Deux femmes construisent leur « maison de paille » à Ambert (Puy-de-Dôme)

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Written By Sophie Ledont

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

Tout a commencé par un coup de cœur pour le Livradois-Forez, ses reliefs et ses habitants. Après les vacances en Auvergne, c’est à Ambert, au lieu-dit Combris, sur un terrain de 3 300 m², que Roxanne et Charline ont décidé de construire leur « maison de paille », comme elles l’appellent.

La construction, déjà très avancée, ne ressemble à aucune autre dans la région. Dans la maison de Roxanne et Charline, pas de brique ni d’acier, mais du bois, de la paille et de la terre.

Le chantier a démarré en mai 2022 à Ambert.

Habitat passif et autonome

« On utilisait des techniques traditionnelles qui ne se font plus. J’ai la chance d’avoir un père plutôt doué de ses dix doigts. C’est lui qui a pensé à tout, coupé et assemblé sur place », sourit fièrement Roxanne. Loïc, le patron du père, n’est pas dans sa première maison. Il en a construit quatre de A à Z. « Il vit dans une maison quasi passive qu’il a lui-même conçue », explique sa fille.

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Loïc, père et directeur du site de Roxanne, a une longue expérience dans l’auto-construction. Le reste de l’année, il est secouriste en Savoie.

Pour être le plus autonome possible sur le plan énergétique, le couple a « tout misé sur l’isolation ». Une double charpente a été érigée, selon deux méthodes spécifiques : poteau-poutre et tenon mortaise. La première consiste à installer des poutres horizontales sur des poteaux verticaux. Le second est un système d’assemblage sans fixation. « C’est comme des pièces de puzzle, tout s’emboîte », décrit Roxanne.

Roxanne (à gauche) travaille au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et Charline est éducatrice spécialisée auprès d’enfants autistes.

Les murs seront surélevés avec la technique du greb qui repose sur la construction de deux murs entre lesquels l’isolant en paille sera glissé. Une légère couche de mortier sera appliquée pour consolider et renforcer. Les futurs résidents ont l’intention de s’équiper d’un poêle à bois. Un système tout-en-un, combinant cuisinière, chauffage et chauffe-eau.

Sur le toit de la maison, les tuiles, tout juste posées, ressemblent à celles des autres maisons du village. « Il faut respecter le plan d’urbanisme local, qui ne nous permet pas de mettre de l’ardoise par exemple. »

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Pendant la construction, les propriétaires et les bénévoles ont planté leurs tentes sur le sol.

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Un chantier de bénévoles

Depuis le début du chantier en mai, de nombreux bénévoles sont venus apporter leur pierre à l’édifice. Ou plutôt sa paille. Jusqu’à dix volontaires étaient présents simultanément. Parmi eux, deux profils. « Il y a des gens qui viennent apprendre à construire leur maison, comme nous, mais aussi des professionnels, qui veulent voir d’autres techniques, acquérir de l’expérience », expliquent les deux femmes. Les constructeurs ont pu compter sur l’aide du voisinage.

On nous a prêté des échelles, de l’électricité… Les gens sont très curieux, ils s’arrêtent pour voir l’avancée du chantier. Ils sont très heureux de voir une initiative un peu différente, menée par des femmes.

Luc est bénévole sur le chantier de « la maison de paille ».

Si l’auto-construction est de plus en plus courante, pour Roxanne, « il y a une réalité climatique qui pousse les gens à se remettre en question. Avec Charline, ils sont convaincus de l’importance d’être indépendants et de savoir faire leur lieu de résidence. aussi une réappropriation de certains savoirs perdus. Et c’est toujours bien de savoir vraiment ce qu’il y a dedans. Parce qu’une maison, on y passe beaucoup de temps », ont-ils convenu.

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Roxanne et Charline ont choisi des matériaux naturels et locaux. Un budget qu’ils estiment à 150 000 euros. Plus important, dit-on, que pour une maison traditionnelle, mais plus durable.

Avant de vivre dans leur cocon de paille, Roxanne et Charline ont encore du boulot. La première séance de travail sera bientôt terminée. L’objectif à court terme : finir le gros œuvre pour que la maison soit hors d’eau avant fin septembre. Le chantier reprendra l’été prochain et le couple prévoit d’emménager d’ici un an.

Le relief du paysage a été un critère décisif pour le choix du terrain de la future maison.

Contact : Little Straw House est sur Instagram : @lezbuiltit