« Le marché de la construction neuve va baisser », explique le constructeur Pierre Bréhaut, au salon de l’immobilier de Lorient.

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Written By Sophie Ledont

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

La raréfaction des terrains constructibles est-elle un frein pour le marché de la construction ?

Pierre Bréhaut, du groupe Jubault Construction : Dans le Morbihan, il y a encore du foncier à bâtir, mais dans des lotissements. Notre groupe est plutôt sur une clientèle qui ne veut pas aller dans les lotissements, car nous construisons des maisons moyen et haut de gamme, sur mesure. C’est souvent une clientèle qui souhaite un terrain diffus, sur la bande littorale. Clients qui quittent le sud pour la Bretagne, ou ceux qui viennent prendre leur retraite ici. C’est compliqué, tellement cher. Actuellement, il y a encore des lots, mais ce sont des divisions de propriété. Ou un achat de terrain avec une maison dessus que l’on rase. Certains biens immobiliers ne valent que leur valeur foncière. La destruction coûte entre 15 000 et 20 000 euros. Il coûte moins cher de détruire que de rénover.

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Quel est le budget moyen d’une construction de maison ?

Avec le foncier, compte tenu du coût du foncier, des budgets de 700 000 à 1 M€ peuvent être atteints. A Guidel ou Ploemeur, nous sommes à plus de 500 € le m2. A Larmor, ou Carnac, certains terrains peuvent atteindre 1 000 € le m2, du moment qu’ils sont proches de la mer. Récemment, des clients ont acquis un terrain de 350 m2, à Carnac, pour 350 000 €. Si on y ajoute une maison à 350 000 €, on sort vite des maisons à 700 000 €. Certains constructeurs, grands constructeurs, recherchent des terrains à apporter aux clients. La bataille est rude.

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L’essor de la construction constaté juste après le confinement est-il toujours d’actualité ?

La reprise après le covid, on l’a vu venir. Une quarantaine de maisons sont construites par an dans le Morbihan. La vague de départ des grandes villes après le confinement a facilité les choses. Mais ça ralentit. Nous avions des problèmes d’approvisionnement. La construction a été retardée. Et les prix des matériaux ont augmenté. En 2022, nous avons pris une augmentation de 20 à 25% par rapport à 2021. Une maison que j’ai vendue 250 000 € en 2021, je la revends aujourd’hui 350 000 €.

Comment voyez-vous l’avenir dans la construction ?

Nous n’avons aucune visibilité sur les prix. Le marché va décliner. L’hiver va être rude. Le contexte international anxiogène et le taux d’attrition, qui n’augmente pas, freinent les projets. Actuellement, 40% des prêts immobiliers sont refusés à la banque. Les matériaux continuent d’augmenter. Les artisans peinent parce qu’ils ne trouvent souvent pas de main-d’œuvre. Il est actuellement très difficile de trouver un maçon, un menuisier, un couvreur… Les industriels qui ont vendu beaucoup, à des prix convenus, ne peuvent pas toujours répercuter les augmentations sur leurs clients. Les marges s’effondrent. Il ne s’agit pas seulement de vendre, il faut produire derrière. Les constructeurs bien établis passeront la tempête. Mais il y aura de la casse. Les maisons Phoenix ont cessé leurs activités. Je pense qu’il y en aura d’autres.

Pratique

Salon de l’immobilier de Lorient, du 15 au 16 octobre 2022, au Palais des Congrès de Lorient. Entrée libre. Dimanche 16 octobre, de 10 h à 18 h Bars et restaurants sur place. Plus d’informations sur le site salon-immobilier-lorient.fr