Bronchiolite du bébé : le lancement de « SOSkiné » pour…

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L’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine, les représentants des kinésithérapeutes et AquiRespi, le réseau régional de santé respiratoire, annoncent ce jeudi 22 décembre à Bordeaux le lancement du site « SOSkiné », un nouveau service de prévention de la bronchiolite du bébé. Si le pic de l’épidémie a été atteint il y a deux semaines en Nouvelle-Aquitaine, le nombre de cas reste très élevé : 24 % des passages aux urgences pour les enfants de moins de deux ans sont liés à une bronchiolite.

« SOSkiné est un site qui donne accès à des kinésithérapeutes qui traitent la bronchiolite en semaine et à proximité du domicile des parents », explique Marik Fetouh, kinésithérapeute et directeur d’AquiRespi, le réseau de santé respiratoire de Nouvelle-Aquitaine. Plus de 500 physiothérapeutes de la région se sont déjà inscrits sur la nouvelle plateforme.

Pneumo-pédiatre et pneumologue au CHU de Bordeaux, Vincent Boisserie-Lacroix parle de « réponse de santé publique ». « Le kinésithérapeute va évidemment examiner l’enfant, s’enquérir d’éventuels antécédents, vérifier si l’enfant est en difficulté respiratoire, ce qui nécessitera d’aller soit à l’hôpital, soit chez le médecin. Et il expliquera aux parents les soins prodigués, s’assurera que le bébé n’est pas dérangé au niveau respiratoire, et si c’est le cas, il fera une séance de kiné complète en expliquant aux parents comment se moucher leur enfant.il informe également les parents sur les aliments qu’il faut diviser pour ne pas laisser le bébé s’essouffler et vomir ».

L’ARS défend la kiné respiratoire

Bien que la Haute Autorité de santé (HAS) ne recommande pas la kinésithérapie respiratoire en cas de bronchiolite, l’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine tient à défendre la pratique. « La prise en charge respiratoire a évolué. La kinésithérapie respiratoire permet de désencombrer l’encombrement des enfants, explique Véronique Billaud, directrice générale adjointe de l’ARS. La technique est totalement sûre et totalement efficace en termes d’organisation des soins. Elle permet un premier traitement très précoce au fois où il faut plusieurs jours pour avoir une consultation médicale. Là, les parents peuvent avoir un rendez-vous kiné dans la journée ou le lendemain en appelant SOS kiné ou en surveillant sur le site internet. Nous remercions les kinésithérapeutes pour la mise en place de cette prise en charge système ».

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La kinésithérapie respiratoire désengorge également les services d’urgence « saturés dans de nombreux services », les centres du SAMU (relevés d’appels à Bordeaux ces derniers week-ends) et les cabinets SOS Médecins. « La situation épidémique oblige chacun à prendre sa part de responsabilité », poursuit Véronique Billaud. « La prise en charge des kinésithérapeutes améliore l’état de santé des bébés, évitant parfois les bronchiolites et réduisant les services d’urgence. »

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Une triple épidémie pour les fêtes de fin d’années

Si l’ARS salue l’implication des kinésithérapeutes dans la lutte contre la bronchiolite du bébé, c’est aussi en raison du manque de personnes pour les prendre en charge. « Les médecins et les professionnels de la santé prennent également leurs vacances en cette période de vacances. C’est tout à fait légitime. Ils en ont besoin car ils ont eu des périodes très, très chargées ces derniers mois. Et donc nous avons plus de patients et moins de soignants », indique le directeur général adjoint de l’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine.

En cette fin d’année, la France fait face à une triple épidémie. Pour Véronique Billaud, c’est « une situation inédite. On a à la fois le Covid qui reste à un niveau élevé, même si heureusement il y a des formes beaucoup moins graves. On a la bronchiolite, qui a été très précoce et très forte et les niveaux épidémiques les plus élevés dépassent celles des années précédentes. Et puis une épidémie de grippe beaucoup plus précoce qui est arrivée deux mois plus tôt. Les années précédentes, nous avions les gestes barrières qui nous protégeaient et cette année nous « appliquons moins. On voit que la courbe d’influence épidémique est verticale. Nous ne sommes pas au top et cette épidémie met beaucoup de pression sur le système de santé. D’où la nécessité de se protéger et d’appliquer toutes les mesures préventives ».