Comment la fièvre estivale a été soignée aux urgences de Quimper

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Sous tension, les urgences du Centre hospitalier de Cornouaille Quimper-Concarneau ont passé le coup de chaud estival au prix d’une forte mobilisation des personnels. Pour répondre aux inquiétudes qui persistent, des mesures de régulation seront prises en lien avec les médecins de ville.

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1 « Le service a tenu au prix de beaucoup de travail »

Un coup de chaleur estival était attendu dans les services d’urgence, où l’été promettait d’être à haut risque. La culpabilité de maux de longue date s’est répandue dans toute la France. « Manque de lits et de personnel », « soignants épuisés », « pression constante »…

Quel est le bilan des urgences après l’été ? « Le service a bien résisté au prix de la mobilisation de toute l’équipe et de beaucoup de travail », estime le Dr. Emilie Gélin, responsable de l’urgence Chic. Les tensions n’ont pas disparu et les inquiétudes persistent, « mais le défi a été relevé », plaide le Dr. Olivier Le Strat, responsable du pôle médico-technique et des admissions non programmées. Pour preuve, « le service est resté ouvert », contrairement à ceux du pays de Rennes et de Bordeaux, qui ont été contraints de fermer la nuit.

Avec l’été, et les périodes de vacances, la direction a dû rappeler les salariés à la maison, le tout dans un contexte de reprise épidémique liée à la 7ème vague de covid. Au centre, il manque 8 à 10 urgentistes équivalent temps plein. Infirmières et soignants sont également absents. « Les difficultés de recrutement ne datent pas d’hier, mais la communauté a joué le jeu », explique Yannick Bodenes, senior manager du hub.

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2 Des pics d’admissions en juillet et en août

Le nombre d’admissions aux urgences a augmenté avec environ 134 visites par jour (110 en moyenne) à Quimper et 28 à Concarneau (15 en moyenne). Cela a entraîné, chaque jour, une trentaine de visites d’autres services hospitaliers. Parmi les raisons invoquées, les médecins pointent la fermeture début juillet du service de soins non programmés de la clinique mutuelle de Bretagne ouest (pas encore ouvert), un report d’usagers qu’il a fallu assumer en période de forte pression estivale. Les mesures préventives ont sans doute donné un peu d’air. Le filtrage par « 15 » a eu des effets, mais « ils sont encore difficiles à évaluer », admet le Dr. Le Strat. La convention signée avec SOS Médicos (15 € par patient à la charge de l’hôpital), pour désengorger le service, a permis de soigner 60 patients en juillet. On parle ici de personnes réorientées après une première évaluation médicale.

3 Bientôt le renfort des médecins de ville

Pour mieux réguler les flux, la réorientation vers les médecins SOS sera prochainement complétée par le recours éventuel aux médecins municipaux. La Communauté Professionnelle de Santé Territoriale (CPTS) travaille au développement d’une plateforme de prise de rendez-vous, dans le cadre des urgences. « Mais les urgences, ce n’est pas le Doctolib, ni la porte d’entrée de l’hôpital », rappelle le Dr. Le Strat. Notre mission est de traiter les urgences vitales. » Parmi les projets annoncés, un projet de doublement de la surface d’urgence d’ici cinq ans est à l’étude, avec une quinzaine de postes vacants supplémentaires en jeu. « Le schéma directeur immobilier devrait être validé en janvier 2023 par l’ARS », informe Yannick Sénéchal, directeur adjoint du centre.

4 Une maison médicale de garde à Concarneau en octobre

Un pôle médico-social ouvrira en octobre sur le site du centre hospitalier de Concarneau, aboutissement d’une « convention entre l’ARS et les médecins de la ville », précise Yannick Sénéchal. La structure sera ouverte les samedis et dimanches, de 12h00 à 20h00, et les jours fériés, de 8h00 à 20h00. « Une prise de rendez-vous sera proposée pour mieux gérer les flux. »