Elingez les paquebots de croisière à Marseille

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Written By Sophie Ledont

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

30 juillet 2022 à 9h40,

Mis à jour le 3 août 2022 à 10h05

Eau, rivières, océans

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Pollution

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Deux millions de croisiéristes se croisent à Marseille chaque année. L’omniprésence des paquebots qui les transportent et la pollution causée par ces navires ont fini par provoquer un fort rejet dans la ville de Marseille.

Une pétition contre la pollution en Méditerranée lancée le 21 juillet par le maire de Marseille, Benoît Payan, qui a déjà recueilli 44 000 signatures ; le plus grand paquebot du monde, Wonder of the Seas, empêché d’accoster avec ses 6 000 passagers pendant plus d’une heure par le collectif Stop Cruises le 14 juin. A Marseille, la prolifération des paquebots de croisière, aux silhouettes massives qui dominent l’horizon à toute heure du jour et de la nuit, agace.

Une exaspération exacerbée à l’heure où se mêlent pic de chaleur et mesures de restriction, comme la circulation différenciée en centre-ville, mise en place par le maire des Bouches-du-Rhône. En 2019, 1,8 million de croisiéristes se sont rencontrés dans le principal port français de cette zone, qui a enregistré 497 escales, selon les données du Club de croisière Marseille Provence. Au niveau national, leur nombre a doublé en dix ans.

Dans la pétition, Benoît Payan réclame l’interdiction des escales des bateaux les plus polluants lors des pics de pollution. Elle demande également à l’Organisation maritime internationale (OMI) d’agir rapidement pour réduire les émissions de soufre des navires et souhaite que la réduction des autres émissions polluantes, notamment les oxydes d’azote, soit inscrite sans tarder à l’agenda international.

Le maire demande donc à l’Etat d’engager des négociations avec ses homologues méditerranéens pour la création « urgente » d’une zone ECA en Méditerranée, zone dans laquelle des normes d’émissions plus strictes sont imposées aux navires. Enfin, la mairie demande une étude épidémiologique des quartiers riverains du port par l’Agence régionale de santé.

Dans une interview au quotidien Le Monde publiée le 25 juillet, Benoît Payan assure qu’il entend « participer à hauteur de 10 millions d’euros au plan Escales Zéro Tabac, dans lequel le président de la région, Renaud Muselier, a déjà investi 30 millions d’euros (pour Marseille, Nice et Toulon), mais qui ne devrait pas être achevé avant 2025 pour les jetées réservées aux croisières ».

Avec sa pétition et ses demandes à l’OMI et à l’Etat, la Mairie de Marseille, coalition de gauche, mène depuis son élection en 2020 ses actions contre la pollution de l’air due au transport maritime. an que Marseille a coupé ses subventions au lobby de la croisière (le Club de la Croisière Marseille Provence) », explique Sébastien Barles, adjoint au maire de Marseille chargé de la transition écologique. Pour l’élu, la pétition est « un moyen de mobiliser les citoyens mais aussi les autres maires de la Méditerranée pour qu’il y ait une demande croisée de pression sur l’OMI ».

« C’est aux armateurs de payer ! » »

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