Déclaration de M. François Braun, ministre de la Santé et de la Prévention, à l’issue de la journée de lancement du Conseil national de refondation (CNR) en santé, à l’Assemblée nationale le 3 octobre 2022.

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Texte intégral

Madame la Ministre, chère Agnès, Monsieur le Préfet, le Maire, le Ministre, Mesdames et Messieurs les Députés, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs dans vos rangs et qualités, je souhaite que nous nous souvenions ensemble d’un moment important de notre histoire. Le 27 mai 1943, la première réunion du Conseil national de la Résistance a lieu à Paris, rue du Four. Jean Moulin, qui un mois plus tard sera arrêté et torturé par la Gestapo, rappelle alors les buts de la France libre : « Se battre ; donner la parole au peuple français ; restaurer les libertés républicaines, dans un État dont la justice sociale ne sera pas exclue, et qui aura le sens de la grandeur. » Alors que les résistants poursuivent leur combat contre la barbarie, les bases de la solidarité d’après-guerre sont posées. A ce moment de notre histoire, il y a une volonté d’affirmer, pour chacun, le droit de vivre dans la dignité. Oui, en 1945, notre pays a fait une promesse à ses habitants : la santé sera accessible à tous, sans distinction, pour tous les citoyens de la République. Mesdames et Messieurs, je pèse mes mots : près de 80 ans plus tard et alors que la Sécurité sociale, dont nous fêterons demain l’anniversaire – 4 octobre -, s’est érigée en pilier de notre pacte républicain, cette promesse est menacée. Il faut le dire clairement : l’accès universel à notre système de santé est fragilisé. L’unique objectif que je poursuivrai en tant que ministre de la Santé et de la Prévention est de favoriser l’accès universel à notre système de santé, de rebâtir ses fondations et d’assurer sa transition vers un système pérenne que nous léguerons aux générations futures. Les engagements de nos glorieux prédécesseurs, force est de constater aujourd’hui que nous nous en sommes éloignés. Et la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui n’est pas acceptable à bien des égards. – Je ne peux accepter que l’espérance de vie soit encore déterminée par la situation économique de chacun. A noter : chez les hommes, l’écart d’espérance de vie entre cadres et ouvriers est de plus de 7 ans. Sous ce chiffre se cache tous les réseaux sociaux et des inégalités territoriales contre lesquelles nous devons lutter, sans relâche. – Je ne peux pas accepter que 6 millions de Français, et parmi eux 600 000 personnes atteintes d’une maladie de longue durée, voire nombre de nos compatriotes en situation précaire ou vivant avec un handicap, ne soient pas suivis par un médecin. – Je ne peux pas accepter que 40% des cancers et 80% des problèmes cardiovasculaires surviennent alors qu’ils pourraient être évités. – Je ne peux accepter qu’ici, dans le département de la Sarthe, le nombre de médecins généralistes libéraux soit de 59 pour 100 000 habitants, alors que la moyenne nationale est de 85 pour 100 000. Que le nombre de chirurgiens-dentistes dans ce même département soit de 39 pour 100 000 contre 66 pour toute la France. Je parle de la Sarthe, mais je pourrais parler de beaucoup de nos autres territoires. Je ne peux accepter que dans le département du Gers le nombre de cardiologues libéraux soit de 2,1 pour 100 000 contre 10,9 pour l’ensemble de la France. Je ne peux pas non plus accepter que dans nos territoires d’outre-mer, jusqu’à 23 % de nos compatriotes soient touchés par l’obésité, contre 17 % en France métropolitaine ; ou que ces territoires ont un taux de mortalité maternelle prénatale quatre fois supérieur à celui de la France. – Je ne peux pas accepter qu’en 2021, près de 2 300 infirmières, c’est-à-dire 13% des effectifs en scolarisation, quitteront les instituts après deux mois de formation alors qu’ils nous manquent beaucoup, notamment dans nos hôpitaux. Je ne m’étendrai pas sur la description de nos difficultés. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes et nous les connaissons tous. Je l’ai déjà dit, je ne serai pas le ministre du diagnostic, je veux être le ministre de l’ACTION. Les échanges que nous venons d’avoir, et pour lesquels je remercie chacun d’entre vous, témoignent de notre prise de conscience collective : le temps est venu de trouver des solutions pour reconstruire notre système de santé. Trouver des solutions concrètes avec toutes les parties prenantes, mobiliser toutes nos forces sur tous nos territoires, c’est l’esprit du Conseil National pour la Reconstruction, que le Président de la République a lancé le 8 septembre frère à Marcoussis. J’affirme avec fierté que nous, citoyens, professionnels, élus et administrations, avons fait vivre ici, et de la plus belle des manières – par le dialogue et l’écoute – cette volonté d’unir nos énergies pour relever les énormes défis qui se présentent. J’ai été impressionné, lorsque je suis venu assister aux ateliers du vendredi, par l’enthousiasme avec lequel vous avez répondu aux questions et par la qualité des propositions que vous avez formulées. Vous avez donné l’exemple et je vous en remercie beaucoup. Il nous appartient maintenant de pérenniser, dans la durée, la dynamique enclenchée ici au Mans. Compte sur moi pour ne pas te contenter de bonnes intentions. J’attends des résultats, je serai intransigeant sur ce point. Pour cela je soutiendrai l’évaluation de nos performances et je publierai les informations sur l’avancement de nos principaux engagements. C’est l’occasion de vous dire selon quels principes d’action, je souhaite avancer dans cette direction avec vous. Tout d’abord, vous l’avez compris avec la méthode avec laquelle nous avons traité la question des urgences, des soins non programmés et de la réglementation médicale cet été, je crois fermement à l’intelligence des territoires. C’est localement, en mettant tous les acteurs autour de la table, que l’on trouve le plus facilement des réponses, que l’on parvient à créer des synergies entre la ville et l’hôpital, entre le privé et le public, entre les différents métiers, que l’on surmonte une concurrence stérile , les postures qui nous retardent et qui nous éloignent des intérêts. des citoyens. Ma priorité pour les mois à venir est d’accélérer la mise en place des solutions disponibles, et de faire prospérer toutes les expériences réussies, comme celles évoquées ici en Sarthe. Bien sûr, cet été nous a montré qu’il nous reste encore à soutenir et à organiser certaines initiatives pour qu’elles puissent se déployer. Les mesures mises en place après la mission éclair, que j’ai menée en juin dernier avec quatre autres professionnels, ont porté leurs fruits : alors que tout le monde prévoyait un été cataclysmique, notre système de santé a tenu. Bien sûr, ce n’était pas sans effort, ka j Je tiens à remercier tous ceux (citoyens professionnels, élus, services de l’Etat et de l’assurance maladie) qui ont changé leurs habitudes pour faire face à cette situation de tension sans précédent. Comme je m’y suis engagé, fidèle à ma méthode, j’ai voulu que les résultats de notre activité soient évalués. L’IGAS nous a livré il y a quelques jours les conclusions de son évaluation : les résultats seront partagés avec tous les acteurs concernés lors d’un comité de suivi que nous organiserons d’ici une dizaine de jours. Le Gouvernement est déjà mobilisé pour projeter certaines de ces mesures dans le futur, j’aurai l’occasion d’en préciser les conditions dans quelques jours. Ensuite, je veux que nous nous mettions en mesure de répondre aux besoins. L’approche par l’offre est un réflexe naturel, mais ce n’est pas une fin en soi, et ce n’est pas ainsi que nous serons compris par nos concitoyens. Notre action doit être compréhensible, elle doit s’inscrire dans le quotidien des Français, viser la simplification. C’est une question de citoyenneté et d’éthique. Je demanderai à nos garants Régis Aubry, Philippe Denormandie et Camille Thérond-Charles de nous rappeler à l’ordre à chaque fois que nous nous écarterons de cette ligne. Quels sont nos besoins ? Ce sont les besoins de nos concitoyens, de leurs familles et des aidants, comme je l’ai dit. Ceux-ci reflètent les besoins de nos professionnels. Si nous ne prenons pas soin des Français et de ceux qui prennent soin d’eux en même temps, nous manquerons notre ambition. Je veux que le métier d’infirmier continue à rêver aux plus jeunes, à réveiller des vocations, à donner envie aux salariés épuisés de retourner à l’hôpital. Je le dis, pour moi, c’est le plus beau métier du monde, celui où la vérité n’est pas masquée, celui où les actes comptent autant que les mots, celui de la réalité, du concret, de la vie, mais aussi de la mort . Alors, je veux le dire ici solennellement, agissons et mettons notre énergie à défendre ces professions : à ce titre, je serai aussi le Ministre de la Santé pour nos professionnels. Cadres, mainteneurs, personnel technique et administratif, agents logistiques, tout le monde exercent leur métier avec engagement et méritent reconnaissance et honneur comme nos concitoyens nous le démontrent et les applaudissent chaque soir. Prenons soin de toutes ces femmes et de tous ces hommes. Ensemble, nous améliorerons leur bien-être, car je n’arrive pas à croire que 29 % des soignants se disent en mauvaise santé ; ou que 64% des travailleurs hospitaliers déclarent avoir des problèmes de sommeil. Des professionnels de santé en bonne santé sont aussi des patients qui seront mieux soignés ! Je confierai à Agnès Firmin Le Bodo la mission de travailler avec vous dans le but de trouver des moyens concrets d’améliorer la santé des soignants. Agissons, pas de problème, ce métier est magnifique, disons-le et traduisons cette considération en action ! Un autre principe que je veux être décisif est celui de la responsabilité partagée. Face aux défis que je viens de décrire, chacun, citoyen, professionnel, élu, Etat et Assurance Maladie, a une part de solution. Je pourrais aussi dire, tout le monde a des droits, tout le monde a des devoirs. Adoptons ce principe simple mais exigeant dans l’exercice de nos responsabilités respectives. C’est aussi la raison pour laquelle j’attache une grande importance au fait que les élus soient associés à la recherche de solutions et à leur mise en œuvre. L’attractivité de tous nos territoires est notre grande cause commune, Mesdames et Messieurs les élus. Unissons-nous pour que nos jeunes professionnels aient envie de rejoindre vos territoires. Je suis sûr que nous n’avons pas encore exploré toutes les solutions. Vous l’avez compris, le CNR est une méthode et des principes directeurs. Mais c’est surtout dynamique de donner au niveau local, comme au niveau national, de nouveaux outils pour accélérer, débloquer, innover. Quelle dynamique autour de quelques grands objectifs pour tous nos concitoyens ? – Avoir les ressources pour être actif dans sa santé à tout âge (par l’activité physique et le sport, par une meilleure nutrition, une meilleure gestion de sa santé mentale, etc.) ; – Se faire vacciner, examiner, accompagner au plus vite pour éviter toute perte de chance et ne pas rajouter de sains inégalités aux inégalités ; – Disposer d’un médecin traitant, d’une équipe de santé référente facilement accessible ; – Avoir accès à un spécialiste dans les délais appropriés; – Trouver une « réponse de crise » efficace ; – Avoir accès à des soins hospitaliers de qualité. Ce que je viens de vous expliquer, nous le pratiquons déjà, nous mettons les premiers Il y a des pierres de cette reconstruction. Dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, dont l’examen débutera à l’Assemblée nationale le 10 octobre en commission, le Gouvernement introduira une première série de mesures fortes pour soutenir l’accès à la santé. * D’abord, décider de s’engager pour plus de prévention, et faire de cette prévention une valeur positive dans notre société, le moyen de mieux vivre au quotidien : – Fixer des rendez-vous préventifs à trois périodes clés de la vie (20-25 ans, 40- 45 ans, 60-65 ans), pour encourager les comportements qui nous font du bien au quotidien et nous permettent de nous épanouir. projets sans éteindre la pathologie. Ces rendez-vous trouveront toute leur ampleur s’ils permettent à nos concitoyens de s’inscrire dans un parcours de santé ; ces rencontres trouveront leur plein effet si elles trouvent leur public, principalement les personnes les plus éloignées de notre système de santé, et souvent les plus vulnérables dans leur santé. C’est avec ces deux objectifs que nous devrons construire ensemble cette ambition. – Contraception d’urgence gratuite pour garantir un accès effectif à toutes les femmes, quel que soit leur âge ou leurs revenus. – Elargissement du dépistage gratuit sans ordonnance de toutes les infections sexuellement transmissibles pour nos jeunes de moins de 26 ans ; – Reconnaissance de compétence générale dans la prescription de la vaccination pour les infirmiers, pharmaciens et sages-femmes spécialistes ; – Indexer la fiscalité du tabac sur l’évolution des prix pour poursuivre la lutte contre ce fléau qu’est le tabagisme, qui tue encore trop de monde en France. * Ensuite, mieux accompagner nos étudiants et professionnels : – Création d’une quatrième année, de consolidation, au diplôme d’études spécialisées de médecine générale, année réalisée en clinique externe. Cette année de stage supplémentaire permettra aux futurs médecins de s’établir dans les meilleures conditions ; – Simplification des aides à l’installation des médecins libéraux dans les zones fragiles et création d’un guichet unique pour accompagner les jeunes médecins dans leur projet d’installation. * Enfin, remettre l’éthique au cœur de notre projet. – A ce titre, lutter contre les dérives de l’intérim, cet intérim cannibale, n’est plus une option. Si nous ne faisons pas attention, ce sera dévastateur. Et les dégâts sont déjà là. Le risque est important de cliver profondément l’esprit d’équipe, qui est au cœur de la réussite de l’accompagnement des patients. La députée Stéphanie Rist (que je salue) a fourni légalement le cadre d’une récompense. Il est temps de le mettre en œuvre. Je compte sur nous tous pour trouver les voies, dans chaque territoire, de cette indépendance, pour ne pas dire de cette désintoxication. Pour ce faire, je nous donne un échéancier : à partir du printemps prochain, il ne sera plus possible de surpayer un intérimaire. Jusqu’à cette échéance, des situations à risque devront être identifiées dans les territoires, avec l’aide des agences régionales de santé et des élus, pour créer une solidarité utile entre établissements dans la mise en œuvre de cette transition. J’espère que le secteur privé prendra aussi sa part dans cette éthique collective, cela nous oblige tous ! Et puisque les hôpitaux nous le demandent aussi, il ne sera plus possible, en quittant votre formation d’infirmier, de commencer temporairement votre pratique professionnelle. Une rentrée professionnelle est accompagnée, sécurisée, et la stabilisation des équipes soignantes dans nos services de santé est une priorité. Tous ces projets, nous les réaliserons en concertation, pour nous assurer de répondre au mieux aux besoins de nos concitoyens. Mesdames et Messieurs, je voudrais maintenant vous expliquer comment nous poursuivrons cette activité dans les mois à venir, dans le cadre du CNR. Dès la semaine prochaine et jusqu’à la fin de l’année, l’exemple que la Sarthe nous a donné aujourd’hui sera suivi dans tous les territoires de France, en franc continental quelque chose et à l’étranger. Citoyens, professionnels, élus et administrations se réuniront pour donner leur réponse aux quatre défis que nous devons relever de toute urgence pour améliorer l’accès aux soins des Français : – Donner à chacun accès à un médecin traitant ou à une équipe soignante, et notamment à la les plus vulnérables d’entre nous, et soutenir l’exercice coordonné. – Avoir une intervention d’urgence accessible partout, et de qualité. Pour ce faire, garantir la continuité des soins et la réponse aux besoins de soins non programmés. – Mobiliser les leviers locaux d’attractivité des professions de santé. – Créer une nouvelle alliance entre acteurs locaux pour que la prévention entre réellement dans le quotidien de tous les Français. Au-delà de ces numéros « imposés », il y aura bien sûr la possibilité de numéros « gratuits ». Comme je l’ai dit, s’il y a des impératifs sur lesquels on ne peut plus transiger, il y a aussi des enjeux propres à chaque territoire. Je transmettrai la semaine prochaine aux directeurs généraux des Agences Régionales de Santé les modalités que nous leur proposons d’adopter, avec les préfets, pour entamer sans tarder ces concertations, sur l’ensemble du territoire, en étroite collaboration avec les élus et avec le soutien. du réseau d’assurance maladie. Adaptation aux territoires, différenciation, ce ne sont pas que des mots. Nous l’avons tous vécu, partout en France, pendant la crise sanitaire. Ce n’est pas le même schéma qui a été déployé soit pour la coopération ville-hôpital, soit pour le déploiement de la vaccination. n, pour les opérations « aller à ». En fonction des habitudes préexistantes, des dynamiques locales, des organisations adaptées et différentes se sont construites. J’espère que nous pourrons profiter de cette force d’initiative dans les territoires. Les directeurs généraux des agences régionales de santé ont déjà le pouvoir de déroger à certaines normes. Une grande liberté d’organisation sera donnée, car fidèle à mes principes, je fais confiance aux acteurs locaux pour choisir les formules les plus adaptées. Cependant, j’aurai les plus hautes exigences sur le résultat de ce travail. C’est une occasion sans précédent d’évaluer toutes les expériences n déjà existants sur les territoires, imaginer de nouvelles solutions, identifier les verrous à briser, exprimer de nouveaux besoins. J’appelle tous les participants, qui, j’en suis sûr, se comptent par milliers, à assumer cette responsabilité, et je les remercie par avance du temps qu’ils prendront. Je leur dis toute ma confiance. Je prends ici l’engagement que le fruit de leur travail sera mobilisé pour nous aider tous à avancer sur le chemin de la refondation. L’État soutiendra ces procédures lorsque cela sera nécessaire. S’agit-il de changer nos textes. S’agit-il d’organiser la diffusion nationale des initiatives pertinentes. Que ce soit pour accompagner la concrétisation effective sur les territoires de nouvelles collaborations. Je t’ai dit que je faisais confiance au local. Mais je sais que pour avancer, il faut aussi ouvrir des chantiers au niveau national, trouver des accords sur les sujets les plus sensibles, faire évoluer notre droit, et pérenniser les outils mis au service des acteurs des territoires. J’espère que, dans le cadre du CNR, on repousse les limites. Dans le domaine de l’accès à la santé, je veux qu’on « frappe la ligne » pour faire les percées que l’on attend depuis trop longtemps. J’ai toujours préféré la percussion au débordement de cadrage (les fans comprendront…) D’abord sur les inégalités territoriales ou ce qu’on appelle désormais les déserts médicaux. Je le répète et je l’assume : je ne serai pas le ministre des promesses irréfléchies, car il n’y a pas de solution miracle. Il faudra attendre encore dix ans pour que les bienfaits de la fin du numerus clausus, mesure historique prise à l’initiative du président de la République après des années et des années de régulation aveugle de notre démographie médicale, nous permettent d’inverser . . Mais je n’y renonce pas. Comme je l’ai dit, je souhaite que chaque Français trouve, s’il le souhaite, un médecin généraliste à l’issue du quinquennat ; surtout les plus fragiles d’entre eux. En particulier, je souhaite que les CPTS (Communautés Professionnelles Territoriales de Santé) se mobilisent sur cette question en priorité, avec le soutien de S assurance canard Aider les personnes atteintes d’ALD (maladie de longue durée), les personnes âgées, les personnes handicapées, les bénéficiaires d’une complémentaire santé à trouver un médecin en priorité. Nous devons mobiliser tous les leviers existants pour trouver du temps médical et accroître l’attractivité des territoires. Certaines solutions doivent être résolument accélérées : je pense notamment aux assistants médicaux, dont je souhaite porter le nombre à 10 000 d’ici 2025. On sait désormais qu’un assistant médical fait gagner du temps médical et donc environ 10% de patients en plus : autant de besoins. que nous rencontrons Je réfléchis au développement d’exercices coordonnés dans les EHPAD, dans les communautés professionnelles territoriales de santé (par exemple), ex. des mesures coordonnées qui, on le sait, permettent d’attirer et de retenir les professionnels, y compris dans les territoires les plus fragiles. J’espère que l’ensemble du territoire sera couvert par le CPTS d’ici fin 2023, car c’est par cette organisation que nous gagnerons le défi de la responsabilité collective. Et je souhaite que tous les CPTS associent les établissements publics et privés sur leur territoire, sans concurrence stérile entre ville et hôpital. Parce que la ville et l’hôpital soignent les mêmes patients, et il est essentiel qu’ils en parlent, qu’ils travaillent ensemble. Donner de l’espoir aux Français sur l’accès à la santé, c’est aussi mettre en jeu la solidarité des autres territoires avec ces déserts. Comme je l’ai dit, dans ce CNR en bonne santé, il faut rester lucide : il faudra faire avec les moyens dont on dispose. Si chaque médecin consacre un peu de temps au service des territoires fragiles, nous pouvons redonner l’accès à la santé à nos concitoyens. Consultations poussées par des spécialistes, médecins généralistes, remplacés si nécessaire sur leur territoire d’origine quelques jours par an, dont un médecin assistant, dispositifs de recours via la téléconsultation… voilà autant de leviers que je souhaite accompagner et encourager. L’Etat ne pourra pas tout faire, les collectivités locales seront un partenaire précieux pour créer un environnement favorable à ces initiatives. je pense surtout au simple mais en fait g Site enchanteur et thème immobilier. Combien de médecins m’ont dit, par exemple, qu’ils étaient prêts à embaucher un assistant médical… mais sans bureau pour l’asseoir ? J’en appelle aux maires, pour qu’ils viennent à chaque fois soutenir ce type de projets. Je sais qu’ils le font déjà beaucoup. Ce sera une des orientations que je donnerai à l’Assurance Maladie pour ouvrir des négociations conventionnelles avant la fin du mois. avec les représentants libéraux. J’ai entendu dire que nous ne serions pas disposés à parier sur la médecine libérale dans ce pays ? Je vais vous dire, mon père, mon oncle, mon grand-père étaient des médecins généralistes… Je connais intimement la place qu’occupe la ville dans notre réponse aux besoins de santé. Je le sais aussi de l’emplacement de l’hôpital où j’ai pratiqué il y a quelques mois. Nous sommes prêts à donner à l’Assurance Maladie les moyens d’investir dans cet accord. Mais les partenaires conventionnels devront s’impliquer : liberté et responsabilité, droits et obligations, revalorisation et considération. Quels que soient les termes utilisés, il y aura un équilibre à trouver pour progresser ensemble. Et j’ai l’espoir, et même la conviction, que nous le trouverons. Ensuite, concernant la continuité des soins, j’utilise délibérément cette formule car je ne veux pas qu’on se concentre uniquement sur les périodes de garde. Le défi est qu’à tout moment de la journée, les citoyens peuvent trouver une réponse à une maintenance non planifiée. C’est pourquoi il me paraît indispensable de généraliser le service d’accès aux soins à partir de l’année 2023. Cela implique que, toujours dans la logique qui nous anime ici, tous les acteurs jouent leur rôle. Je ne veux pas imposer une formule toute faite, mais je demande que nous construisions ensemble un principe de responsabilité territoriale jour, nuit et week-end, et que nous le fassions vivre partout, sans aucune exception. Je demanderai rapidement à des professionnels reconnus de réaliser une mission qui se nourrira des propositions des ateliers territoriaux et qui accompagnera tous les territoires qui rencontrent des difficultés dans la mise en œuvre de leur projet. Il y a donc, là encore, un nouveau rapport qui nous avons besoin, mais d’accompagnement, d’aide pour AGIR. Enfin, puisque chaque professionnel doit trouver sa place dans le parcours de santé en fonction de la valeur ajoutée qu’il peut apporter, il faut, sans tabou, aborder la question du partage des compétences entre professionnels de santé. Soutenu par les travaux du Haut Conseil d’Avenir de l’Assurance Maladie, j’ai voulu faire confiance aux ordres pour formuler des propositions d’avenir, et je sais que les derniers échanges au sein du Comité de Liaison Inter-Ordres, le CLIO, commencent à bouger . les lignes Tout en garantissant bien sûr l’importance, la qualité des soins, la place centrale du médecin traitant, notre défi collectif est de libérer et de mieux répartir le temps de soins. Nous ne pouvons pas rester coincés dans la situation actuelle. Dans une logique de responsabilité partagée, chacun doit accepter de faire un pas vers l’autre et se demander, une fois de plus, comment mieux répondre aux besoins de nos concitoyens. Fidèle à mon engagement, je donne donc aux Ordres la possibilité de s’entendre, et de proposer des « mouvements » très concrets. Sinon, avec Agnès Firmin Le Bodo, nous prendrons nos responsabilités, car c’est ce qu’attendent nos concitoyens. Je veux aussi que nous nous dépêchions de prendre de nouvelles mesures dans le domaine de la prévention. Si nous voulons faire face au scandale des écarts d’espérance de vie, dont j’ai parlé en introduction de mon discours, nous devons changer la façon dont nous menons notre politique de santé. Avoir le souci constant de rapprocher nos concitoyens du système de santé, notamment ceux qui en sont le plus éloignés. Avoir l’ambition d’inscrire la santé dans les réflexes quotidiens : la pratique d’une activité physique et sportive ; bien manger à tout âge ; bien dormir; bonne santé mentale dès le plus jeune âge; une hygiène bucco-dentaire exemplaire ; une forte inclusion sociale, élément essentiel pour un meilleur vivre ensemble, d’une école où je veux qu’on renforce les compétences psychosociales des plus jeunes de nos concitoyens. Saisir toutes les opportunités pour organiser des temps de prévention à tous les âges et dans tous les lieux de vie : à l’école donc ; à l’Université; sur le lieu de travail. Si J’en fais une priorité pour CNR Santé, c’est là encore que je suis convaincu que c’est par une alliance entre tous les acteurs que nous réussirons à changer la donne. C’est pourquoi je souhaite que le CNR Santé puisse nous aider à développer, jusqu’au printemps prochain, un pacte, une nouvelle alliance avec les acteurs de la prévention, et notamment les collectivités territoriales et les acteurs du monde associatif. . Nous déterminerons les termes d’une stratégie commune, les grandes priorités et les moyens que nous y consacrerons au cours des 5 prochaines années. Comme je vous l’ai déjà dit, la prévention est un projet qui se concrétisera au niveau territorial, car je suis convaincu que c’est la meilleure façon de trouver des solutions qui entrent dans le quotidien des Français, notamment avec le soutien des collectivités locales. . Mais je crois aussi que certaines clés sont au niveau national, et c’est pourquoi nous soutiendrons ce pacte, pour nous donner les moyens de ce changement profond. En particulier, je souhaite que le futur contrat, qui liera l’Etat et l’Assurance Maladie, permette de mobiliser l’Assurance Maladie sur des objectifs prioritaires de prévention ; vacciner plus, mieux dépister, lutter contre l’obésité, agir pour la santé des enfants. Nous pouvons et nous devons le faire sur tous les territoires. Ces ambitions ne seront pas pleinement couronnées de succès si nous ne nous impliquons pas plus résolument dans la lutte contre la persistance des inégalités sociales d’accès à la santé. Quand on a un handicap, quand on est en situation de précarité, c’est faux de dire qu’on a les mêmes ressources, et avouons-le, le même accès à la santé, les mêmes opportunités. Je pèse mes mots : nous n’avons plus à accepter cette aliénation de certains de nos concitoyens qui vivent « hors de la santé ». Pour cela, nous devons, tous ensemble, imaginer de nouvelles solutions. Il faut repousser les limites de la santé pour rejoindre tous nos concitoyens qui ont des besoins spécifiques. C’est notre responsabilité, et elle est énorme. Cela s’applique à la prévention, au dépistage, aux soins et aux soins de suite. Nous consacrerons donc, avec la Mini responsable de Solidarité, Autonomie et Handicap, Jean-Christophe Combe, un projet spécifique du CNR Santé pour inventer de nouvelles formes de ce qu’on appelle « aller au français ». Une étape a été franchie dans la crise du Covid, mais nous n’avons pas encore eu tous les succès. N’abandonnons pas. En particulier, je suis convaincue que la médiation sanitaire, qui mobilise des professionnels non médicaux pour accompagner nos concitoyens, jeunes, fragiles, isolés, auprès des professionnels de santé, est au cœur de notre action collective. Le troisième projet que je souhaite concrétiser est celui de l’attractivité des métiers. Vous avez été nombreux à l’évoquer lors de nos échanges depuis juillet, voire au cours de cette journée : la première chose que nous rencontrons est celle des ressources humaines. De ces professionnels, si précieux, qui soignent, qui accompagnent, qui organisent, qui font vivre notre système de santé, passant leur vie à prendre soin des autres. Ces ressources nous manquent, malgré tous les efforts déployés pour revaloriser les carrières et les rendre attractives, et je sais que c’est la principale source d’inquiétude pour beaucoup d’entre vous ici. A ce sujet, il faut continuer à revoir tout le dispositif, depuis la détection des potentiels, leur accompagnement, en passant par la formation (initiale et continue), la professionnalisation, les carrières, la diversité des exercices. Notre ambition est de transformer les métiers et de construire de nouveaux cadres de pratique. Nous devons augmenter rapidement le nombre de ressources humaines disponibles et poursuivre nos progrès pour renforcer leurs capacités. Nous disposons déjà de nombreux outils que nous devons mobiliser collectivement dans les territoires. Avec le Premier ministre et mes collègues des autres ministères, nous continuerons à renouveler la formation initiale pour attirer les infirmières dès la sortie du secondaire : nous veillerons à ce que les 13 500 places créées dans les instituts de formation par le précédent Gouvernement soient déployées selon le calendrier convenu. , et nous rouvrirons la discussion, notamment avec les Régions, sur le nouvel objectif à atteindre pour répondre aux besoins de demain. Il faut un vrai choc quantitatif, et une mobilisation nationale sur. Le contenu des formations, leur séquencement, donnant toujours plus de place à la simulation de santé, doivent également être revus pour mieux répondre aux réalités du terrain, aux exigences du travail pluriprofessionnel et éviter l’arrêt d’études (que j’évoquais avant de). ‘heure). C’est aussi un choc, qualitatif, indispensable. Je souhaite également que le CNR Santé soit un vecteur pour accélérer fortement la transformation de notre système en matière d’évolution de carrière : nous devons nous donner les moyens de développer la formation de masse par l’apprentissage, dans le cadre du plan gouvernemental « 1 million d’apprentis. », mais aussi la validation des connaissances et compétences acquises, des passerelles entre les métiers. Je souhaite également que nous développions des contrats de service public qui permettent aux étudiants d’être récompensés avant leurs études en échange d’années passées à l’hôpital. Je souhaite aussi que nous créions de nouveaux contrats d’excellence qui accompagnent les lycéens des quartiers à faible densité vers les études en santé : parce que d’autres pays, comme le Canada, nous ont montré que c’est la meilleure façon de faire en sorte que les jeunes médecins s’installent dans les quartiers où nous en avons le plus besoin aujourd’hui. Je souhaite aussi ouvrir plus largement le champ de compétences des APN (infirmières supérieures) aux soins de la petite enfance, de nos aînés… Mais là encore, soyons clairs, on peut trouver toutes les vertus dans ce modèle, si on n’ayant pas d’API formées, nous ne risquons pas d’en faire un véritable levier de transformation ! Nous devons augmenter le nombre d’APN formés chaque année. Il faut changer de braquet et surtout composer avec les conditions de l’entraînement durant les 2 ans, pour que ce ne soit pas un parcours du combattant. Nous veillerons à ce que ces outils soient mobilisés rapidement, sur l’ensemble du territoire, et nous le ferons sous l’égide du Premier ministre, en lien avec les autres ministres concernés, notamment le ministre du travail, le ministre de l’éducation nationale et le ministre de l’enseignement supérieur. Éducation et Recherche. Parce qu’il faut sécuriser les carrières, répondre aux nouveaux besoins de santé de la population, adapter les compétences de nos équipes avec habileté. Enfin, le quatrième projet que je souhaite porter au niveau national est celui du « mieux vivre à l’hôpital ». Il faut réinventer l’hôpital, c’est certes le lieu de la maladie, mais aussi le lieu de la guérison. Celle, parfois, de la solitude mais aussi celle du confort et de la chaleur humaine. Celle des émotions professionnelles les plus difficiles, mais aussi celle de la solidarité et du travail d’équipe. Créons les conditions pour que les autodidactes redécouvrent actuellement en pratique le sens de leur énorme engagement, pour que les jeunes se sentent accueillis, et bien accueillis, dès la première heure de leurs études de santé, dès le premier jour de leurs stages. Qu’ils veulent rejoindre des centres de santé et que les plus expérimentés veulent y rester. Pour cette raison, je ne crois pas que la priorité soit une énième réforme de la gouvernance. Beaucoup de choses ont déjà été entamées avec la mission du Pr Olivier Claris, et nous devons les mettre en œuvre, partout, dans de bonnes conditions. Olivier CLARIS a également accepté de nous aider à déployer ses recommandations, et je l’en remercie. Dans ses conclusions, il fallait réinvestir le niveau du service hospitalier, car c’est là que les professionnels se rejoignent, là que les collectifs s’enchaînent, pour le plus grand bénéfice des patients. J’espère que nous allons accélérer dans cette direction. Ce sera l’un des projets de ce thème « mieux vivre à l’hôpital », et j’espère que nous pourrons, d’ici quelques mois, avoir repensé ensemble le fonctionnement des services pour, au moins, redonner à nos professionnels le sens de leurs actions quotidiennes. Dans ce projet de « mieux vivre à l’hôpital », se pose aussi la question des conditions particulières d’exercice, notamment la nuit. Travailler la nuit, au service de nos concitoyens, est une noble mission, et je tiens à saluer tous ceux qui l’acceptent. Cette limite est moins acceptée aujourd’hui, à une époque où l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle est, et on le comprend, plus important. Nous ouvrirons cette réflexion, et nous le ferons, là encore, dans le dialogue, et avec tous les partenaires autour ou le tableau. Je suppose aussi ouvrir la discussion sur les objectifs du personnel présent au chevet du patient. Mais dans le contexte de démog dans lequel nous nous trouvons et s’il nous faut accompagner l’évolution des pratiques professionnelles et l’essor des soins ambulatoires et à domicile, nous devrons également nous poser la question de l’importance de nos organisations. Je vous l’ai dit, nous sommes dans une logique de responsabilité partagée. Nous devrons continuer à nous poser toutes les questions sur l’importance de nos organisations, sur la sécurité et la viabilité de certaines de nos activités, tout en ayant le courage de répartir parfois différemment les activités sur un territoire. Et au-delà, pendant le Covid, nous avons pu supprimer les frontières et faire travailler ensemble tous les professionnels, chacun avec sa valeur ajoutée : médecins, infirmiers, personnel technique et administratif. Forts de cet héritage, je souhaite que nous nous attaquions résolument à la tâche de simplification. Il existe de nombreux leviers dans ce domaine, et j’espère que nous les activerons tous dès que possible. Vous êtes nombreux à nous dire que certaines contraintes doivent être assouplies, et qu’à l’inverse certaines fonctions support doivent être renforcées pour libérer du temps de maintenance. Je vous dis « poulet! ». Nous réaliserons ce projet avec l’aide de la direction interministérielle de la transformation publique, dans une immersion au plus près des services, et j’aurai l’occasion de vous en dire plus prochainement. Vous l’avez compris, les actions que nous menons dans le cadre du CNR sont celles qui impliquent une impulsion pour répondre à la crise. Ils sont aujourd’hui mis en avant pour cela et parce qu’ils seront traités dans les territoires selon la méthode que j’ai développée. Mais la feuille de route que m’a donnée le Premier ministre ne s’arrête pas à ce périmètre : tout ne sera pas traité dans le cadre du CNR. Par exemple, je m’engagerai résolument à accélérer l’action de m’insiste, et de tous ses partenaires, sur les grandes priorités sanitaires. Je pense, à titre d’illustration, aux mesures décidées dans le cadre de la Conférence sur la santé mentale et la psychiatrie o à partir de septembre 2021 : alors que les dernières données de l’observatoire sur le suicide sont particulièrement préoccupantes, alors que nos jeunes, et surtout nos jeunes filles. , crie leur détresse et en vient de plus en plus souvent à des actes d’auto-agression, il faut accélérer de manière décisive la mise en œuvre des actions issues de ces assises. Il faut aller plus vite et plus loin sur la recherche en sciences cognitives, sur la prévention du suicide, sur le développement des APN en santé mentale, sur le renforcement du recours aux psychologues cliniciens et tant d’autres ressources. Je convoquerai prochainement la prochaine commission Assis, et vous promets que la santé mentale, la psychiatrie et les professionnels qui les font vivre seront l’une des priorités de ma présence au ministère. Je n’oublie pas la poursuite de la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, l’accompagnement durant les mille premiers jours, ou le développement des soins palliatifs – à l’heure où notre société commence à envisager la fin de vie. Nous accentuerons nos efforts sur la santé des enfants, la santé des femmes, la santé de nos personnes âgées et handicapées. Je réfléchis également aux priorités liées à la recherche, à l’innovation et au numérique, et notamment celles qui figurent dans le plan France 2030, ainsi qu’au déploiement de mon espace santé. Et plus largement, je pense à tous les programmes de santé publique. Tous ces sujets contribuent à l’attractivité des métiers de santé et du service rendu à nos concitoyens. Pour tous ces projets, nous devrons nous nourrir des leviers ouverts par le CNR, saisir les outils qu’il nous donne. ra, mais aussi continuer à creuser d’autres sillons, avec tous les partenaires impliqués. Je suis également conscient que si nous ne préparons pas adéquatement l’avenir, comme cela s’est malheureusement produit avec la démographie médicale au cours des trente dernières années, nous porterons la responsabilité des futures impasses. C’est pourquoi j’ouvrirai trois chantiers de prospective dont j’attendrai de premières conclusions mi-2023 : – Le premier concerne la préparation de notre système à la transition écologique : que est l’une des priorités que le Président de la République et le Premier Ministre ont donné au Gouvernement, c’est aussi et surtout une crise pour les générations futures. Etablissements de santé, professionnels de la ville, fabricants de médicaments, nous avons tous une énorme responsabilité collective pour l’avenir, et nous devons relever ce défi collectivement, en inventant de nouvelles solutions. Agnès Firmin Le Bodo mènera ce projet à mes côtés, et nous aurons tous la responsabilité de façonner l’avenir. – Le deuxième défi concerne le développement à long terme des professions infirmières, et la façon dont on projette les besoins démographiques pour les 20, 30 prochaines années, y compris la prise en compte des changements qui traversent le monde de la santé, comment imprégner la société. tout à fait. – Le troisième défi concerne les leviers de la pérennité financière de notre système de santé. Il ne nous est pas possible de considérer que l’horizon est illimité, en termes de financement, et nous savons que le vieillissement de la population constituera un choc pour tout notre système social. Il serait irresponsable pour les générations futures de ne pas l’anticiper, et cela mettrait en péril notre capacité à répondre aux besoins de santé de nos concitoyens. Pour concilier ces enjeux, nous devons poursuivre notre investissement dans la santé, tout en trouvant le chemin de l’action que je considère comme porteur de valeur positive, car c’est aussi le chemin de la qualité et de la sécurité des soins. Je crois que nous pouvons le faire ensemble ! Sur ces trois sites, nous mettrons en place des « groupes de travail ». Et fidèles à la méthode du CNR Santé, nous réunirons citoyens, professionnels de santé, élus et représentants de l’Etat autour de la table pour imaginer les meilleures solutions. Je suis conscient de l’ampleur de la tâche et de la mobilisation que cela représentera d’être là. C’est pourquoi je souhaite une gestion très stricte de notre activité. Je confierai chacun de ces projets à des personnalités qualifiées, particulièrement légitimes sur les sujets évoqués, qui travailleront de concert avec toutes les parties prenantes, et avec le soutien du ministère. je rencontrerai tout le monde en collaboration avec un comité de contrôle rassemblant les pilotes de ces sites et des représentants des territoires, en présence des garants, auxquels je leur demanderai de porter un regard critique sur la manière dont nous exerçons notre activité, et de toujours rappeler les principes cardinaux d’éthique que je aimerions qu’ils guident notre action. Un fil d’information sera créé afin que l’ensemble de la communauté réunie aujourd’hui puisse bénéficier, quasiment en temps réel, de l’avancée des discussions locales et nationales. Je vous donnerai également rendez-vous en janvier 2023 dans cette configuration complète pour établir un bilan des travaux du CNR « Santé », en lien avec le Conseil National pour la Reconstruction, que le président de la République présidera en décembre. Mesdames et messieurs, j’y reviens, notre système de santé est fragilisé. Mais la crise sanitaire lui a montré une résilience remarquable. Je suis convaincu qu’il saura surmonter les difficultés plus structurelles auxquelles il est confronté aujourd’hui. Mais cela implique une mobilisation de tous. Et soyons honnêtes, ça va demander du courage à nous tous ici. Le courage, disait Jaurès dans son discours aux jeunes, c’est « aller vers l’idéal et comprendre la réalité ; c’est agir et se donner à de grandes causes, sans savoir quelle récompense l’univers profond réserve à notre effort, ni s’il lui réserve une récompense. Courage d’appréhender la réalité et de construire l’avenir : cela résume bien, s’il le faut, l’état d’esprit dans lequel je souhaite que nous placions ce Conseil National de Refondation en Santé, que nous avons lancé aujourd’hui et celui avec Agnès Firmin Le. Bodo, nous vivrons avec engagement à vos côtés. Nous comptons sur vous, comme vous le savez, je crois que vous pouvez compter sur nous. Merci à tous. Source https://solidarites-sante.gouv.fr, 5 octobre 2022

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Madame la Ministre, chère Agnès,

Monsieur le Préfet,

maire, ministre,

Mesdames et Messieurs les députés,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et messieurs dans vos rangs et qualités,

Je voudrais que nous nous souvenions ensemble d’un moment important de notre histoire.

Le 27 mai 1943, la première réunion du Conseil national de la Résistance a lieu à Paris, rue du Four.

Jean Moulin, qui un mois plus tard sera arrêté et torturé par la Gestapo, rappelle alors les buts de la France libre : « Se battre ; donner la parole au peuple français ; restaurer les libertés républicaines, dans un État dont la justice sociale ne sera pas exclue, et qui aura le sens de la grandeur. »

Alors que les résistants poursuivent leur combat contre la barbarie, les bases de la solidarité d’après-guerre sont posées.

A ce moment de notre histoire, il y a une volonté d’affirmer, pour chacun, le droit de vivre dans la dignité.

Oui, en 1945, notre pays a fait une promesse à ses habitants : la santé sera accessible à tous, sans distinction, pour tous les citoyens de la République.

Mesdames et Messieurs, je pèse mes mots : près de 80 ans plus tard et alors que la Sécurité sociale, dont nous fêterons demain l’anniversaire – 4 octobre -, s’est érigée en pilier de notre pacte républicain, cette promesse est menacée. Il faut le dire clairement : l’accès universel à notre système de santé est fragilisé.

L’unique objectif que je poursuivrai en tant que ministre de la Santé et de la Prévention est de favoriser l’accès universel à notre système de santé, de rebâtir ses fondations et d’assurer sa transition vers un système pérenne que nous léguerons aux générations futures.

Les engagements de nos glorieux prédécesseurs, force est de constater aujourd’hui que nous nous en sommes éloignés. Et la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui n’est pas acceptable à bien des égards.

– Je ne peux accepter que l’espérance de vie soit encore déterminée par la situation économique de chacun. A noter : chez les hommes, l’écart d’espérance de vie entre cadres et ouvriers est de plus de 7 ans. Sous ce chiffre se cachent toutes les inégalités sociales et territoriales contre lesquelles il faut lutter, sans relâche.

– Je ne peux pas accepter que 6 millions de Français, et parmi eux 600 000 personnes atteintes d’une maladie de longue durée, voire nombre de nos compatriotes en situation précaire ou vivant avec un handicap, ne soient pas suivis par un médecin.

– Je ne peux pas accepter que 40% des cancers et 80% des problèmes cardiovasculaires surviennent alors qu’ils pourraient être évités.

– Je ne peux accepter qu’ici, dans le département de la Sarthe, le nombre de médecins généralistes libéraux soit de 59 pour 100 000 habitants, alors que la moyenne nationale est de 85 pour 100 000. Que le nombre de chirurgiens-dentistes dans ce même département soit de 39 pour 100 000 contre 66 pour toute la France. Je parle de la Sarthe, mais je pourrais parler de beaucoup de nos autres territoires. Je ne peux accepter que dans le département du Gers le nombre de cardiologues libéraux soit de 2,1 pour 100 000 contre 10,9 pour l’ensemble de la France. Je ne peux pas non plus accepter que dans nos territoires d’outre-mer, jusqu’à 23 % de nos compatriotes soient touchés par l’obésité, contre 17 % en France métropolitaine ; ou que ces territoires ont un taux de mortalité maternelle prénatale quatre fois supérieur à celui de la France.

– Je ne peux pas accepter qu’en 2021, près de 2 300 infirmières, c’est-à-dire 13% des effectifs en scolarisation, quitteront les instituts après deux mois de formation alors qu’ils nous manquent beaucoup, notamment dans nos hôpitaux.

Je ne m’étendrai pas sur la description de nos difficultés. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes et nous les connaissons tous. Je l’ai déjà dit, je ne serai pas le ministre du diagnostic, je veux être le ministre de l’ACTION.

Les échanges que nous venons d’avoir, et pour lesquels je remercie chacun d’entre vous, témoignent de notre prise de conscience collective : le temps est venu de trouver des solutions pour reconstruire notre système de santé.

Trouver des solutions concrètes avec toutes les parties prenantes, mobiliser toutes nos forces sur tous nos territoires, c’est l’esprit du Conseil national pour la reconstruction, que le président de la République a lancé le 8 septembre à Marcoussis.

J’affirme avec fierté que nous, citoyens, professionnels, élus et administrations, avons fait vivre ici, et de la plus belle des manières – par le dialogue et l’écoute – cette volonté d’unir nos énergies pour relever les énormes défis qui se présentent. J’ai été impressionné, lorsque je suis venu assister aux ateliers du vendredi, par l’enthousiasme avec lequel vous avez répondu aux questions et par la qualité des propositions que vous avez formulées. Vous avez donné l’exemple et je vous en remercie beaucoup.

Il nous appartient maintenant de pérenniser, dans la durée, la dynamique enclenchée ici au Mans. Compte sur moi pour ne pas te contenter de bonnes intentions. J’attends des résultats, je serai intransigeant sur ce point. Pour cela je soutiendrai l’évaluation de nos performances et je publierai les informations sur l’avancement de nos principaux engagements.

C’est l’occasion de vous dire selon quels principes d’action, je souhaite avancer dans cette direction avec vous.

Tout d’abord, vous l’avez compris avec la méthode avec laquelle nous avons traité la question des urgences, des soins non programmés et de la réglementation médicale cet été, je crois fermement à l’intelligence des territoires. C’est localement, en rassemblant tous les acteurs autour de la table, que l’on trouve le plus facilement des réponses, que l’on parvient à créer des synergies entre la ville et l’hôpital, entre le privé et le public, entre les différents métiers, que l’on surmonte une concurrence stérile . , des attitudes qui nous retardent et nous éloignent des intérêts des citoyens. Ma priorité pour les mois à venir est d’accélérer la mise en place des solutions disponibles, et de faire prospérer toutes les expériences réussies, comme celles évoquées ici en Sarthe.

Bien sûr, cet été nous a montré qu’il nous reste encore à soutenir et à organiser certaines initiatives pour qu’elles puissent se déployer. Les mesures mises en place après la mission éclair que j’ai menée en juin dernier avec quatre autres professionnels ont porté leurs fruits : alors que tout le monde prévoyait un été cataclysmique, notre système de santé a tenu le coup. Bien sûr, cela n’a pas été sans effort, et je tiens à remercier tous ceux (citoyens professionnels, élus, services de l’Etat et de l’assurance maladie) qui ont changé leurs habitudes pour faire face à cette situation de tension sans précédent.

Comme je m’y suis engagé, fidèle à ma méthode, j’ai voulu que les résultats de notre activité soient évalués. L’IGAS nous a livré il y a quelques jours les conclusions de son évaluation : les résultats seront partagés avec tous les acteurs concernés lors d’un comité de suivi que nous organiserons d’ici une dizaine de jours. Le Gouvernement est déjà mobilisé pour projeter certaines de ces mesures dans le futur, j’aurai l’occasion d’en préciser les conditions dans quelques jours.

Ensuite, je veux que nous nous mettions en mesure de répondre aux besoins. L’approche par l’offre est un réflexe naturel, mais ce n’est pas une fin en soi, et ce n’est pas ainsi que nous serons compris par nos concitoyens. Notre activité doit être compréhensible, elle doit s’inscrire dans le quotidien des Français, viser la simplification. C’est une question de citoyenneté et d’éthique. Je demanderai à nos garants Régis Aubry, Philippe Denormandie et Camille Therond-Charles de nous rappeler à l’ordre à chaque fois que nous quitterons cette ligne.

Quels sont nos besoins ? Ce sont les besoins de nos concitoyens, de leurs familles et des aidants, comme je l’ai dit. Ceux-ci reflètent les besoins de nos professionnels. Si nous ne prenons pas soin des Français et de ceux qui prennent soin d’eux en même temps, nous manquerons notre ambition.

Je veux que le métier d’infirmier continue à rêver aux plus jeunes, à réveiller des vocations, à donner envie aux salariés épuisés de retourner à l’hôpital. Je le dis, pour moi, c’est le plus beau métier du monde, celui où la vérité n’est pas masquée, celui où les actes comptent autant que les mots, celui de la réalité, du concret, de la vie, mais aussi de la mort .

Alors, je veux le dire ici solennellement, agissons et mettons notre énergie à défendre ces professions : à ce titre, je serai aussi le Ministre de la Santé pour nos professionnels. Gérants, concierges, personnels techniques et administratifs, agents logistiques, tous exercent leur métier avec engagement, et méritent reconnaissance et honneur comme nos concitoyens nous le prouvent et les applaudissent chaque soir. Prenons soin de toutes ces femmes et de tous ces hommes.

Ensemble, nous améliorerons leur bien-être, car je n’arrive pas à croire que 29 % des soignants se disent en mauvaise santé ; ou que 64% des travailleurs hospitaliers déclarent avoir des problèmes de sommeil. Des professionnels de santé en bonne santé sont aussi des patients qui seront mieux soignés ! Je confierai à Agnès Firmin Le Bodo de travailler avec vous pour trouver des moyens concrets d’améliorer la santé des soignants.

Agissons, pas de problème, ce métier est magnifique, disons-le et traduisons cette considération en action !

Un autre principe que je veux être décisif est celui de la responsabilité partagée. Face aux défis que je viens de décrire, chacun, citoyen, professionnel, élu, Etat et Assurance Maladie, a une part de solution. Je pourrais aussi dire, tout le monde a des droits, tout le monde a des devoirs. Adoptons ce principe simple mais exigeant dans l’exercice de nos responsabilités respectives.

C’est aussi la raison pour laquelle j’attache une grande importance au fait que les élus soient associés à la recherche de solutions et à leur mise en œuvre. L’attractivité de tous nos territoires est notre grande cause commune, Mesdames et Messieurs les élus. Unissons-nous pour que nos jeunes professionnels aient envie de rejoindre vos territoires. Je suis sûr que nous n’avons pas encore exploré toutes les solutions.

Vous l’avez compris, le CNR est une méthode et des principes directeurs. Mais c’est surtout dynamique de donner au niveau local, comme au niveau national, de nouveaux outils pour accélérer, débloquer, innover.

Quelle dynamique autour de quelques grands objectifs pour tous nos concitoyens ?

– Avoir les ressources pour être actif dans sa santé à tout âge (par l’activité physique et le sport, par une meilleure nutrition, une meilleure gestion de sa santé mentale, etc.) ;

– Se faire vacciner, examiner, accompagner au plus vite pour éviter toute perte de chance et ne pas ajouter les inégalités de santé aux inégalités ;

– Disposer d’un médecin traitant, d’une équipe de santé référente facilement accessible ;

– Avoir accès à un spécialiste dans les délais appropriés;

– Trouver une « réponse de crise » efficace ;

– Avoir accès à des soins hospitaliers de qualité.

Ce que je viens de vous expliquer, nous le mettons déjà en pratique, nous posons les premières pierres de cette refondation.

Dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, dont l’examen débutera à l’Assemblée nationale le 10 octobre en commission, le Gouvernement introduira une première série de mesures fortes pour soutenir l’accès à la santé.

* D’abord, décider de s’engager pour plus de prévention, et faire de cette prévention une valeur positive dans notre société, le moyen de mieux vivre au quotidien :

– Fixer des rendez-vous préventifs à trois périodes clés de la vie (20-25 ans, 40-45 ans, 60-65 ans), pour favoriser les comportements qui nous font du bien au quotidien, et nous permettent de nous épanouir. projets sans éteindre la pathologie. Ces rendez-vous trouveront toute leur ampleur s’ils permettent à nos concitoyens de s’inscrire dans un parcours de santé ; ces rencontres trouveront leur plein effet si elles trouvent leur public, principalement les personnes les plus éloignées de notre système de santé, et souvent les plus vulnérables dans leur santé. C’est avec ces deux objectifs que nous devrons construire ensemble cette ambition.

– Contraception d’urgence gratuite pour garantir un accès effectif à toutes les femmes, quel que soit leur âge ou leurs revenus.

– Elargissement du dépistage gratuit sans ordonnance de toutes les infections sexuellement transmissibles pour nos jeunes de moins de 26 ans ;

– Reconnaissance de compétence générale dans la prescription de la vaccination pour les infirmiers, pharmaciens et sages-femmes spécialistes ;

– Indexer la fiscalité du tabac sur l’évolution des prix pour poursuivre la lutte contre ce fléau qu’est le tabagisme, qui tue encore trop de monde en France.

* Ensuite, mieux accompagner nos étudiants et nos professionnels :

– Création d’une quatrième année, de consolidation, au diplôme d’études spécialisées en médecine générale, année réalisée en ambulatoire. Cette année supplémentaire de stage permettra d’accompagner les futurs médecins pour une installation dans les meilleures conditions ;

– Simplification des aides à l’installation des médecins libéraux dans les zones fragiles et création d’un guichet unique pour accompagner les jeunes médecins dans leur projet d’installation.

* Enfin, remettre l’éthique au cœur de notre projet.

– A ce titre, lutter contre les dérives de l’intérim, cet intérim cannibale, n’est plus une option. Si nous ne faisons pas attention, ce sera dévastateur. Et les dégâts sont déjà là. Le risque est important de cliver profondément l’esprit d’équipe, qui est au cœur de la réussite de l’accompagnement des patients. La députée Stéphanie Rist (que je salue) a fourni légalement le cadre d’une récompense. Il est temps de le mettre en œuvre. Je compte sur nous tous pour trouver les voies, dans chaque territoire, de cette indépendance, pour ne pas dire de cette désintoxication. Pour ce faire, je nous donne un échéancier : à partir du printemps prochain, il ne sera plus possible de surpayer un intérimaire. Jusqu’à cette échéance, les situations à risque devront être identifiées dans les territoires, avec l’aide des agences régionales de santé et des élus, pour créer une solidarité utile entre établissements dans la mise en œuvre de cette transition. J’espère que le secteur privé prendra aussi sa part dans cette éthique collective, cela nous oblige tous ! Et comme les hôpitaux nous le demandent aussi, il ne sera plus possible, en quittant votre formation d’infirmier, de commencer temporairement votre pratique professionnelle. Une rentrée professionnelle est accompagnée, sécurisée, et la stabilisation des équipes soignantes dans nos services de santé est une priorité.

Tous ces projets, nous les réaliserons en concertation, pour nous assurer de répondre au mieux aux besoins de nos concitoyens.

Mesdames et Messieurs, je voudrais maintenant vous expliquer comment nous poursuivrons cette activité dans les mois à venir, dans le cadre du CNR.

Dès la semaine prochaine et jusqu’à la fin de l’année, l’exemple que la Sarthe nous a donné aujourd’hui sera suivi sur tous les territoires de France, en métropole comme à l’étranger. Citoyens, professionnels, élus et administrations se réuniront pour donner leur réponse aux quatre défis que nous devons relever de toute urgence pour améliorer l’accès aux soins des Français :

– Donner à chacun accès à un médecin traitant ou à une équipe soignante, et en particulier aux plus vulnérables d’entre nous, et soutenir l’exercice coordonné.

– Avoir une intervention d’urgence accessible partout, et de qualité. Pour ce faire, garantir la continuité des soins et la réponse aux besoins de soins non programmés.

– Mobiliser les leviers locaux d’attractivité des professions de santé.

– Créer une nouvelle alliance entre acteurs locaux pour que la prévention entre réellement dans le quotidien de tous les Français.

Au-delà de ces numéros « imposés », il y aura bien sûr la possibilité de numéros « gratuits ». Comme je l’ai dit, s’il y a des impératifs sur lesquels on ne peut plus transiger, il y a aussi des enjeux propres à chaque territoire. Je transmettrai la semaine prochaine aux directeurs généraux des Agences Régionales de Santé les modalités que nous leur proposons d’adopter, avec les préfets, pour entamer sans tarder ces concertations, sur l’ensemble du territoire, en étroite collaboration avec les élus et avec le soutien. du réseau d’assurance maladie.

Adaptation aux territoires, différenciation, ce ne sont pas que des mots. Nous l’avons tous vécu, partout en France, pendant la crise sanitaire. Ce n’est pas le même schéma qui a été déployé non plus pour la coopération ville-hôpital, pour le déploiement de la vaccination, pour les opérations « outside to ». En fonction des habitudes préexistantes, des dynamiques locales, des organisations adaptées et différentes se sont construites. J’espère que nous pourrons profiter de cette force d’initiative dans les territoires. Les directeurs généraux des agences régionales de santé ont déjà le pouvoir de déroger à certaines normes.

Une grande liberté d’organisation sera donnée, car fidèle à mes principes, je fais confiance aux acteurs locaux pour choisir les formules les plus adaptées. Cependant, j’aurai les plus hautes exigences sur le résultat de ce travail. C’est une occasion inédite d’évaluer toutes les expériences déjà existantes sur les territoires, d’imaginer de nouvelles solutions, d’identifier les verrous qu’il faut briser, d’exprimer de nouveaux besoins.

J’appelle tous les participants, qui, j’en suis sûr, se comptent par milliers, à assumer cette responsabilité, et je les remercie par avance du temps qu’ils prendront. Je leur dis toute ma confiance. Je prends ici l’engagement que le fruit de leur travail sera mobilisé pour nous aider tous à avancer sur le chemin de la refondation.

L’État soutiendra ces procédures lorsque cela sera nécessaire. S’agit-il de changer nos textes. S’agit-il d’organiser la diffusion nationale des initiatives pertinentes. Que ce soit pour accompagner la concrétisation effective sur les territoires de nouvelles collaborations.

Je t’ai dit que je faisais confiance au local. Mais je sais que pour avancer, il faut aussi ouvrir des chantiers au niveau national, trouver des accords sur les sujets les plus sensibles, faire évoluer notre droit, et pérenniser les outils mis au service des acteurs des territoires.

J’espère que, dans le cadre du CNR, on repousse les limites.

Dans le domaine de l’accès à la santé, je veux que nous « frappions la ligne » pour faire les percées que nous attendons depuis trop longtemps. J’ai toujours préféré les percussions au frame-overflow (les fans comprendront…)

D’abord sur les inégalités territoriales ou ce qu’on appelle désormais les déserts médicaux. Je le répète et je l’assume : je ne serai pas le ministre des promesses irréfléchies, car il n’y a pas de solution miracle. Il faudra attendre encore dix ans pour que les bienfaits de la fin du numerus clausus, mesure historique prise à l’initiative du président de la République après des années et des années de régulation aveugle de notre démographie médicale, nous permettent d’inverser . .

Mais je n’y renonce pas. Comme je l’ai dit, je souhaite que chaque Français trouve, s’il le souhaite, un médecin généraliste à l’issue du quinquennat ; surtout les plus fragiles d’entre eux. En particulier, je souhaite que les CPTS (Communautés Professionnelles Territoriales de Santé) se mobilisent sur cette question en priorité, avec le soutien de l’Assurance Maladie. Aider les personnes atteintes d’ALD (maladie de longue durée), les personnes âgées, les personnes handicapées, les bénéficiaires d’une complémentaire santé à trouver un médecin en priorité.

Nous devons mobiliser tous les leviers existants pour trouver du temps médical et accroître l’attractivité des territoires. Certaines solutions doivent être résolument accélérées : je pense notamment aux assistants médicaux, dont je souhaite porter le nombre à 10 000 d’ici 2025. On sait désormais qu’un assistant médical fait gagner du temps médical et donc environ 10% de patients en plus : autant de besoins. que nous rencontrons Je pense au développement d’exercices coordonnés dans les Ehpad, dans les communautés professionnelles de santé territoriales (par exemple), exercices coordonnés qui, on le sait, permettent d’attirer et de retenir des professionnels, y compris dans les territoires les plus fragiles. J’espère que l’ensemble du territoire sera couvert par le CPTS d’ici fin 2023, car c’est par cette organisation que nous gagnerons le défi de la responsabilité collective. Et je souhaite que tous les CPTS associent les établissements publics et privés sur leur territoire, sans concurrence stérile entre ville et hôpital. Parce que la ville et l’hôpital soignent les mêmes patients, et il est essentiel qu’ils en parlent, qu’ils travaillent ensemble.

Donner de l’espoir aux Français sur l’accès à la santé, c’est aussi mettre en jeu la solidarité des autres territoires avec ces déserts. Comme je l’ai dit, dans ce CNR en bonne santé, il faut rester lucide : il faudra faire avec les moyens dont on dispose. Si chaque médecin consacre un peu de temps au service des territoires fragiles, nous pouvons redonner l’accès à la santé à nos concitoyens.

Consultations poussées par des spécialistes, médecins généralistes, remplacés si nécessaire sur leur territoire d’origine quelques jours par an, dont un médecin assistant, dispositifs de recours via la téléconsultation… voilà autant de leviers que je souhaite accompagner et encourager. L’Etat ne pourra pas tout faire, les collectivités locales seront un partenaire précieux pour créer un environnement favorable à ces initiatives. Je pense notamment au sujet simple mais pourtant important des sites et de l’immobilier. Combien de médecins m’ont dit, par exemple, qu’ils étaient prêts à embaucher un assistant médical… mais sans bureau pour l’asseoir ? J’en appelle aux maires, pour qu’ils viennent à chaque fois soutenir ce type de projets. Je sais qu’ils le font déjà beaucoup.

Ce sera une des lignes directrices que je donnerai à l’Assurance maladie pour ouvrir des négociations contractuelles avec les représentants libéraux jusqu’à la fin du mois.

J’ai entendu dire que nous ne serions pas disposés à parier sur la médecine libérale dans ce pays ? Je vais vous dire, mon père, mon oncle, mon grand-père étaient des médecins généralistes… Je connais intimement la place qu’occupe la ville dans notre réponse aux besoins de santé. Je le sais aussi de l’emplacement de l’hôpital où j’ai pratiqué il y a quelques mois.

Nous sommes prêts à donner à l’Assurance Maladie les moyens d’investir dans cet accord. Mais les partenaires conventionnels devront s’impliquer : liberté et responsabilité, droits et obligations, revalorisation et considération. Quels que soient les termes utilisés, il y aura un équilibre à trouver pour progresser ensemble. Et j’ai l’espoir, et même la conviction, que nous le trouverons.

Ensuite, concernant la continuité des soins, j’utilise délibérément cette formule car je ne veux pas qu’on se concentre uniquement sur les périodes de garde. Le défi est qu’à tout moment de la journée, les citoyens peuvent trouver une réponse à une maintenance non planifiée. C’est pourquoi il me paraît indispensable de généraliser le service d’accès aux soins à partir de l’année 2023. Cela implique que, toujours dans la logique qui nous anime ici, tous les acteurs jouent leur rôle. Je ne veux pas imposer une formule toute faite, mais je demande que nous construisions ensemble un principe de responsabilité territoriale jour, nuit et week-end, et que nous le fassions vivre partout, sans aucune exception. Je demanderai rapidement à des professionnels reconnus de réaliser une mission qui se nourrira des propositions des ateliers territoriaux et qui accompagnera tous les territoires qui rencontrent des difficultés dans la mise en œuvre de leur projet. Ce n’est donc pas, là encore, un nouveau rapport dont nous avons besoin, mais un accompagnement, une aide pour AGIR.

Enfin, puisque chaque professionnel doit trouver sa place dans le tourisme de santé en fonction de la valeur ajoutée qu’il peut apporter, il faut, sans tabou, aborder la question du partage des compétences entre professionnels de santé. Soutenu par les travaux du Haut Conseil d’Avenir de l’Assurance Maladie, j’ai voulu faire confiance aux ordres pour formuler des propositions d’avenir, et je sais que les derniers échanges au sein du Comité de Liaison Inter-Ordres, le CLIO, commencent à bouger . les lignes Tout en garantissant bien sûr l’importance, la qualité des soins, la place centrale du médecin traitant, notre défi collectif est de libérer et de mieux répartir le temps de soins. Nous ne pouvons pas rester coincés dans la situation actuelle. Dans une logique de responsabilité partagée, chacun doit accepter de faire un pas vers l’autre et se demander, une fois de plus, comment mieux répondre aux besoins de nos concitoyens. Fidèle à mon engagement, je donne donc aux Ordres la possibilité de s’entendre, et de proposer des « mouvements » très concrets. Sinon, avec Agnès Firmin Le Bodo, nous prendrons nos responsabilités, car c’est ce qu’attendent nos concitoyens.

Je veux aussi que nous nous dépêchions de prendre de nouvelles mesures dans le domaine de la prévention. Si nous voulons faire face au scandale des écarts d’espérance de vie, dont j’ai parlé en introduction de mon discours, nous devons changer la façon dont nous menons notre politique de santé.

Avoir le souci constant de rapprocher nos concitoyens du système de santé, notamment ceux qui en sont le plus éloignés.

Avoir l’ambition d’inscrire la santé dans les réflexes quotidiens : la pratique d’une activité physique et sportive ; bien manger à tout âge ; bien dormir; bonne santé mentale dès le plus jeune âge; une hygiène bucco-dentaire exemplaire ; une forte inclusion sociale, élément essentiel pour un mieux vivre ensemble, dès l’école, où je souhaite que nous renforcions les compétences psychosociales des plus jeunes de nos concitoyens.

Saisir toutes les opportunités pour organiser des temps de prévention à tous les âges et dans tous les lieux de vie : à l’école donc ; à l’Université; sur le lieu de travail. Si j’en fais une priorité pour CNR Santé, c’est là encore que je suis convaincu que c’est par une alliance entre tous les acteurs que nous réussirons à changer la donne. C’est pourquoi je souhaite que le CNR Santé puisse nous aider à développer, jusqu’au printemps prochain, un pacte, une nouvelle alliance avec les acteurs de la prévention, et notamment les collectivités territoriales et les acteurs du monde associatif. . Nous déterminerons les termes d’une stratégie commune, les grandes priorités et les moyens que nous y consacrerons au cours des 5 prochaines années.

Comme je vous l’ai déjà dit, la prévention est un projet qui se concrétisera au niveau territorial, car je suis convaincu que c’est la meilleure façon de trouver des solutions qui entrent dans le quotidien des Français, notamment avec le soutien des collectivités locales. . Mais je crois aussi que certaines clés sont au niveau national, et c’est pourquoi nous soutiendrons ce pacte, pour nous donner les moyens de ce changement profond. En particulier, je souhaite que le futur contrat, qui liera l’Etat et l’Assurance Maladie, permette de mobiliser l’Assurance Maladie sur des objectifs prioritaires de prévention ; vacciner plus, mieux dépister, lutter contre l’obésité, agir pour la santé des enfants. Nous pouvons et nous devons le faire sur tous les territoires.

Ces ambitions ne seront pas pleinement couronnées de succès si nous ne nous impliquons pas plus résolument dans la lutte contre la persistance des inégalités sociales d’accès à la santé. Quand on a un handicap, quand on est en situation de précarité, c’est faux de dire qu’on a les mêmes ressources, et avouons-le, le même accès à la santé, les mêmes opportunités. Je pèse mes mots : nous n’avons plus à accepter cette aliénation de certains de nos concitoyens qui vivent « hors de la santé ». Pour cela, nous devons, tous ensemble, imaginer de nouvelles solutions.

Il faut repousser les limites de la santé pour rejoindre tous nos concitoyens qui ont des besoins spécifiques. C’est notre responsabilité, et elle est énorme. Cela s’applique à la prévention, au dépistage, aux soins et aux soins de suite. Nous allons donc consacrer, avec le ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Handicapés, Jean-Christophe Combe, un projet spécifique du CNR Santé à l’invention de nouvelles formes de ce qu’on appelle « aller à la française ». Une étape a été franchie dans la crise du Covid, mais nous n’avons pas encore eu tous les succès. N’abandonnons pas. En particulier, je suis convaincue que la médiation sanitaire, qui mobilise des professionnels non médicaux pour accompagner nos concitoyens, jeunes, fragiles, isolés, auprès des professionnels de santé, est au cœur de notre action collective.

Le troisième projet que je souhaite concrétiser est celui de l’attractivité des métiers. Vous avez été nombreux à l’évoquer lors de nos échanges depuis juillet, voire au cours de cette journée : la première chose que nous rencontrons est celle des ressources humaines. De ces professionnels, si précieux, qui soignent, qui accompagnent, qui organisent, qui font vivre notre système de santé, passant leur vie à prendre soin des autres. Ces ressources nous manquent, malgré tous les efforts déployés pour revaloriser les carrières et les rendre attractives, et je sais que c’est la principale source d’inquiétude pour beaucoup d’entre vous ici.

Sur ce sujet, il faut continuer à revoir l’ensemble du dispositif, depuis la détection des potentiels, leur accompagnement, en passant par la formation (initiale et continue), la professionnalisation, les carrières, la diversité des exercices. Notre ambition est de transformer les métiers et de construire de nouveaux cadres de pratique. Nous devons augmenter rapidement le nombre de ressources humaines disponibles et poursuivre nos progrès pour renforcer leurs capacités. Nous disposons déjà de nombreux outils que nous devons mobiliser collectivement dans les territoires.

Avec le Premier ministre et mes collègues des autres ministères, nous continuerons à renouveler la formation initiale pour attirer les infirmières dès la sortie du secondaire : nous veillerons à ce que les 13 500 places créées dans les instituts de formation par le précédent Gouvernement soient déployées selon le calendrier convenu. , et nous rouvrirons la discussion, notamment avec les Régions, sur le nouvel objectif à atteindre pour répondre aux besoins de demain. Il faut un vrai choc quantitatif, et une mobilisation nationale.

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