Le nouveau médicament prolonge la « rentabilité » de la maladie oculaire

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Written By Sophie Ledont

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

Une maladie qui nécessite beaucoup d’argent de l’assurance maladie : la dégénérescence maculaire liée à l’âge. La Confédération comptait sur l’expiration des brevets pour réduire la facture. Un nouveau médicament remplit son espoir.

Parfois, l’expiration d’un brevet ne réduit pas significativement le coût d’un traitement. C’est le cas de Lucentis, de Novartis. Ses concurrents devraient pouvoir copier cet article cette année en Suisse. Mais un nouveau brevet pour un médicament doit maintenir le prix élevé.

De nouveaux médicaments sans baisse de prix

De nouveaux médicaments sans baisse de prix

Malgré l’expiration de l’approbation, la disponibilité du biosimilaire, qui est équivalent au médicament générique, reste inconnue. Le produit est testé par Swissmedic, mais aucune copie bon marché n’est prête à arriver sur le marché suisse.

Mais même si un biosimilaire arrive en Suisse, il risque de ne pas fonctionner. Dans la question : un nouveau médicament contre la maladie a été lancé.

C’est Vabysmo. Ce nouveau médicament provient de la société pharmaceutique Roche. Il devrait être gratuit pour le patient et sera remboursé par l’assurance maladie à partir du 1er août.

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Moins d’injections, même efficacité

Moins d’injections, même efficacité

Cette nouvelle molécule « présente des avantages d’un point de vue produit », explique Thierry Buclin, professeur de pharmacologie clinique à l’Université de Lausanne. « Cependant, en termes de performances, nous trouvons qu’il est égal à d’autres produits. »

Autre possibilité toutefois : le Vabysmo promet, selon Roche, une injection dans l’œil de trois à quatre mois. Certains produits sont injectés tous les deux à trois mois.

Cette petite amélioration devrait permettre au nouveau médicament de se démarquer de ses concurrents, selon l’analyse de nombreux ophtalmologistes. Mais avec le nouveau brevet lié à ce médicament, le coût de la maladie devrait rester élevé.

Une légère baisse de prix, qui pourrait être plus prononcée

Une légère baisse de prix, qui pourrait être plus prononcée

Si les injections sont peu nombreuses, le prix ne baissera pas beaucoup. Les économies devraient être de l’ordre de 20 % en trois ans.

Cette réduction n’est pas négligeable, mais elle reste faible par rapport aux autres médicaments. Certains de nos voisins, dont la France, utilisent l’Avastin, une molécule similaire et moins chère. Cela permettrait au prix d’être 10 à 20 fois moins élevé. Ce médicament n’est pas homologué en Suisse en ophtalmologie.

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Considérant que les molécules existent déjà, les prix sont difficiles à définir et à rechercher, selon Thierry Buclin, professeur de médecine à l’Université de Lausanne. « Ces produits sont tous des anticorps monoclonaux. Nous sommes dans le domaine de la chimie biologique », explique-t-il. « Il n’est pas difficile de développer un nouveau médicament à base d’anticorps monoclonaux. La production de ces produits est faible. Mais elle est loin d’être égale aux prix qui sont vendus. »

Une maladie qui coûte très cher

Une maladie qui coûte très cher

La facture du traitement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge est loin d’être simple. L’un des médicaments les plus utilisés a été remboursé par l’assurance maladie l’an dernier, selon les chiffres de l’ASL COGE curafutura, additionnés sur la base du pool tarifaire Sasis SA.

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Ensemble, les trois médicaments utilisés pour cette maladie coûtent 250 millions par an à l’assurance maladie. Cela correspond à ce que tous les Neuchâtelois paient en primes maladie pendant quatre mois.

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Le coût élevé des médicaments pour traiter la dégénérescence maculaire liée à l’âge explique la forte hausse des prix des médicaments. Ces dernières années, la facture des médicaments a augmenté beaucoup plus rapidement que le coût des soins de santé.

« Actuellement, seuls les producteurs de médicaments ont leur mot à dire »

"Actuellement, seuls les producteurs de médicaments ont leur mot à dire"

Face à cette situation, les défenseurs de la santé proposent leur solution pour réduire les coûts : « Nous demandons l’instauration du droit de requérir sur le prix des médicaments. Il pourra être utilisé par les assureurs-maladie et les associations de patients », indique Adrien Kay, de la communication directeur chez Curafutura, la mutuelle d’assurance maladie.

Actuellement, les prix sont négociés entre l’Office fédéral de la santé publique et les entreprises pharmaceutiques. Répéter cette opération « permettrait un meilleur équilibre dans le système de tarification. Actuellement, seuls les fabricants de médicaments ont leur mot à dire », estime Adrien Kay.

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Dans le cas de la dégénérescence maculaire liée à l’âge, cette facture devrait continuer à augmenter avec la croissance démographique. Au cours des sept dernières années, le montant payé par l’assurance pour cette maladie a doublé.

L’OFSP compte sur les biosimilaires

Les prix des médicaments sont négociés par l’Office fédéral de la santé publique. A cet égard, il voit des prix qui se font à l’étranger ainsi que des médicaments qui soignent la même maladie. C’est ainsi qu’il est allé à Vabysmo.

L’OFSP rappelle également que l’avènement des biosimilaires, c’est-à-dire des génériques, peut réduire le coût du traitement de la dégénérescence maculaire.

Roche souligne les innovations de son médicament

Nous avons demandé à Roche un entretien. L’entreprise a refusé et a voulu nous répondre par écrit. Il a décrit l’innovation technologique que représente cette nouvelle molécule. Roche est spécialisée dans les vaccins à faible dose.

En outre, la société affirme qu’elle adopte, comme pour tous ses médicaments, « une manière réfléchie et responsable de fixer le prix de Vabysmo ».

« 80% des innovations sont des pseudo-innovations »

Interrogé vendredi soir dans le Forum, le responsable des prix suisse Stefan Meierhans rappelle que, selon plusieurs études ou études universitaires, on estime que seulement 20% des brevets sont de véritables innovations dans le domaine de la médecine. « Cela veut donc dire que 80% sont des pseudo-innovations », précise-t-il, « qui permettent de maintenir un niveau de revenu élevé ».

« Vous avez une partie du service public, qui fixe les conditions de la régulation des prix des médicaments. En revanche, dans d’autres pays, il y a toute la question de la protection de l’innovation qui représente toujours un problème majeur. D’un côté, il ne faut pas retarder l’innovation, qui est très importante pour tout le monde. Mais il y a de l’autre, il faut faire attention à réduire les dépenses de santé », analyse M. Price.

« Évident » est la proximité entre la politique et l’industrie

Pour limiter ces effets et réduire les abus de l’industrie pharmaceutique au niveau national, « il y a des questions systématiques qui se posent », publie Stefan Meierhans. Selon lui, il faut veiller à réduire les relations entre les autorités politiques – notamment l’OFSP – et l’industrie, afin de réduire au maximum les conflits d’intérêts. « Évidemment, cette proximité est là. Ce n’est pas forcément nocif, mais il faut en être conscient », dit-il.

Il recommande également de distinguer progressivement les « petites » et les « grandes » compétences. « Peut-être devrions-nous y penser lorsque nous fixons le prix des médicaments. »

>> Écoutez l’interview de « Monsieur Prix », Stefan Meierhans, dans le Forum : Stefan Meierhans s’oppose au prix des médicaments en Suisse (vidéo) / Forum / 5 min. / Vendredi à 18h00

Les parlementaires choqués

La décision de l’OFSP d’inscrire le nouveau médicament Vabysmo sur la liste des produits rappelés par les assurances sous le Dôme fédéral est surprenante, car l’Avastin, un autre médicament bon marché qui existe depuis longtemps, n’est pas approuvé pour la dégénérescence maculaire liée à l’âge. .

La conseillère nationale socialiste Laurence Fehlmann Rielle critique le manque de volonté politique pour changer le système de tarification des médicaments. « L’Avastin continue d’être rejeté alors même qu’il est utilisé dans un grand nombre de pays européens et aux Etats-Unis, et a montré son efficacité et son économie », a-t-il déclaré samedi au micro de la RTS. « C’est triste de voir qu’il y a tant de transparence dans la prise de décision et que nous sommes à la merci de la pharma. »

Pour le conseiller national du PLR Philippe Nantermod, « les pouvoirs publics ont une obligation d’agir ». Il demande que Swissmedic puisse forcer « l’utilisation de médicaments que l’industrie pharmaceutique n’a pas directement demandés ». Une demande en ce sens a été mise sur la table, a indiqué le Valaisan.

Le traitement pour la dégénérescence maculaire avait déjà fait scandale

Les trois molécules actuellement utilisées pour traiter la dégénérescence maculaire sont dérivées d’une molécule similaire, l’Avastin de Roche. Ce premier médicament a été utilisé pour traiter le cancer. Ensuite, nous avons vu son avantage pour les yeux.

Mais la société qui en était propriétaire, Roche, ne voulait pas qu’il soit approuvé pour une utilisation en ophtalmologie. Un nouveau médicament, Lucentis, a été développé pour traiter les yeux. Il est vendu au prix fort, à plus de 1000 francs. Le premier se vend moins de 100 francs.

Roche et Novartis ont tous deux bénéficié du prix élevé du médicament, selon les responsables français de la concurrence. Les deux géants pharmaceutiques ont été rejoints par une troisième société, Genentech. Tous ont reçu d’une manière ou d’une autre un bénéfice de la vente de Lucentis.

Les autorités de la concurrence ont également infligé à ces entreprises une amende de 450 millions d’euros en France en 2020. Avant cela, l’Italie avait également condamné ces constructeurs automobiles.