Enfin, à l’hôpital, le bilan de l’été a été mitigé. Et c’était inattendu !

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Pas de syncope, mais encore des sueurs froides : Si le gouvernement se contente d’avoir évité « la catastrophe annoncée » aux urgences, sur le terrain, les soignants « épuisés » craignent déjà un automne « très compliqué ».

7 septembre 2022 – 14:32, mise à jour 12 octobre 2022 – 18:54.

Le pire n’est jamais certain, mais au CHU de Rennes, l’été a été « pire que les précédents, comme on s’y attendait ». Chef des urgences à l’hôpital principal d’Ille-et-Vilaine, le professeur Louis Soulat sait qu’il est passé tout près, avec quatre services d’un même service « fermés en même temps pendant la nuit », un bond de 30% des appels au Samu en Juillet-août et « deux fois plus » de lits fermés pendant les congés du personnel.

Tant bien que mal, avec le renfort des étudiants et un effort des cliniques privées, « les urgences ont duré », dit-il.

Mais « on ne peut pas non plus dire que ça s’est bien passé », renchérit son collègue Vincent Bounes, patron du Samu de Haute-Garonne, où « c’était la première fois qu’on devait faire face à la fermeture de services dans de nombreux établissements, parfois pour une durée entière ». la semaine ».

Même le CHU de Toulouse a dû décider de n’accepter les « urgences vitales » que certains soirs, en raison d’une grève des soignants réclamant plus de personnel. Heureusement, le flux de patients s’est tari mi-juillet, en partie grâce à une septième vague de Covid qui a augmenté moins que les précédentes, note-t-il.

Un peu de chance et beaucoup d’huile de coude, donc. Le ministre de la Santé, François Braun, rappelle surtout que « la catastrophe annoncée ne s’est pas produite » et souhaite voir l’effet de sa « mission éclair » se dérouler en douceur juste avant son entrée au gouvernement au tout début du mois de juillet.

Ainsi, l’augmentation des appels au Samu « de l’ordre de 20% » au niveau national, selon lui, montre que la consigne officielle « d’appeler le 15 avant de se déplacer » a porté ses fruits et que « ce message est passé ».

« La diminution des visites aux urgences » provoquée par cette réglementation « est plutôt un bon signe », a-t-il confirmé aujourd’hui lors des universités d’été de la Fédération hospitalière française (FHF), reconnaissant également que l’été « n’a pas été facile » pour les soignants.

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« Il y a un fossé entre la communication du ministre et la réalité »

« Il y a un changement de perception chez certains patients », plus conscients de « la nécessité d’une régulation médicale », confirme le professeur Karim Tazarourte, chef du Samu de Lyon, convaincu qu’il faut souligner ce point et « marteler qu’il ne faut pas n’hésitez pas à demander un avis avant de vous rendre aux urgences ».

Mais à l’autre bout du fil, « la pénibilité du travail s’est accrue » pour les soignants et les délais de « récupération » sont « beaucoup plus longs », mettant « en danger les personnes qui appellent aux urgences », dénonce Gilbert Mouden, anesthésiste et élu Sud -Santé au CHU de Bordeaux, qui fait état d’un pic de 35 demandes simultanées.

« Il y a un décalage entre la communication du ministre et la réalité », confirme la CGT-Santé, qui observe que « les 15 centres sont débordés, le personnel est épuisé » et « les services d’urgence ferment de manière inopinée (…) y compris dans les grands villes ».

Les syndicats viennent saisir la justice : Comme à Laval mi-août, la semaine dernière un signalement a été transmis au parquet de Bayonne, pour mise en danger de salariés et de patients. « Si un jour l’un d’entre nous est mis en cause, la justice aura été prévenue de ce qui se passe », explique Patrick Cazalis, délégué Unsa de l’hôpital basque.

« Des drames, ça a été, comme tout le temps », pointe Marie-Pierre Martin, présidente du Collectif Inter-Urgences, qui voit « toujours des patients qui restent 24, 48 heures ou plus, traités en mode dégradé juste parce que ‘ ce n’est pas certains endroits d’autres endroits ».

La situation est encore précaire. « Les lichens sont tordus » et « très fragiles », souligne le Dr Marc Noizet, chef des soins d’urgence à Mulhouse et successeur de M. Braun à la tête de l’association Samu-Urgence de France. Il prédit déjà « une rentrée très compliquée », et espère « des signaux forts dès cette rentrée » pour éviter que « les services de la personne ne se retrouvent dans des difficultés encore plus grandes ».

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