Crise à l’hôpital : « pas de drames » cet été aux urgences, mais l’inquiétude persiste

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Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

Avant l’évaluation ministérielle prévue fin septembre, les acteurs du secteur, chefs de service et médecins urgentistes, dressent un premier bilan de deux mois de difficultés sans précédent, qu’ils ont réussi, chacun à leur manière, à surmonter.

L’été n’est pas encore fini et l’heure du diagnostic s’impose déjà dans le monde de la santé : les services d’urgence, qui sont aux premières loges de la crise hospitalière, contraints pour certains de fermer faute d’effectifs suffisants, ont résisté aux choc d’une période estivale à haute tension ? Le ministère de la Santé, qui a promis un rapport détaillé fin septembre, avance déjà. « La catastrophe annoncée n’a pas eu lieu, grâce au lourd investissement des professionnels de terrain », a déclaré François Braun dans le Quotidien du Médecin du 29 août.

Avant l’été, les craintes et les mises en garde n’avaient jamais été aussi fortes sur le risque de drame. « L’encombrement des urgences est un facteur associé à une surmortalité indue », alerte dans nos colonnes Frédéric Adnet, chef des urgences à l’hôpital Avicenne de Bobigny, le 1er juin. Cent vingt services d’urgence ont dû fonctionner de manière dégradée, arrivant à la fermeture depuis fin mai, selon le syndicat SAMU-Urgences de France.

« Il ne s’agit pas de crier victoire, nous restons très vigilants, l’été n’est pas fini, nous discutons au ministère de la Santé. Mais l’effondrement attendu, heureusement, ne s’est pas produit et les mesures que nous avons mises en place cet été seront pouvoir servir de point d’appui pour la phase suivante La « boîte à outils » de 41 mesures mises en place en urgence en juillet doit être évaluée fin septembre, avant son éventuelle pérennité.

Deux rapports ont été commandés à l’Inspection générale des affaires sociales, l’un sur l’ensemble des mesures, l’autre spécifiquement sur celle qui a cristallisé l’attention : filtrage à l’entrée des urgences, imposition d’un appel au 15 avant d’y avoir accès – ou non – au service. Cette régulation, déployée dans environ 20 % des 660 services d’urgence, majoritairement de nuit, a été dénoncée par le corps médical comme un « tri » à l’entrée et à l’interrogatoire par le service public.

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Le SAMU encore sous tension

Que disent les médecins aujourd’hui ? Les positions syndicales exprimées avant l’été ont peu évolué. « Je ne comprends pas qu’un ministre puisse décoller avec une extrapolation de la vérité », s’adresse Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France, estimant toujours que ce règlement n’est pas « concluant ». « S’il n’y a pas de décès aux urgences, c’est parce qu’il y avait des professionnels et les plaintes déposées, s’il y en a, mettront du temps à enquêter. « Il fait état d’une dizaine d’avis reçus par la poste pour manque d’assistance. Pour le médecin urgentiste, la « catastrophe » continue « en silence », citant l’exemple de la fermeture cet été du SMUR de Lariboisière, à Paris, « pour la première fois de son existence ».

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