« Les agents généraux doivent exercer dans une société de capitaux »

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Written By Sophie Ledont

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

L’Agefi Actifs : Pourquoi l’Unapl a-t-elle fait campagne pour différencier le patrimoine personnel et professionnel de l’entrepreneur individuel alors que la loi a été votée en faveur de l’activité professionnelle indépendante ?

Michel Picon : Sur l’ensemble des indépendants, il y a 3,5 millions d’entreprises, dont 20 % fonctionnent en société de capitaux, 80 % en nom propre. Nous voulions que l’entrepreneur individuel bénéficie de la même protection que celle dont il bénéficierait s’il exerçait en société sans avoir à effectuer de démarches préalables. Les dettes professionnelles sont portées par l’entreprise, les créanciers peuvent saisir les biens mais pas les biens personnels puisque l’entreprise contracte les dettes. Depuis 2015 et la loi Macron, la résidence principale est protégée. La nouvelle loi protège tous les biens personnels de l’entrepreneur indépendant contre les créanciers professionnels.

Les banques ne vont-elles pas pratiquement pousser pour une renonciation à cet avantage lors de la souscription d’un prêt ?

Pour la plupart, les banques disent non. Lorsqu’ils accordent un prêt professionnel, ils ne regardent pas le patrimoine de la personne mais la viabilité du projet et le rapport entre la capacité de remboursement et le montant du prêt. Dans certains cas, ils voudront peut-être s’assurer sur des fonds importants et demanderont de céder une partie de l’héritage. Si l’entrepreneur fait un pari en achetant des actifs pour un montant important par rapport à la valeur de son entreprise, la banque ne doit pas soutenir ce pari. Mais cette renonciation sera partielle, elle devra faire l’objet d’un acte notarié avec des informations sur l’épouse et les ayants droit.

Cette pratique est rare : les données du Registre des Hypothèques montrent que les banques demandent de mettre en gage les biens personnels des entrepreneurs en EIRL de manière très exceptionnelle.

L’Unapl a également insisté pour que le fonds libéral soit assimilé au fonds commercial concernant la nouvelle possibilité d’amortissement sur dix ans, pourquoi ?

La loi n’offrait cette possibilité que pour une caisse commerciale, alors que les agents généraux disposaient d’une caisse libérale. Nous avons rédigé un amendement pour que l’un soit assimilé à l’autre. Ainsi, les agents généraux qui acquièrent un portefeuille d’assurance pourront l’amortir sur dix ans à raison d’un dixième chaque année, ce qui n’était pas possible jusqu’à présent car le portefeuille était considéré comme un actif incorporel. Il reste des ajustements pour être sûr que l’indemnité compensatoire lors du transfert du droit à la commission à l’entreprise soit considérée par les services fiscaux comme un actif incorporel. Lorsque l’agent présente un acheteur à l’assureur, ce dernier doit l’approuver mais peut rejeter la demande. Il doit alors verser, en contrepartie de la reprise du portefeuille au vendeur, une indemnité compensatrice du même montant que la cession initialement prévue.

Dans cette configuration, l’acquéreur du droit de commission bénéficiera-t-il de la mesure ? Nous avons demandé des éclaircissements à l’exécutif, mais il n’existe actuellement aucun ministre dédié aux TPE/PME et aux professions libérales.

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Faciliter la transformation d’une entreprise individuelle en société de capitaux profitera-t-il aux agents généraux ?

De nombreux pigistes ne sautent pas le pas parce que les implications sont lourdes à l’échelle d’une petite entreprise. Les agents généraux ont un chiffre d’affaires élevé pour les indépendants, leur entreprise a la taille adéquate pour passer le cap mais presque toutes les compagnies d’assurance – sauf Axa et MMA – refusent que des agents travaillent dans des sociétés de capitaux. Une ordonnance en cours de rédaction précisera les modalités d’association, nous passons en revue toutes les professions libérales par métier pour s’assurer qu’il n’y a pas de contre-indications. Nous poussons à inclure dans le texte un droit indéniable pour les agents généraux d’exercer dans une société de capitaux. Agéa et France Assureurs négocient actuellement pour trouver un accord malgré l’opposition sans argument valable des compagnies. Ils craignent d’être plus en danger avec une personne morale qu’avec une personne physique, qu’ils peuvent davantage surveiller et restreindre.

Parmi ces professions libérales, certaines sont exercées par des fonctionnaires publics ou ministériels qui occupent des fonctions : avocats au Conseil d’État et à la Cour de cassation, commissaires-priseurs, greffiers des tribunaux de commerce, huissiers et notaires…

Qui peut être associé d’une Selarl d’avocats ?

Qui peut être associé d'une Selarl d'avocats ?

L’arrêt de la Cour de cassation du 24 juin 2020 précise que la SEL ne peut conserver le statut d’associé qu’aux professionnels exerçant en son sein.

Quel capital pour la Selarl ? La SELARL fait partie des sociétés libérales d’exercice (SEL). Ce statut permet aux professions libérales d’exercer leurs activités sous forme de sociétés de capitaux. Lors de la création de la SELARL, les associés (minimum 2 sinon SELARLU) n’ont pas de capital minimum. Leurs apports sont en espèces, en nature ou mixtes.

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Quels sont les différents types de sociétés de personnes ?

Quels sont les différents types de sociétés de personnes ?

Les sociétés qui relèvent automatiquement du régime des sociétés de personnes sont les suivantes :

  • SNC (sociétés en nom collectif),
  • sociétés civiles,
  • les sociétés en commandite,
  • Les EURL (sociétés unipersonnelles à responsabilité limitée).

Que sont les partenariats et les sociétés de capitaux ? Dans les sociétés de personnes, les associés sont personnellement et solidairement responsables des dettes de la société, sur leur patrimoine personnel. Les décisions sont généralement prises en commun. Dans les sociétés par actions, les actionnaires ne sont responsables que du montant de leur apport.

Quelles sont les caractéristiques d’une société de personnes ?

Les partenariats se caractérisent par 3 éléments principaux : Le besoin d’approbation pour les nouveaux partenaires ; Responsabilité indéfinie et solidaire des associés. Fiscalité transparente.