Le flux des bateaux a été ralenti par la vague de protestations

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Written By Sophie Ledont

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

Publié le 21 septembre 2022 à 16 h 48 Mis à jour le 21 septembre 2022 à 16 h 49

La mer est orageuse. Indemnes de la crise sanitaire qui a cloué leurs navires au sol, les industriels du transport maritime doivent faire face aux foudres des habitants des villes portuaires qui les accueillent. Depuis l’opposition à la requête du maire de Marseille, Benoît Payan, demandant cet été d’interdire l’escale des navires au pic de la pollution de l’air, la fronde s’organise sur les bords de la Méditerranée pour critiquer la course au gigantisme des cette industrie qui transporte des milliers d’industries. visiteurs chaque jour. Dommage, montrent ses opposants, de l’environnement et de la santé de ses citoyens.

Les organisations environnementales les plus actives, comme Extinction Rebellion, SET (Europe du Sud contre le tourisme de masse) et Stop croisières, ont plusieurs antennes sur le littoral. Après plusieurs opérations militaires pour empêcher l’arrêt de ces villes flottantes, ils prévoient un rassemblement de masse le 27 septembre sur le vieux port de Marseille.

« Il s’agit d’inciter les citoyens à lutter contre le tourisme de masse apporté par l’industrie traditionnelle qui détruit l’environnement », plaide Gwenaëlle Menez, porte-parole de Stop croisières. Le syndicat a récemment recueilli plus de 27 000 signatures à Ajaccio (Corse-du-Sud), ville de 71 000 habitants inondée avec un débarquement quasi quotidien de 6 000 passagers.

55 % de remplissage

A Marseille, « la révolution a mis du temps à se redresser », assure le président du célèbre club de croisière Marseille Provence, Jean-François Suhas, notant le renouveau de plusieurs sociétés. De janvier à août, le taux d’occupation moyen dans la ville, base des navires en Méditerranée, n’était que de 55 %, avec 800 passagers, loin de la barre des deux millions que les experts visaient depuis plusieurs années (et quasiment atteinte en 2019). ). Selon les chiffres du ministère des Transports, le nombre de passagers en France était de 4,5 millions en 2019 (plus de 70 % en Méditerranée), contre 2,1 millions il y a 10 ans.

Une étude détaillée menée par l’ONG Transport & Notre environnement avant la crise sanitaire a montré les dégâts causés par le vent et ces villes flottantes. « Les 57 navires qui ont accosté à Marseille en 2017, pendant 3 342 heures, ont émis autant d’oxyde d’azote qu’un quart des 340 000 voitures qui composent le trafic total de la ville », a-t-il déclaré. -elle. Et à l’arrêt, elles émettent « deux à cinq fois plus d’oxyde de soufre que toutes les autres citadines ».

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Marseille se positionne à la 11e place parmi les 62 escales européennes étudiées pour ce type de diffusion (derrière Barcelone, ​​​​​​​​Palma de Majorque, Venise ou Lisbonne), principalement grâce à la réception de de nombreux navires du géant Carnival, sa flotte (100 bateaux) « elle émet dix fois plus d’oxyde de soufre que l’ensemble des 260 millions de véhicules du parc automobile européen », compare l’ONG…

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Mutation à marche forcée

Dans la ville de Marseille, les acteurs locaux du secteur et Grand Port Maritime s’activent pour maîtriser la colère des citoyens. « La mutation environnementale de ce secteur est plus rapide que celle du transport aérien », plaide Hervé Martel, président du conseil d’administration du port.

Le 20 octobre, lors de l’événement du Blue Maritime Summit, un nouveau document, déjà signé en 2019 par la quasi-totalité des marins qui viennent dans la ville, va durcir les contraintes environnementales au-delà de la réglementation européenne imposée au secteur. « 17 % des navires faisant escale à Marseille sont déjà propulsés au gaz liquéfié, sans émission d’oxydes », précise Jean-François Suhas.

MSC, l’une des plus grandes entreprises de quai de Marseille ouvrira dans le mois « World Europa » alimenté par ce carburant « propre ». « Deux autres navires propulsés par ce modèle entreront en service en 2023 et 2025 », a déclaré son directeur, Pierfrancesco Vago.

En mer, la création en juin par l’Organisation maritime internationale de la zone Seca (zone de contrôle des émissions d’oxydes de soufre) fixe désormais la quantité de soufre pour le fioul lourd qui, selon son calcul, devrait réduire de 77 % les émissions de l’atmosphère. navires de croisière en Méditerranée occidentale. La deuxième phase, appelée ECA, doit s’appliquer à tous les autres polluants émis d’ici 2025.

Sur le terrain, enfin, d’importants investissements ont été consentis par les collectivités locales et le Gouvernement pour installer l’électricité avant l’année 2035 fixée par l’Union européenne. Appelés « escale zéro fumée », ils permettent aux navires d’arrêter de faire tourner leurs moteurs au port. Les ferries pour la Corse sont déjà là. Ceux qui partent au Maghreb le seront l’année prochaine, puis feront un grand voyage, d’ici 2026.