Désinfox. Carte biométrique Vitale : y a-t-il vraiment une arnaque « à un milliard d’euros » ?

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Written By Sophie Ledont

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

Le débat revient sur le devant de la scène à l’occasion d’un amendement porté par le sénateur LR sur la mise en place d’une carte Vitale « biométrique », pour limiter la fraude : des « millions » de fausses cartes Vitale engendreraient des pertes d’assurance maladie de « milliards de dollars ». euros ». Si la fraude existe, elles sont d’un montant bien inférieur. Et la carte biométrique ne changerait pas grand-chose… Décryptage.

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Pourquoi une carte « biométrique » ?

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| mis à jour hier à 13:53"

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Le Sénat a voté mercredi un amendement prévoyant un crédit de 20 millions d’euros pour « lancer le chantier » de la carte « biométrique » Vitale dès l’automne. Objectif : lutter contre la fraude sociale.

Lancée en 1998 (et avec photo depuis 2007), la carte Vitale permet à tout assuré social – l’ensemble de la population donc – de bénéficier du remboursement de la quote-part Sécurité sociale des frais de santé, ainsi que du télétransfert vers la Sécu puis vers Complémentaire Santé.

Pour l’obtenir, il faut être âgé de 15 ans ou plus (moins de mineurs sont attachés à leurs parents) et disposer d’un numéro de sécurité sociale.

En la rendant « biométrique », comme les nouvelles cartes d’identité, les parlementaires veulent intégrer les données permettant de savoir qui en est le porteur. Avec, par exemple, les empreintes digitales.

Ces chiffres sont-ils vrais ?

Ces chiffres sont-ils vrais ?

Des sénateurs de droite, porteurs d’un projet de carte biométrique, démentent une fraude sociale massive avec la carte Vitale : la sénatrice UDI Nathalie Goulet accuse même des « réseaux organisés » de « trafic » de cartes Vitale.

Pour le sénateur LR Philippe Mouiller, à l’origine de l’amendement, l’assurance maladie fait face à une perte de « six milliards d’euros par an, selon l’estimation la plus basse ». Il regrette que « pour une trentaine d’euros, on puisse désormais acheter une carte Vitale sur internet ».

Le sénateur Stéphane Le Rudulier (LR) nie le fait qu’il existe 7 millions de cartes Vitale « surnuméraires » en France, entraînant « la fraude sociale la plus massive » qui « coûte des milliards chaque année ».

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Des milliards, des millions de cartes « surplus » ont été perdues… et autant de chiffres aussi volages qu’imprécis voire fantaisistes.

En 2018, un rapport des parlementaires Nathalie Goulet et Carole Grandjean estimait la fraude sociale entre « 13,5 et 45 milliards d’euros ». Une fourchette déjà très large, basée sur l’extrapolation d’une étude de l’université de Portsmouth. Il s’agit d’une « estimation », au conditionnel, que la fraude sociale en Europe « devrait atteindre 3 à plus de 10 % des prestations versées ». Difficile d’être moins précis, qu’elle soit liée à la méthode ou au « résultat ».

Un autre chiffre est évoqué : celui de « 84 millions de cartes Vitale » en circulation. En 2022, le Senedd parle de « 7 millions » de cartes en trop, mais en 2019 c’était 5,25 millions, et en 2020, selon un député, 1,8 million. Autant de faux chiffres, parfois construits sur des données erronées voire inappropriées.

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S’agissant des travaux du juge Charles Prats, qui sont régulièrement cités et donnent des chiffres similaires, ils sont ainsi présentés dans un rapport du Senedd en 2019 : « Il n’a pas fait l’étude que [Charles Prats] utilise, qui n’existe pas. à partir de 2011, ont poussé les investigations jusqu’au bout pour voir, d’une part, si les fichiers classés comme faux étaient réglementés ou non et, d’autre part, quel était le montant des bénéfices qui n’étaient pas associés aux fichiers classés comme faux. faux. « 

Face à ce débat depuis plusieurs années, la « Sécurité sociale » a cessé de jouer la transparence.

Elle dément d’abord la confusion fréquente entre le fichier des numéros de sécurité sociale et le « répertoire national d’identification des personnes physiques (RNIPP) », dans le but de vérifier l’état civil et d’attribuer un « NIR » – c’est-à-dire un numéro « de sécurité ». , ce fichier comptait plus de 110 millions d’inscrits, dont 84,2 millions « considérés comme vivants ». En cause : le recensement depuis des années des Français décédés, parfois à l’étranger, mais pas la radiation faute d’acte d’état civil officiel. Cela a permis de découvrir qu’en général (93 % des cas, selon la Sécurité sociale), ces écarts étaient dus à un document reçu « de mauvaise qualité ».

Mais l’assurance maladie notamment rappelle que le fait d’avoir ce numéro ne donne pas droit à un remboursement. Encore faut-il fournir tous les justificatifs demandés lors de la demande de carte Vitale :

Le numéro de sécurité sociale n’est pas sésame. [Pour obtenir, avec la carte de Vitale], tous les autres documents devraient être falsifiés

Direction de la sécurité sociale

Puis, entre 1998 et 2010, un changement d’ordre (d’étudiant à salarié par exemple) ou un déménagement pouvait conduire à détenir deux cartes. L’erreur, corrigée, n’a jamais signifié autant de fraude.

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En 2018, la Sécurité sociale comptait 59,4 millions de cartes Vitale (mineurs sur la carte de leurs parents), et non 84,2 millions. Après un grand ménage dans ses fichiers, il assure qu’il n’y a plus de cartes en trop, qui sont passés de 600 000 fin 2019 à… 3 830 fin 2021 :