La Chine relâche la pression sur ses géants du web en faveur du Covid-19

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Written By Sophie Ledont

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

La politique zéro covid met l’économie chinoise en difficulté. Photo: Pexels

Incroyable, mais vrai : Pékin est prêt à se détendre, ou du moins à ralentir l’arrivée de nouvelles réglementations contre ses géants du numérique. Cette décision est liée à la stabilité économique de la Chine, mise à mal par la situation sanitaire qui y règne.

Chacun devra faire un pas vers l’autre

Le Politburo, l’organe décisionnel suprême du Parti communiste chinois (PCC), s’est réuni sous l’égide de Xi Jinping le vendredi 29 avril. Ce sommet vise à prendre des mesures pour parvenir à une croissance de 5%, malgré la limitation totale ou partielle de 19 provinces, de 180 millions d’habitants, dont les 26 millions d’habitants de Shanghai.

Parmi ces décisions, celle d’assouplir pendant 18 mois le harcèlement réglementaire des géants du numérique. Pékin a annoncé qu’il encouragerait le « développement sain » des plateformes Internet.

En parallèle du Politburo, le South China Morning Post a révélé l’organisation prochaine d’un symposium qui réunira l’Administration chinoise du cyberespace, potentiellement Xi Jinping personnellement et Alibaba, Tencent, Meituan, ByteDance, autour d’une même table…

Cette rencontre devrait avoir lieu à la fin des vacances qui accompagnent la fête du travail en Chine, après le 4 mai. Pour les autorités, le cadre actuel ne pouvait plus évoluer, du moins pour un temps. Des mesures récentes, telles que la limitation du temps d’exposition des jeunes Chinois aux applications, pourraient être suspendues. Des amendes pourraient suivre, une bonne nouvelle pour Tencent, immédiatement menacé.

En retour, Pékin attend autre chose de ses géants du numérique. Soutien à court terme à l’économie. Par exemple, en lien direct avec la pandémie, ils sont invités à distribuer des bons de consommation pour les populations confinées. Le gouvernement local de Shenzhen a commencé à collaborer avec Meituan et JD.com.

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Le Wall Street Journal comprend également que Pékin souhaite obtenir 1% des actions de ses principales sociétés du web et un rôle dans la décision. ByteDance et Weibo, l’équivalent chinois de Twitter, l’ont déjà fait, Tencent et Meituan devraient les imiter.

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Pour les autorités, l’intérêt est évident : il s’agit de veiller à ce que leurs directives soient bien respectées. Pour les entreprises, l’accord a aussi un avantage, celui d’avoir une vision plus fine des changements d’orientations politiques et donc réglementaires du gouvernement.

Un argument qui peut rassurer les investisseurs devenus prudents depuis que la Chine s’est emparée du secteur technologique. Des milliards de dollars en valeur ont été perdus en 2021 sur les bourses de New York et de Hong Kong pour cette dernière.

Selon un rapport de l’Académie chinoise des technologies de l’information et de la communication, les entreprises numériques chinoises ont levé 3,51 milliards de dollars au premier trimestre 2022, un an plus tôt, le chiffre était de 15 milliards de dollars, soit 76,7 % de moins. Vendredi 29 avril, suite à ces différentes révélations, le cours de bourse d’Alibaba a augmenté de 15,7%, celui de Tencent de 11,1% et celui de Meituan de 15,5%.

Le 16 mars, dans une déclaration du Conseil d’État, le vice-Premier ministre Liu He a appelé à une réglementation technologique « transparente et prévisible ». Au-delà des considérations liées au Covid-19, Xi Jinping pourrait apporter une certaine stabilité économique pour briguer un éventuel 3e mandat lors du 20e Congrès du PCC en novembre 2022.