Hôpital : la réponse à la crise des urgences se fait attendre depuis longtemps

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Ils parlent d’une seule voix, mais ne représentent pas l’ensemble de la profession. Les médecins hospitaliers et libéraux qui ont tenu mardi une conférence de presse pour présenter leurs solutions coordonnées à la crise des urgences, dans une démarche inédite, n’ont pas été suivis par l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) à Patrick Pelloux. Dans un communiqué publié mercredi, le syndicaliste met en garde contre la possibilité « d’une rupture du service public qui mettrait la population en danger », si leurs solutions sont adoptées.

Cette polémique intervient alors que la mission Braun devait présenter mardi ses propositions de sortie de crise. Mais l’installation du nouveau montage et l’émergence de la septième vague de Covid ont retenu l’attention. La porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire a expliqué ce mercredi matin sur BFMTV que la rencontre d’Elisabeth Borne avec le médecin urgentiste François Braun jeudi matin n’aboutirait pas encore à des annonces, et qu’il faudra plutôt attendre vendredi. , jusqu’à lundi.

Appeler d’abord le 15

Pendant ce temps, les hospitaliers en sont réduits aux conjectures, avec une ministre de la santé sur le point de partir après sa défaite aux législatives et en l’absence de projet clair du président réélu de l’hôpital. Amuf soupçonne la mission Braun de vouloir étendre la réglementation médicale sur tout le territoire avant l’accès aux urgences.

C’est d’ailleurs l’une des idées de la plate-forme commune aux médecins libéraux et hospitaliers qui a été transmise à la mission. Vous devez appeler le 15 avant de vous rendre à l’hôpital, sinon vous trouverez la porte fermée – sauf en cas d’urgence manifeste (accident de la route, infarctus, etc.)

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Baisse de la fréquentation au CHU de Bordeaux

Cela se pratique déjà au CHU de Bordeaux. Alors que le manque de personnel provoque un certain nombre de dysfonctionnements dans les services d’urgence, l’équipe a décidé de fermer les portes la nuit et de n’ouvrir qu’aux patients filtrés par la réglementation du centre 15. Le résultat a diminué de 25% à 30%, avec 115 passe par jour au lieu de 150, selon la direction, satisfaite de cette réforme.

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– Les collègues voient que nous dégradons le système de santé publique en fermant le service des urgences. Si on oblige les patients à appeler le 15, le Samu va s’effondrer, il y aura des morts, répond Christophe Prudhomme de l’Amuf. A ses yeux, le vrai problème, ce ne sont pas les 80% de patients qui viennent aux urgences « seuls », et qui peuvent être pris en charge par des « voies rapides », voire des « maisons de garde ». hospitalisés : ce sont les 20 % de patients qui doivent être hospitalisés et pour lesquels il n’y a pas toujours de lit, que ce soit aux urgences ou dans d’autres services.

Revalorisation des gardes

Le gouvernement est attendu au tournant sur deux autres sujets. Premièrement, il y a une revalorisation des devoirs et de la durée des soins, ainsi que des « soins non programmés » dans la ville. L’Assurance maladie, qui était invitée à la réunion de Matignon jeudi, doit cependant tenir le grain à moudre pour sa négociation conventionnelle avec les médecins libéraux, à l’automne.

De plus, les responsables hospitaliers exigent que les soins permanents systématiques soient imposés aux médecins privés. Dans leur plateforme commune, les médecins de la coalition se contentent de prôner une extension de cette tâche à « toutes les spécialités médicales », « sur le principe de la responsabilité collective et coordonnée », « en début de soirée et le samedi matin », sans engagements.

Amuf souligne que même à l’hôpital tout le monde ne joue pas le jeu, les rotations retombant systématiquement sur les internes, les praticiens étrangers, les urgentistes, les réanimateurs, les radiologues et les chirurgiens.