« Le 15 est devenu un service comme les autres, comme la Poste…

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Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

Que se passe-t-il Doc : Alors, parlez-moi d’abord de votre parcours ?

Mathilde Winter : Je suis aux urgences depuis 2011. J’ai fait un stage à Paris, puis j’ai fait un stage à Lille, puis je suis allé travailler à Maubeuge dans le nord pendant 2 ans et depuis septembre 2017 je travaille dans le Vaucluse, premier PH aux urgences de Carpentras depuis 1 an , puis je me suis installé comme médecin généraliste dans un cabinet privé en collaboration avec un confrère. Cela a pris deux ans et c’est ainsi que j’ai pu intégrer le cercle des médecins qui réglementent le SAMU d’Avignon. Puis mon collègue s’est tourné vers la médecine esthétique et a voulu arrêter la pratique. Je ne voulais pas me contenter de prendre en charge le patient car j’ai toujours eu un métier aux urgences que j’apprécie. Donc actuellement je suis de garde en réglementation en tant que libéral et je reste aux urgences du SMUR et en tant que camion pompier à Avignon.

« Je pense que les urgentistes devraient tous passer par la régulation pour voir comme c’est compliqué de faire un diagnostic par téléphone, et pourquoi on envoie les patients aux urgences »

Vous avez écrit, Perles du Samu, un livre qui regroupe les appels confus à la régulation au SAMU, vous y êtes confronté à plus de cas que dans les situations d’urgence classiques ?

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MG. : Ce n’est pas tout à fait pareil. Aux urgences, les patients se rendent sur les lieux, on les examine, on fait des vérifications si besoin, on pose un diagnostic, on soigne. La particularité de l’arrangement, c’est qu’on ne voit personne. Nous ne les avons qu’au téléphone. Le défi consiste à comprendre rapidement le niveau d’urgence et à orienter les bonnes ressources. Ce sont donc deux activités complètement différentes qui s’emboîtent. Un bon superviseur doit connaître le travail en situation d’urgence et en médecine générale. Et à l’inverse, je pense que les urgentistes devraient tous passer par la réglementation pour voir à quel point c’est compliqué de faire un diagnostic par téléphone, et pourquoi on envoie des patients aux urgences.

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« L’idée du livre n’est vraiment pas de se moquer des gens. Mais de se questionner : comment on a pu en arriver là ? »

Dans votre livre vous expliquez que 15 n’est pas seulement un conseil médical mais presque de bon sens ?

MG. : C’est tout à fait exact. Au début, l’écriture n’était que mon exutoire car j’ai réalisé que de plus en plus d’appels téléphoniques n’étaient pas urgents. Pendant un an j’ai collectionné des prescriptions plus ou moins folles. C’était même devenu un jeu avec les assistants de règle qui se prêtaient au jeu. Et finalement, au bout d’un an, il s’est avéré que la majorité des appels concernaient des conseils ou des petits désagréments qui ne relevaient pas de la calamité vitale. Alors qu’est-ce qu’on en fait ? Car l’idée du livre n’est vraiment pas de tromper les gens. Mais pour demander, comment en sommes-nous arrivés là ? Comment fait-on pour que des patients nous appellent parce qu’ils ont pris du Doliprane hier et ne savent pas s’ils peuvent en prendre un autre aujourd’hui ? Pourquoi les personnes atteintes du syndrome grippal se sentent-elles obligées d’appeler le 15, ont-elles peur et ont-elles besoin d’être rassurées ? C’est devenu notre rôle, c’est une rupture avec le métier.

MG. : Il y a plusieurs choses : il y a le Covid qui est passé par là. Pendant près de 3 ans, on a dit aux gens de se craindre, de pratiquer la distanciation sociale, de faire attention aux symptômes que l’on ressentait, car même les jeunes, même la santé des personnes en bonne santé, tombaient en gerbe. C’était un discours qui s’est avéré plus tard n’être pas tout à fait vrai. Les jeunes sans fond qui se sont retrouvés dans les réas, ça reste très anecdotique. Et ceux qui se sont retrouvés en gerbes ne sont pas morts. Mais nous avons installé cette peur chez les gens et nous arrivons à cette conclusion.

« Il faut expliquer aux gens que quand on a de la fièvre, on prend un Doliprane et on attend deux jours, pas deux heures, avant d’aller consulter »

Il y a aussi un changement dans la société, au niveau des biens de consommation. Le 15 est devenu un service comme les autres, comme la poste, comme McDonalds. Dans une société de consommation on consomme du soin : on va aux urgences, on appelle le 15, et la structure n’est effectivement pas faite pour ça. Nous sommes donc complètement dépassés par le nombre d’appels à certains moments.

Dans votre livre, vous parlez de jeunes qui vous appellent pour tout et n’importe quoi ?

MG. : C’est la réalité, les jeunes nous appellent à la mode, c’est mon droit. J’ai encore eu le cas ce matin : une jeune femme de 23 ans qui m’a appelé parce qu’elle a un syndrome grippal typique. Je lui explique qu’il n’y a rien de grave, qu’elle a juste besoin de voir un médecin. Elle me dit qu’elle n’en a pas et qu’en fait elle cherchait surtout un médecin pour une pause de travail. SOS médecin est en grève aujourd’hui, l’accueil de soins directs est définitivement fermé à Avignon, alors je lui dis, je suis vraiment désolé mais je n’ai pas de solution. Et là, elle est allée complètement en direct. Malheureusement nous n’avons pas la solution à tous les problèmes et surtout en ce moment avec le manque de médecins. Nous pouvons orienter les gens vers des centres médicaux s’il y en a, mais il n’y a pas de médecin de garde pendant la journée. Alors le ton est monté et j’ai compris son besoin, mais je ne pouvais rien faire.

Mais que faut-il saisir alors ?

MG. : C’est un peu illusoire, mais il faut une grande campagne de santé publique pour expliquer ce qu’est l’urgence. Expliquez que si vous avez de la fièvre vous prenez un Doliprane et attendez deux jours au lieu de deux heures avant d’aller consulter. Habiliter un peu les gens. Vous avez pris un Doliprane, vous pouvez en prendre un autre dans 6 heures, et vous n’avez pas besoin d’un médecin pour vous le dire.

« Ce n’est pas la même chose, quand on régule avec 5 ou 6 personnes en attente sur le logiciel et si on n’en a qu’un »

Ou nous croyons que nous ne prenons pas du tout ce virage, que nous allons materner encore plus de gens, et nous utilisons les ressources pour : ouvrir des lignes pour le conseil, des lignes pour la pédiatrie, des lignes pour la psychologie ou la psychiatrie.

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Ce matin, j’ai eu un enfant en ligne qui a commencé à pleurer au téléphone. Je suis médecin urgentiste, pas psychiatre ni psychologue. Je vois qu’il est en détresse et qu’il faut discuter avec lui, mais ma seule solution était de le référer aux urgences pour qu’il voie une infirmière psychiatre. Mon rôle est de voir ce qui est sérieux et ce qui ne l’est pas. Après cela, le 15 n’est malheureusement plus tellement.

Mais ce sont les instructions pour savoir quand appeler le 15 avant de se rendre aux urgences.

MG. : Exactement, pendant le Covid on a été harcelé. On avait 1 400 appels par jour au lieu de 700. Les gens avaient dit d’appeler le 15, alors ils l’appelaient pour tout, et c’est resté leur habitude. Le 15 a réponse à tout. Je n’ai pas de rendez-vous avec mon médecin, ils vont m’en trouver un, je dois aller à l’ORL dans 6 mois, voyons si le 15 ne me trouve pas de rendez-vous dans un mois, j’ai besoin d’une ambulance privée, J’appelle le 15… Chaque jour ça se complique. Les gens cherchent des réponses, n’en trouvent pas et se rabattent sur nous.

À cela s’ajoute le vieillissement de la population, le fait qu’il y a moins de médecins généralistes et encore moins de visites à domicile. Parfois, vous pouvez garder les gens à la maison en appelant une infirmière, en écrivant une ordonnance pour une intraveineuse ou en mettant le patient sous oxygène. Ces appels sont parfois les plus bénéfiques : d’une part, on évitait l’accès aux urgences, d’autre part, on faisait au mieux pour le patient en le laissant à la maison au lieu de rester allongé sur un brancard pendant des heures…

Quel est le monopole de La Poste ?

Quelles sont pour vous les caractéristiques d’un bon médecin régulateur ?

MG. : Il faut du sang-froid, de la patience, de l’écoute et de l’humilité. Car même si on se fait réprimander et insulter au téléphone par un méchant qui a mal à la poitrine, c’est notre responsabilité si on n’envoie pas les ressources. C’est la partie la plus difficile. Adaptez-vous aux gens et aux discours des gens. On ne parle pas de la même manière à une infirmière qui connaît son métier et à une mère anxieuse parce que son enfant vomit. Ajustez votre discours, ajustez les mots, ajustez les intonations et comprenez le contexte. Et il faut travailler sur soi, rester zen en toutes circonstances, savoir décompresser et être efficace d’un coup de fil à l’autre. Si un appel s’est mal passé, on respire profondément et on retourne vers une nouvelle personne qui n’a rien à voir avec ça.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/le-regulateur-du-samu-sest-entete-sur-un-diagnostic-dangine-le-jeune-psychiatre-etait-en

Quel est le marché de la poste ?

Vous souhaitez pratiquer cette activité tout au long de votre carrière ?

MG. : Je l’aime beaucoup, mais il faut le faire en petite quantité. Il faut trouver du temps ailleurs. Il doit également y avoir un nombre suffisant. Ce n’est pas la même chose si vous vous installez avec 5 ou 6 personnes qui attendent le logiciel et que vous n’en avez qu’une. Avec un on peut prendre le temps de rédiger une ordonnance pour l’infirmière, d’appeler un généraliste pour voir ce qui se passe. Avec 10, 20, 30 qui nous arrivent, c’est impossible à faire, on aura tendance à moins écouter les gens, à les envoyer aux urgences, ce qui ne règle pas le problème.

Quels sont les principaux concurrents de la Poste ? Parmi les opérateurs on retrouve Adrexo, mais aussi des points relais Kiala. Pour les colis pliés ou express, et pour l’international, les principaux opérateurs sont DHL, Fedex ou Chronopost. La distribution de catalogues ou de publicités continue d’intéresser les concurrents privés.

Est-ce que La Poste est un service public ?

Quels sont les 5 bureaux de poste ? Le groupe La Poste compte 250 métiers répartis en 5 branches d’activité : les services postaux/colis, la Banque Postale, Geopost (colis express), le réseau postal et le Numérique.

Quelle est l’organisation de La Poste ? Le groupe La Poste, société anonyme au capital 100 % public, est détenu par deux actionnaires : la Caisse des Dépôts à 66 % et l’État à 34 %.

En 2021, La Poste Groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 34,6 milliards d’euros. Année après année, il renforce ses positions sur ses marchés. Son rayonnement et son ambition de croissance mondiale se confirment à travers ses nouvelles acquisitions dans la logistique, la silver économie et les services numériques.

Comment fonctionne La Poste ? COLLECTE Une fois poussé dans la fente, le courrier tombe dans une boîte. Après l’heure de la dernière collecte inscrite sur la boîte aux lettres, le facteur récupère cette boîte et l’apporte au centre postal local, qui collecte les plis qui proviennent d’autres boîtes aux lettres de la ville.

Qui sont les partenaires de La Poste ?

Quel est le secteur d’activité de La Poste ? Le Groupe est structuré autour de quatre métiers : Services-Poste-Colis, Banque et Assurance, Distributeur Physique et Numérique et Geopost/DPDGroup pour l’International.

  • Ce contrat, signé le 16 janvier 2018, lie l’État à La Poste pour quatre missions de service public : service universel postal, contribution à l’aménagement du territoire, transport et distribution de la presse et accessibilité des banques.
  • Quel est le statut de La Poste ? Ainsi, au 1er janvier 1991, La Poste devient une entreprise publique autonome.
  • Les facteurs sont-ils des fonctionnaires ? La loi du 2 juillet 1990, qui a créé les deux opérateurs publics, La Poste et France Télécom, a permis le recrutement de salariés de droit privé, en lieu et place des non-titulaires de droit public précédemment recrutés.
  • La Poste est-elle privée ou publique ? La Poste est un groupe public (article 2 de la même loi). Elle peut créer des filiales et prendre des participations dans des sociétés, groupements ou organismes ayant un objet connexe ou complémentaire.
  • Associations de partenaires choisis
  • Site Internet de l’ADF.
  • Le site de l’AdCF.
  • Le site de l’AMF.

Site Internet de l’AMFR.

Site Internet de l’ANEM.

Comment s’appelle les personnes qui travaillent à La Poste ?

Le site de l’APVF.

Le site de l’ARF.

Le site de l’AVF.

Quel est le secteur d’activité de La Poste ?

Qui contrôle La Poste ? Depuis la loi du 20 mai 2005, l’Arcep est chargée de la régulation des activités postales. L’objectif principal est d’assurer la mise en place et la pérennité du service postal universel, dans un contexte d’ouverture du marché à la concurrence.

Qui sont les actionnaires de La Poste ? Actionnariat du groupe Suite à l’aboutissement du projet de création d’un grand pôle des finances publiques, le groupe La Poste est désormais détenu à 66 % par la Caisse des dépôts et à 34 % par l’État.

Quel est le statut de La Poste ?

Le service de messagerie doit souvent respecter les consignes de distribution, mais aussi travailler selon des délais stricts. Communément appelé facteur, son métier appartient au code ROME M1603, faisant référence à la distribution de documents.

Qu’est-ce qu’un postier ? Le livreur est responsable du courrier que reçoit son entreprise. Il le trie et veille à ce qu’il parvienne le plus rapidement possible au bon destinataire.