Les croisières reprennent la mer parmi les vagues du Covid

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Written By Sophie Ledont

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

Avec un mois de retard, Odyssey of the Seas est enfin lancé. Le navire géant – 348 mètres de long pour 4 800 passagers – de la compagnie américaine Royal Caribbean International quitte le port de Miami ce samedi 31 juillet pour son voyage inaugural. L’événement a dû être reporté, huit cas de Covid-19 avaient été détectés dans l’équipage début juillet : une aventure symbolique dans la mer de l’incertitude où naviguent les croisiéristes.

Reprise en demi-teinte

Reprise en demi-teinte

Avec seulement 650 000 touristes en 2020 contre 30 millions en 2019, selon les données de la Cruise Lines International Association (Clia), le secteur est vraiment en berne. Pire, son image a été entachée par la médiatisation de passagers confinés en mer, comme le Diamond Princess au large du Japon, en février 2020.

À l’exception du marché australien, la plupart des entreprises ont maintenant repris leurs activités. En France, les deux premiers navires de l’année ont quitté le port de Marseille le 4 juillet. Le secteur est toujours miné par « des protocoles sanitaires qui ne cessent de fluctuer, incitant les gens à reporter leurs voyages », a déclaré François Pelissier, directeur de la ligne Croisières, le leader européen de la vente de croisières en ligne.

« Habituellement, nous recevons 170 000 réservations par an. Cette année, si nous atteignons 10 000, ce serait bien », a-t-il poursuivi. Seuls « une quinzaine de navires » contenant « entre 3.000 et 6.000 personnes », toutes compagnies confondues, sillonnent actuellement la Méditerranée, troisième marché maritime, contre « une cinquantaine en temps normal ».

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Réservations au rendez-vous

Réservations au rendez-vous

Ce ne sont pas les réglementations de l’entreprise qui conditionnent les dortoirs qui posent problème car ils restent stables, mais plutôt les réglementations gouvernementales qui régissent les conditions de déplacement d’un pays à l’autre. En raison de cette incertitude, le marché se ferme. « 95 % de nos commandes actuelles sont destinées à la Méditerranée alors que 20 % de nos clients sont allés dans les Caraïbes l’été précédent », explique François Pelissier.

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Pourtant, les acteurs de ce secteur ne semblent pas paniquer. « L’engouement des touristes pour les bateaux de croisière ne s’est pas démenti. Les réservations ne s’arrêtent jamais, même pendant le confinement, a déclaré Erminio Eschena, président de Clia France et directeur des affaires publiques de MSC Croisières. Nous avons déjà des accords autour du monde en 2023 et 2024. »

Pour les patrons des lignes de croisières, nous assistons à un épisode situationnel qui prendra fin lorsque les pays se seront mis d’accord sur « des règles simples et mondiales pour pouvoir voyager ». Il table sur une « véritable reprise à l’été 2022 ».

Renouvellement de la flotte

Renouvellement de la flotte

Bien avant la crise sanitaire, ce géant marin était vivement critiqué pour son bilan écologique. Selon les représentants du secteur, la pandémie a accéléré la transition énergétique en donnant aux armateurs une excellente opportunité de renouveler leurs flottes et d’envoyer les navires les plus vétustes à la casse. « Nous investissons dans les nouvelles technologies depuis plus de quinze ans pour rendre l’industrie verte. Il est désormais possible d’avoir des navires propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL) et équipés de systèmes d’épuration des gaz d’échappement », assure le président de la Clia.

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Dans le détail, seule la moitié des nouveaux navires arrivant sur le marché utiliseront du GNL, selon les données de Clia. Mais cette solution, si les émissions de gaz à effet de serre sont entre 30 et 40 % inférieures au fioul, est loin d’être durable. L’extraction et la transformation du méthane, l’énergie fossile qui compose le GNL, restent coûteuses et polluantes.

En tout cas, ni les critiques ni l’image emprisonnée du Diamond Princess ne semblaient dissuader les touristes de traverser l’océan, comme dans le monde d’avant.