La Chine veut le droit de scruter les algorithmes de ses géants de la tech

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Written By Sophie Ledont

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

Encore faut-il avoir les moyens de comprendre les algorithmes… Image : Macau Photo Agency / Unsplash

De nouvelles réglementations chinoises sur ses géants de la technologie devraient être publiées le 1er mars. Il vise à réglementer l’utilisation des algorithmes de recommandation envers les utilisateurs et les lois chinoises.

Après les données, les algorithmes

La Chine poursuit son travail de régulation du secteur numérique entamé en 2021. Après la protection des données des utilisateurs, avec la loi PIPL, les réglementations antitrust, les mesures pour limiter les introductions en bourse à l’étranger, Pékin se tourne désormais vers les algorithmes.

Le projet de règlement vise à limiter le pouvoir des recommandations algorithmiques : elles ne pourront pas promouvoir des contenus qui violent la loi chinoise, elles doivent être transparentes sur leurs principes et objectifs de base, et favoriser la protection du public vulnérable contre la fraude. Des licences seront requises pour les algorithmes d’information et il sera interdit de promouvoir de fausses informations ou des informations qui déplairont à Pékin.

La loi vise également à donner aux utilisateurs le contrôle de ce qu’ils voient affiché dans le flux de leurs réseaux sociaux préférés, agrégateurs de contenu ou sites de commerce électronique. Ils pourront sélectionner et supprimer les balises utilisées pour proposer des suggestions ou tout simplement refuser de se « soumettre » aux conseils algorithmiques.

Ces mesures s’accompagnent d’un devoir de transparence des plateformes vis-à-vis de leurs utilisateurs. Ils devront les informer sur les principes, les objectifs et les mécanismes de base de l’algorithme.

Alibaba et Tencent, les deux entreprises numériques les plus puissantes du pays, devront probablement permettre aux régulateurs de Pékin de mettre le nez dans leurs précieux algorithmes pour se conformer à la loi. En cas de non-respect, des sanctions allant de 10 000 yuans, soit environ 1 385 euros, à 100 000 yuans, 13 852 euros sont prévues.

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Pékin pourra-t-il vraiment faire appliquer sa réglementation ?

Selon Ziyang Fan, responsable du commerce numérique au Forum économique mondial, c’est l’un des défauts d’un texte ambitieux : la réticence des entreprises à jouer la carte de la transparence sur la véritable source de leur valeur et les difficultés pour les régulateurs à comprendre ce est là, est devant eux.

Ziyang Fan a expliqué à CNBC, qui a identifié l’information : « Comme ces règles sont assez étendues et techniques dans certains domaines, ce sera un processus d’apprentissage tant pour les forces de l’ordre que pour les entreprises, qui auront la responsabilité principale du respect de ces règles ».

Les géants de la technologie chercheront probablement un moyen de contourner les nouvelles réglementations pour éviter que leur modèle économique ne soit vraiment impacté. Cela peut intéresser leurs homologues occidentaux. Alors que le Digital Services Act touche à sa fin, l’Union européenne souhaite également mieux contrôler les algorithmes des principales plateformes.