Bordeaux : « Mon patient n’a pas été pris en charge à temps et…

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Par Christophe Loubes – c.loubes@sudouest.fr Publié le 03/02/2022 à 16h30 Mis à jour le 04/02/2022 à 18h13

Le médecin généraliste de Bordeaux-Bastide, Hermann Neuffer nie les problèmes de saturation aux urgences dont souffrait un de ses patients. Ne pas incriminer les professionnels de santé, mais demander une réorganisation du système vers les médecins libéraux

« Je ne blâme pas mes collègues des urgences ; ils sont complètement dépassés. Mais je vois que la situation devient préoccupante. Le médecin généraliste de Bordeaux-Bastide, Hermann Neuffer s’exprime également en tant que président de la section girondine du syndicat FMF (Fédération des médecins français), pour réveiller les pistes, a selon lui provoqué l’un de ses patients. ..

« Je ne blâme pas mes collègues des urgences ; ils sont complètement dépassés. Mais je vois que la situation devient préoccupante. Le médecin généraliste de Bordeaux-Bastide, Hermann Neuffer en tant que président de la section girondine du syndicat FMF (Fédération française des médecins), prend la parole pour réveiller les pentes qui, selon lui, ont conduit à la nécessité d’amputer un de ses patients. de l’avant-pied.

Ce patient, Keltoum Boumedine, souffre de diabète. Et c’est dans « un cas d’extrême urgence » qu’elle s’est présentée à son cabinet le vendredi 21 janvier. « Elle s’est blessée à la jambe trois jours auparavant. Or, le diabète signifie que la chair est très mal hydratée et que la cicatrisation est compliquée, explique Hermann Neuffer. J’ai été admise aux urgences du groupe hospitalier Pellegrin, à Bordeaux dans la matinée du samedi 22, mais elle est rentrée chez elle sans recevoir de soins. « Ils m’ont seulement fait une radiographie et, le soir, ils m’ont dit de rentrer chez moi », raconte Keltoum Boumedine.

Un manque de soins que le CHU rejette « clairement ». « Le personnel médical sur place a réservé un accueil chaleureux au patient en concertation avec le personnel médical. Après avoir reçu un avis médical, elle a été autorisée à rentrer chez elle avec un médicament sur ordonnance et des instructions pour consulter à nouveau son médecin dès que possible. Les patients sont reçus aux urgences, malgré le séjour, dans le respect des règles de sécurité maximale. »

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Problème de transport

Toujours est-il que lorsqu’il revoit son patient le lundi 24, le médecin constate que son état ne s’est pas beaucoup amélioré. Cette fois, il appelle l’hôpital Haut-Lévêque de Pessac, qui a ouvert une consultation du pied pour les diabétiques. Et puis, c’est la question des transports qui pose problème : « Cette femme habite au cinquième étage d’un immeuble sans ascenseur. J’ai passé 12 appels téléphoniques sans pouvoir obtenir d’ambulance. A la fin, c’est son mari qui allait l’emmener. »

Là encore, Hermann Neuffer ne s’en prend pas aux professionnels. « Ils étaient désolés de ne pas pouvoir le prendre, mais ils n’ont pas assez de personnel. Et avec le Covid, ils sont obligés de désinfecter leurs véhicules après chaque intervention. C’est le temps perdu pour le transport des malades. »

Et pendant ce temps, l’infection a progressé. « Dès la consultation, mon patient est allé à l’hôpital avant d’être amputé le vendredi 28, pour éviter la gangrène. Aux dernières nouvelles, elle était toujours à l’hôpital en diabétologie. »

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« Un cas particulier »

Cette situation survient surtout lorsque, de l’avis des urgentistes, la situation est devenue intenable au CHU. « Mais le Covid ne fait qu’accentuer les problèmes du système de santé, selon Hermann Neuffer. La salle d’urgence est bondée de toux, de diarrhée ou de blessures mineures qui devraient être traitées ailleurs. »

Et de plaider pour une revalorisation des actions d’urgence, qui permettrait aux médecins libéraux de réserver des créneaux à ce type d’intervention : « 50 euros par action, en adressant une facture directement à la Sécurité sociale. Et en rendant cette mesure applicable les week-ends et les mercredis soirs, où l’on manque habituellement de médecins libéraux. »