Haute-Loire : la hausse du prix des matériaux complique la construction de maisons

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Written By Sophie Ledont

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

Comme beaucoup dans la profession, cet agriculteur qui souhaite garder l’anonymat a fait les frais de la hausse du coût des matériaux de construction qui a duré plusieurs mois. Il se retrouve désormais avec un bâtiment inachevé d’une superficie de 325 m2, qui aurait dû lui permettre de ranger ses affaires. Le chantier n’est pas encore terminé et il ne cache pas son inquiétude pour l’avenir : « Le Trésor va dans le rouge, donc tant que les paiements ne baisseront pas, les travaux n’avanceront pas ». Lorsqu’il décide de concrétiser son projet, c’est avec un devis en main et un prêt finalisé qu’il le lance en 2021, confiant.

Quand j’ai signé la commande, ils m’ont annoncé une majoration de 9 000 euros sur le cadre ! Je devais continuer de toute façon. Mais dans l’atelier que je voulais installer au sol, le coût du parquet OSB a doublé par rapport au devis ! Je n’ai donc pas fait ce travail. Et les 9 000 euros de surcoût m’ont fait reporter les travaux d’électricité. Heureusement, c’était un bâtiment en bois, mais en acier, ça coûtait le double et j’ai dû abandonner le projet ! En fait, c’est ce qui est arrivé à de nombreux agriculteurs.

Selon les professionnels du secteur, la principale inquiétude est observée chez les porteurs de projet qui n’ont pas pris de contrat pour la construction de maisons individuelles. Ce dispositif a été conçu pour protéger les consommateurs par, notamment, la livraison au prix et dans les délais convenus. En d’autres termes, les particuliers qui sont entrés sur un chantier de construction sans CCMI ont subi le fardeau de multiples augmentations de prix.

Ils ne peuvent pas faire un second emprunt et sont bloqués avec une maison non finie

Un constructeur de maisons individuelles du Puy-en-Velay souligne que le Crédit Agricole avait cette année « beaucoup de clients » qui construisaient eux-mêmes, c’est-à-dire en maîtrise d’ouvrage, qui devaient ouvrir tous leurs crédits avant – la fin. de leur construction, et qu’ils se retrouvent sans argent pour achever leur construction. Ils se retrouvent dans une situation complexe, car ils ne peuvent obtenir un deuxième prêt et ils sont coincés avec une maison inachevée, en plus de devoir payer le loyer. En effet, à l’heure actuelle, les banques ont tendance à freiner sur les deux pieds pour financer la maîtrise d’ouvrage ou à demander systématiquement la signature d’un contrat de construction. En revanche, ceux qui ont pris CCMI avec un constructeur ont bénéficié de prix fermes et définitifs jusqu’à la fin du chantier : « Ce qui s’est passé dans notre cas, avec des clients très contents, puisque c’est nous qui avons absorbé les augmentations », explique Didier Bost, directeur général de la Maison du Velay. On dit que le coût total de construction d’une maison a augmenté ces derniers mois de 18 à 22 %. Grâce à ce dispositif et contrairement à ce que l’on pourrait penser, la construction de maisons individuelles a augmenté en 2021 (+25,8% selon le ministère de la Transition écologique). Et la tendance semble se poursuivre :

Nous n’avons jamais eu autant de contrats. Grâce aux banques demandant des CCMI, les personnes qui songeaient à se lancer dans la maîtrise d’ouvrage (le faire eux-mêmes, ndlr) se sont rendus compte que cela ne coûtait pas plus cher de passer par un constructeur, avec des prix fixes, une assurance chantier, dommages. assurance et garantie de livraison.

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La Maison du Velay va quasiment doubler le nombre de ses contrats cette année. Dans un exercice traditionnel, le constructeur compte en moyenne 10 cas. A l’heure actuelle, 16 ont déjà été signés, le 17 devrait l’être en novembre et beaucoup sont en cours jusqu’à la fin de l’année. Le prix moyen des maisons, auparavant autour de 200 000 euros, a bondi de 30 000 voire 35 000 euros, sans compter l’achat de terrain. De la part du Syndicat interprofessionnel des artisans du bâtiment, la prudence était également de mise et les entrepreneurs ont dû réduire leurs marges pour respecter leurs engagements. « Évidemment, nous ne sommes pas concernés par les chantiers qui ne sont pas achevés en raison de l’augmentation des coûts », a déclaré Thierry Grimaldi, président de la Confédération des métiers et des petites entreprises du bâtiment de Haute-Loire (Capeb 43). « Lorsque les artisans démarrent un projet, le prêt est accepté à la banque et les devis sont finalisés. Lorsque vous travaillez avec des particuliers, vous devez respecter le devis qui a été signé au préalable. » Autrement dit, dans la mesure où les devis ne sont pas révisables, les entreprises de métiers ont exécuté les travaux au prix fixé au départ, et ont réduit leur marges : « Pendant plusieurs mois, on a perdu de l’argent. On s’est adapté, notre cou », poursuit Thierry Grimaldi.En revanche, c’était beaucoup plus supportable sur les marchés publics, avec des devis qui faisaient l’objet d’un réexamen.

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Nous n’avons pas eu de projet arrêté

L’impact a été plus important du côté des particuliers qui travaillaient avec un cabinet d’architecture : « Ici, les projets sont au niveau de l’architecte, du permis de construire et de la concertation. Cependant, lors de la consultation, il s’est avéré que les prix avaient augmenté de 30 % pour diverses raisons. On peut parler d’environ 15 % pour les matériaux et 15 % pour les nouvelles normes. Du coup, les porteurs du projet se sont retrouvés en difficulté et incapables de financer. Bien des fois ce sont des projets, pour ainsi dire, étouffés dans l’œuf et qu’on ne les a pas vus aboutir », conclut le président de la Capeb 43. Justement du côté des architectes, selon les cabinets, les difficultés qu’ils ont eues étaient insignifiant : « Nous avons enfin quelques cas qui ont diminué. Les personnes qui font appel à un architecte font souvent partie des catégories socioprofessionnelles les plus riches et financièrement, passe. Bien sûr, quand les coûts augmentent, ils se plaignent, mais ils ont les économies pour faire face », témoigne-t-on à l’agence Berger-Granier architectes : « Nous n’avons pas fait arrêter un projet car les travaux coûtaient plus cher. Habituellement, ce qui peut arriver, c’est que les gens arrêtent l’artisan là où ils peuvent le faire eux-mêmes, comme les plaques de plâtre ou la peinture. »

Cédric Dedieu et Nathalie Courtial