux explicatifs : « Parce que si je viens en premier, quelqu’un d’autre sera pris en charge », « pourquoi on ne s’est pas occupé de mon enfant tout de suite »… accompagnement par le service de psychologie et droit du travail du CHU. Aurore Gonzalez, psychologue au service de santé au travail du CHU, est alors la copilote de ce projet « violences institutionnelles ».

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Restrictions Covid

« Évidemment, ce phénomène s’est développé pendant la crise du Covid, confirme-t-il. Comme cela dépend de la situation sociale des usagers. l’accès médical à la porte, les problèmes d’utilisation des ascenseurs… Nous sommes le cœur de la communauté, ses problèmes et, plus le problème social, plus l’hôpital éclate. Nous savons que les problèmes d’accès, de stationnement, le fait qu’ils paient sont des questions de colère, de ressentiment et de compréhension sans. »

Selon les Observateurs des violences en milieu médical, en France, 49% des agressions contre les soignants sont liées à des violences physiques, 31% des injures et injures. 47 % des « victimes » sont des infirmiers, suivis de 45 % des aides-soignants et de 8 % des médecins. Dr. Richer rappelle que « la violence n’accélère jamais les soins, et que le soignant est un fonctionnaire. Être battu est une circonstance aggravante aux yeux de la justice. »