Couronnes dentaires, lunettes… stop aux arnaques santé !

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Written By Sophie Ledont

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

Que penser des centres ophtalmologiques ?

Les centres d’ophtalmologie conventionnés avec le secteur 1 offrent plusieurs avantages : des délais réduits pour obtenir une consultation (la prise de rendez-vous est possible sous 24h, contre 60 jours en moyenne), des tarifs sans franchise, donc le patient ne paie rien. Le risque : surfacturation des actes médicaux. L’an dernier, la Sécurité sociale a porté plainte contre 16 centres soupçonnés d’escroquerie, fausses déclarations, faux et usage de faux… Et la facturation des actes pour un patient a considérablement augmenté : 82 € en moyenne dans ces centres, contre à 58 € dans les cabinets libéraux. Certains examens sont parfois pratiqués sans explication ou par des ambulanciers paramédicaux (c’est-à-dire non ophtalmologistes) et les résultats sont ensuite transmis aux médecins exerçant à l’étranger. Qu’en est-il du suivi en cas de souci grave ou de litige ? L’ambiguïté règne… Méfiance.

Il est préférable de demander un deuxième voire un troisième avis si vous doutez de la pertinence d’un traitement. Pour identifier les irrégularités de facturation, consultez les déclarations sociales sur notre site ameli.fr et vérifiez bien la date de traitement : les investigations menées lors d’une même consultation ne peuvent pas s’étaler sur plusieurs jours. Alors si des soins ont été prononcés plusieurs fois ou étendus à des enfants, à d’autres membres de la famille, ce n’est pas normal : il faut le signaler à la CPAM.

Comment activer et utiliser la garantie décennale ?
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La garantie décennale couvre les propriétaires successifs du bien pendant dix ans…

Lunettes gratuites : arnaque ou pas ? 

Depuis le 1er janvier 2020, tous les Français peuvent accéder à des soins dentaires, optiques et auditifs de qualité, entièrement pris en charge grâce au système de santé à 100% (ou « reste à charge zéro »). Mais côté soins optiques, il y a des inconvénients. Le risque? Il n’est pas si simple de trouver des offres estampillées « 100% santé » et des montures pas chères, souvent reléguées au fond des boutiques. Certains opticiens manquent parfois de transparence et les incitent à se tourner vers d’autres modèles plus chers plutôt que vers des lunettes bon marché. Selon une étude de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), 60 % des opticiens ne jouent pas le jeu.

Comparez les prix, demandez un devis et faites concurrence si le prix proposé n’est pas aussi avantageux que promis. Certaines marques n’hésitent pas à baisser les prix (droitderegard.com avec ses montures à 30€, polette.com à 15€ ou glassespourtous.com à partir de 10€…) en achetant en Chine ou en proposant moins de services (seulement quelques ajustements Magasin). Et tous les verres sont préparés en usine. Mais ils sont entièrement remboursables.

Les pharmacies en ligne sont-elles fiables ?

Les pharmacies en ligne offrent de vrais avantages : prix bas (car moins d’intermédiaires), comparaisons, livraison partout et parfois gratuite à partir d’un certain montant de commande… Le risque ? L’augmentation du nombre de pharmacies illégales vendant des produits contrefaits. Et le manque de conseils peut conduire à une mauvaise utilisation des produits (même ceux qui nous semblent anodins).

Avant d’acheter, rendez-vous sur le site de l’Ordre National des Pharmaciens (ordre.pharmacien.fr) pour vérifier que la pharmacie en ligne figure sur la liste officielle des pharmacies agréées. De plus, les informations concernant la pharmacie physique (dont dépend le site de la pharmacie en ligne) doivent pouvoir être trouvées dans les mentions légales, en bas du site.

Mutuelle low cost arnaque ou affaire ? 

Alors que les primes de la complémentaire santé augmentent, les publicités et offres attractives des mutuelles se multiplient avec des taux de remboursement élevés proposés par téléphone ou en ligne, avec des délais d’attente soi-disant réduits. Le risque? Se retrouver involontairement affilié à une fausse complémentaire santé ou à un contrat d’accompagnement (hospitalisation, garantie accidents de la vie, dépendance, etc.). Des assistants sociaux peu scrupuleux proposent des offres alléchantes par téléphone et embrouillent leurs interlocuteurs, parfois au point qu’ils signent un contrat électroniquement et dans l’urgence. Autre piège : souscrire à un contrat bourré de garanties inutiles qui ne correspondent pas à notre profil. Si vous ne portez ni lunettes ni appareil dentaire, à quoi bon payer le maximum pour vous équiper ?

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Avant de souscrire une complémentaire santé, vous définissez votre profil et les besoins de votre famille pour éviter des garanties inutiles. A noter : Depuis le 1er avril 2022, les compagnies d’assurances et les courtiers n’ont plus le droit d’établir un contrat en un seul appel. Un deuxième contact est obligatoire, au moins 24 heures après le premier. Nous sentons-nous sous pression ? Nous avons mis fin à la conversation sans hésitation.

Faut-il être prêt à tout pour avoir un sourire « Hollywood » ?

Le blanchiment des dents est à la mode. Chez le dentiste c’est cher : entre 600€ et 1200€, avec un minimum de 2 séances. Mais sur les réseaux sociaux il existe des kits clé en main ou des « stylos de blanchiment » pour le faire soi-même à la maison. Sans oublier les « smile bars » qui fleurissent un peu partout, avec des prix super attractifs. Le risque? Usure, douleurs, brûlures et autres festivités font partie des risques qui surviennent si les produits utilisés sont mal dosés, inadaptés, ou leur utilisation mal encadrée. Ils doivent également respecter une concentration en peroxyde d’hydrogène (l’actif blanchissant) inférieure ou égale à 0,1 %, ce qui n’est pas toujours le cas. Quant aux produits vendus à prix cassés et plébiscités par les influenceurs, ils sont souvent carrément inefficaces, voire dangereux. Même problème avec les gouttières dentaires, des appareils orthodontiques qui sont vendus à bas prix sur Internet sans aucun contrôle médical.

Tout d’abord, passez par la boîte du dentiste. Lui seul pourra dire si le traitement est contre-indiqué ou non, polir l’émail avant et après l’opération, vérifier s’il existe une carie (même minime) qui pourrait créer une infection. Il faut surtout éviter les solutions maison (à base de citron, etc.) et les offres clinquantes des réseaux sociaux. Parfois un simple détartrage suffit à redonner un bel éclat aux dents.

Les centre dentaire low cost sont-ils sans danger ?

Tarifs attractifs, délais de livraison plus courts, accès avec ou sans rendez-vous… Pour éviter les surcoûts, il est tentant de se rendre dans un centre dentaire pas cher. Le risque? Certains centres n’ont qu’un seul objectif : la rentabilité, parfois au détriment de patients qui se retrouvent avec des infections, des soins inutiles… Plusieurs scandales récents (Dentexia en 2017 ou la chaîne Proxidentaire) ont mis en lumière la lumière du fonctionnement en pratique commerciale.

Être informé. Il existe des centres dentaires tout à fait légitimes qui permettent de faire des économies, y compris sur les soins de base (détartrage, traitement des caries). Mais pour savoir à qui nous avons affaire, il faut être vigilant et ne pas succomber aux sirènes de la campagne. Si, après une séance, un dentiste propose de dévitaliser les dents ou de s’attaquer à un gros chantier : méfiance. Il vaut mieux demander d’autres avis, poser plein de questions et ne pas se laisser intimider par le jargon médical.

Le tourisme médical, eldorado ou chimère ?

La Tunisie, l’Albanie, la Thaïlande, l’Espagne, la Hongrie… font partie des pays où l’on peut se faire soigner bien moins cher qu’en France : implants dentaires ou capillaires à moitié prix, économies de 20 à 40% sur la chirurgie esthétique en Tunisie… avec , en prime, des formules avantageuses comprenant l’hébergement, la demi-pension et les actes chirurgicaux. Le problème? En cas de complications et concernant le suivi postopératoire, cela devient difficile. Il faudra parfois reprendre un traitement en France, voire y retourner, ce qui sera moins économique… Avant de sauter le pas, mieux vaut se fier au bouche à oreille et chercher des avis sur l’accueil de la clinique, etc. Il est préférable de s’appuyer sur des établissements agréés par les compagnies d’assurances (ex. recours judiciaire plus facile si vous êtes déçu des résultats). Vous pouvez également vous faire accompagner ou conseiller par un professionnel en France avant votre voyage.