L’art animalier au service des espèces menacées ⋆ Animal Science

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Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

”On se sert des couleurs, mais on peint avec les sentiments ”

Amoureuse profonde de la nature, dont j’ai besoin d’être entourée viscéralement pour trouver mon équilibre, j’ai toujours observé, photographié, dessiné et peint des animaux d’aussi loin que je me souvienne. Un peintre du 18ème siècle disait : « Nous utilisons des couleurs mais nous peignons avec des sentiments ». Cette citation décrit parfaitement le processus créatif tel que je le vis et le conçois. En fait, chacun de mes tableaux reflète l’émotion qui m’a apporté le temps d’un regard, d’un émerveillement, d’une colère, d’une question… Je suis toujours à la recherche de symboles qui font écho à ce que je mets en image en observant tout ce qui m’entoure. Et ce sont ces symboles que je peins.

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Me spécialiser dans l’art animalier m’est ainsi venu de manière complètement naturelle

Quand je peins un animal, ce n’est pas seulement parce que je le trouve beau, ou parce que je suis attiré par le défi de le représenter de manière personnelle… c’est aussi parce que les animaux ont cette particularité d’être remplis de symboles. Certains, universels; d’autres, plus personnels à chacun de nous. Sa pose, son regard, son expression, rien n’est choisi au hasard dans mes tableaux. Je peins presque exclusivement des animaux que j’ai effectivement rencontrés, avec qui « il s’est passé quelque chose ». En les observant longuement, il y a une interaction dans les regards, des émotions que je capte en prenant des photos si possible, pour pouvoir les travailler. Mais mon but n’est pas de créer une illustration narrative qui raconte sans vergogne mon histoire. La symbolique animale n’est que mon exutoire créatif. J’essaie toujours de laisser suffisamment d’ouvertures, suffisamment de niveaux de lecture, jusque dans les titres de mes œuvres, pour que mes images aient leur propre vie, et qu’elles racontent leur propre histoire aux personnes qui les regardent.

Originaire de Suède, et après avoir grandi dans plusieurs pays, puis passé vingt-cinq ans en Ile-de-France, je me suis installé dans le Lot il y a bientôt six ans. J’y ai trouvé une paix que je n’avais connue que dans l’archipel suédois de mon enfance. Dans ce pays du Quercy, où biches et chevreuils croisent chaque jour votre chemin, où les cerfs chanceux voient, même des cerfs, où chèvres Angora, ânes, chevaux, vaches et alpagas paisiblement dans les prés bordant les chemins – sans oublier le magnifique Caussenard moutons – où les observateurs voient des blaireaux, des sangliers, des renards, des lapins, des belettes et une foule d’autres animaux fascinants, l’inspiration artistique pour moi est à son comble ! Chaque balade est un bonheur ! Chaque chemin présente sa magie animale, qui change selon l’heure de la journée, la météo, la saison et donc nous redécouvre et nous surprend sans cesse !

Les espèces menacées

En m’installant dans ma nouvelle région, j’ai aussi la chance de découvrir des parcs animaliers dont le travail consiste à œuvrer à la préservation des espèces menacées (La Réserve Zoologique de Calviac, Le Parc Animalier de Gramat, etc.). J’y ai rapidement trouvé des cadres idylliques pour observer, apprendre et créer ! Professeur d’aquarelle depuis plus de dix ans, j’y organise même des ateliers. Une collaboration s’est alors progressivement créée avec le Parc Animalier de Gramat, et surtout autour des espèces qu’il conserve en concertation avec les milieux scientifiques et universitaires.

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Créé en 1980, ce parc est géré par l’Association pour l’Etude et la Protection de la Faune et de la Flore du Causse, créée en 1976. 150 espèces d’animaux européens peuvent y être observées, dont le Conservatoire européen des races primitives d’animaux domestiques, qui vise à préserver la diversité des races domestiques. Ainsi, j’ai eu le plaisir de réaliser, entre autres, les illustrations naturalistes qui sont présentes sur les panneaux explicatifs autour de leur conservatoire avicole, mais aussi les panneaux qui sensibilisent le public aux problèmes écologiques liés aux espèces exotiques envahissantes, ou encore des illustrations de autre menacé. Espèces à l’état naturel en France, comme le bouquetin ibérique. D’autres espèces menacées m’ont également inspiré pour créer des images plus personnelles, exposées dans le parc en très grand format avec une technique qui m’est propre, comme le cheval de Przewalski, l’ancêtre des chevaux domestiques, représenté dans les peintures rupestres. emblématiques de la région (Grotte de Pech-Merle, Lascaux…), ou encore l’ours brun, le lynx…

Une chose en entraînant une autre, d’autres portes se sont ouvertes. Par exemple, j’ai pu peindre un gypaète barbu pour le Parc Des Oiseaux dans l’Ain, un parc à l’initiative du programme « Barnabé », qui concentre son activité sur des espèces d’oiseaux menacées ou localement éteintes à l’état sauvage. Avec cela, elle reçoit des couples reproducteurs, élève les jeunes, s’assure qu’ils ne s’habituent pas aux humains, puis les réintroduit dans la nature. Ma peinture est imprimée sur des produits dérivés dont la vente permet entre autres de financer ce programme.

Je suis vraiment heureux de vivre de ma passion tant que c’est utile.

L’aquarelle : une aventure…

Mon médium préféré a toujours été l’aquarelle car pour moi c’est le médium le plus magique ! Lorsque vous utilisez de l’eau réelle, les effets et les styles sont infinis. Et c’est aussi un médium qui correspond tout à fait à ma philosophie de vie : pour moi, peindre une aquarelle, c’est comme un voyage, une aventure ! On sait quand commencer, on sait grosso modo où on veut aller, quelle direction on veut prendre, mais si on utilise vraiment toutes les possibilités qu’offre la fusion entre pigment, eau et papier, si on laisse le tout « vivre son propre life » sur la page avec une certaine liberté, si on est sensible aux surprises, si on sait s’y adapter… on ne sait pas du tout quand on va finir, et quelle direction a finalement pris le travail. Je dis souvent que le travail de l’aquarelliste est d’apprivoiser « à juste dose » ce qui se passe sur le papier. Mon amour pour les thèmes animaliers à l’aquarelle n’est donc pas sans importance : c’est un peu ma façon d' »apprivoiser » ces animaux pendant quelques instants ; leur permettant de laisser éventuellement une empreinte colorée dans l’esprit de la personne qui verra ma peinture, tout en lui laissant leur liberté…

En plus de mes créations et illustrations personnelles pour des parcs animaliers, je suis également portraitiste animalier depuis plus de dix ans, réalisant des portraits d’animaux de compagnie pour des particuliers. J’anime également des cours et des ateliers, notamment dans les écoles. Tous mes domaines d’intervention ainsi que des exemples de réalisations sont visibles dans la galerie de mon site internet. En plus des peintures originales qui sont régulièrement exposées, je vends également des tirages d’art et des produits tels que des coussins, des calendriers, ou encore des plaids, dans ma boutique en ligne sofiajstudio.com/boutique

Sofia Johannissen

Atelier de création graphique et artistique.