Chine : les influenceurs contraints de dévoiler leur agence sur les réseaux sociaux

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Written By Sophie Ledont

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

Les influenceurs chinois devaient déjà être certifiés pour parler de certains sujets. Photos : Jean Beller / Unsplash

En Chine, Weibo et Douyin, les homologues de Twitter et TikTok, exigeront des influenceurs qu’ils divulguent le nom de leur agence sur une page de profil. Selon Pékin, certaines agences utilisent leur pouvoir pour influencer l’opinion publique.

Les agences initient le chaos en ligne, selon les autorités de la Chine

Les deux plates-formes ont commencé à tester cette nouvelle fonctionnalité la semaine dernière. C’est pourquoi les influenceurs doivent indiquer l’agence avec laquelle ils coopèrent sur leur profil. Comme l’explique le South China Morning Post, environ 40% des influenceurs avec plus de 10 millions d’abonnés sur les principales plateformes chinoises sont gérés par des agences connues sous le nom de Multichannel Networks (MCN). Ils les aident à gérer leurs comptes en distribuant du contenu et en analysant les données de trafic Web.

Ce sont ces agences qui sont l’objectif du gouvernement. « Certains réseaux multicanaux manipulent les influenceurs et fabriquent de fausses informations contenant des orientations de valeurs erronées », a déclaré Zhang Yongjun, un responsable du régulateur chinois, l’Administration chinoise du cyberespace (CAC), lors d’une conférence de presse en mars. Selon Zhang, ces agences initient souvent le « chaos » en publiant de grandes quantités de contenu qui « déforme la réalité et induit le public en erreur ».

En plus d’exiger que les influenceurs divulguent l’agence avec laquelle ils travaillent, Pékin exige que les agences examinent leurs contrats avec les influenceurs et fournissent aux plateformes des informations à jour sur leur statut de partenariat. Ces mesures visent à « maintenir l’ordre dans la communauté » et à « réguler la diffusion de l’information », ont déclaré Douyin et Weibo.

Le gouvernement veut étendre son contrôle de la parole sur Internet. Photos : Markus Winkler / Unsplash

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La mainmise de Pékin sur la parole en ligne se renforce de jour en jour

Ces nouvelles réglementations s’inscrivent dans un contexte très particulier de l’Empire du Milieu, et les autorités redoublent d’efforts pour accroître le contrôle sur Internet. Dès 2020, le pays a bloqué toutes les nouvelles mentionnant la pandémie pour cacher les faits, et depuis de nombreuses lois ont été élaborées pour réglementer tout ce qui est partagé en ligne.

Pékin a notamment pensé à un moyen de contrôler tous les commentaires avant de les publier sur Internet, alors que plusieurs réseaux sociaux, dont Weibo et Douyin, publient désormais l’adresse IP et la localisation de leurs utilisateurs afin de « lutter contre les mauvais comportements ». Une autre mesure ciblant les influenceurs a récemment fait l’objet de discussions : elle oblige les créateurs de contenus chinois à être certifiés afin qu’ils puissent s’exprimer librement sur certains sujets, comme la médecine, la finance ou le droit. L’explication officielle de cette décision est la lutte contre la désinformation

Le but caché semble pourtant clair : empêcher les Chinois de s’exprimer comme le fait leur gouvernement et contrôler toute parole sur Internet. En effet, les comptes de plusieurs influenceurs sur Internet, dont l’éminent économiste Hong Hao et le célèbre homme d’affaires Wang Sicong, ont été révoqués cette année après la publication de contenus jugés offensants par Pékin.

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