Bordeaux : « Mon patient n’a pas été soigné à temps et a dû être amputé »

Photo of author

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

Par Christophe Loubes – c.loubes@sudouest.fr Publié le 02/03/2022 à 16h30.

Le médecin généraliste de Bordeaux-Bastide, Hermann Neuffer, dénonce les problèmes de saturation aux urgences, dont souffrait un de ses patients. Sans incriminer les professionnels de santé, mais en demandant une réorganisation du système vers les médecins libéraux

« Je ne blâme pas mes collègues des urgences ; ils sont complètement dépassés. Mais je trouve que la situation devient inquiétante. Le médecin généraliste de Bordeaux-Bastide, Hermann Neuffer prend également la parole en tant que président de la section girondine du syndicat FMF (Fédération des médecins de France) pour révéler les errances qu’il estime avoir dû être l’un de ses patients. ..

« Je ne blâme pas mes collègues des urgences ; ils sont complètement dépassés. Mais je trouve que la situation devient inquiétante. Médecin généraliste à Bordeaux-Bastide, Hermann Neuffer prend également la parole en tant que président de la section girondine du syndicat FMF (Fédération des médecins de France), pour appeler aux randonnées, qui selon lui, un de ses patients doit être amputé. de l’avant.

Ce patient, Keltoum Boumedine, souffre de diabète. Et c’est dans une situation « d’absolue urgence » qu’elle s’est présentée dans son cabinet, vendredi 21 janvier. « Elle s’était blessée au pied trois jours auparavant. Le diabète, cependant, signifie que les chairs sont très mal irriguées et que la cicatrisation est compliquée, a expliqué Hermann Neuffer. Je l’ai emmenée aux urgences du groupe hospitalier Pellegrin samedi matin à 22 heures. à Bordeaux, mais elle est rentrée chez elle sans se faire soigner. »Ils m’ont juste fait une radiographie et le soir ils m’ont dit de rentrer chez moi », raconte Keltoum Boumedine.

Un manque de soins que le CHU réfute « clairement ». « La patiente a été bien accueillie en concertation avec l’équipe médicale sur place. Après avis médical, elle a été autorisée à rentrer chez elle avec une prescription médicamenteuse et la consigne de consulter à nouveau son médecin dans les plus brefs délais. L’accueil des patients et la l’urgence se fait, malgré le temps d’attente, selon les règles de sécurité maximales. »

À Lire  Ce qui fonctionne sur les oreilles et ce qui ne fonctionne pas

Problème de transport

Toujours est-il que lorsqu’il revoit sa patiente le lundi 24, le médecin constate que son état est loin d’être amélioré. Cette fois, il appelle l’hôpital Haut-Lévêque de Pessac, qui a ouvert une consultation du pied pour les diabétiques. Et il y a la question du transport, qui pose problème : « Cette dame habite au cinquième étage d’un immeuble sans ascenseur. J’ai passé 12 coups de fil sans trouver d’ambulance. Au final, c’est son mari qui a dû prendre dehors. « 

Même Hermann Neuffer ne blâme pas les professionnels. « Ils étaient désolés de ne pas pouvoir l’emmener, mais ils sont en sous-effectif. Et avec le Covid, ils sont obligés de désinfecter leurs véhicules après chaque intervention. C’est autant de temps perdu pour le transport des malades. »

Et pendant ce temps, l’infection a continué. « Dès la consultation, ma patiente est allée à l’hôpital avant d’être amputée le vendredi 28 pour éviter la gangrène. Aux dernières nouvelles, elle était toujours hospitalisée en diabétologie. »

Le Conseil Scientifique Covid-19 a été remplacé par un comité de veille sanitaire
Voir l’article :
Derrière le conseil scientifique, il y a aussi un « comité de surveillance…

« Un cas particulier »

Cette affaire survient surtout alors que, de l’avis des médecins de l’arrêt, la situation au CHU est devenue intenable. « Mais le Covid ne fait que mettre en lumière les problèmes inhérents au système de santé, estime Hermann Neuffer. Les urgences sont surchargées de problèmes de toux, de diarrhées ou de petites plaies qui sont soignées ailleurs. »

Et de plaider pour une revalorisation des actes d’urgence, qui permettent aux médecins libéraux de réserver des places pour ce type d’intervention : « 50 euros par acte, en étant facturé directement à la Sécurité sociale. Et en rendant cette mesure applicable les week-ends et les mercredis après-midi, lorsque les médecins libéraux ont tendance à s’absenter. »