Mainvilliers : des gérants de bar à chicha clandestins en garde à vue

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Un Luisantais de 24 ans et un Mainvillois de 27 ans ont été interpellés le 9 septembre 2022, à Mainvilliers, en acte d’activité commerciale illégale, un bar à chicha. En février, les deux gérants s’associent dans le but d’installer un bar à chicha dans l’ancienne pizzeria, située rue de la République. Mais l’exploitation du bar à chicha a été rejetée par la mairie de Mainvilliers.

Le duo est toujours en train d’ouvrir, clandestinement, une société cotée en bourse (ERP). La préfète d’Eure-et-Loir, Françoise Souliman, explique comment ce commerce illégal a été identifié : « Ce sont des riverains qui ont signalé le trouble très important à la commune de Mainvilliers. Des nuisances environnementales telles que des stationnements anarchiques, des bruits nocturnes, des rodéos, des disputes entre clients… « Des vols et dégradations de véhicules ont également été constatés par des habitants du quartier, dont certains ont été menacés par des clients de ce bar pour chicha clandestine.

Pas d’enseigne et des vitres calfeutrées

« Les perturbations ont augmenté entre 22h et 4h du matin, ainsi que le week-end », a ajouté le commissaire de Chartres Hervé Steyer. Certains habitants ont dit à la police que cet endroit pourrait être un port pour le trafic de drogue et la prostitution.

Une enquête préliminaire a été ouverte et la surveillance policière a été secrète pendant plusieurs semaines. Ce commerce, banalisé sur sa façade, a des fenêtres obstruées par des bâches et des cartons. Rien n’indiquait que ce qui se passait à l’intérieur aurait pu fuir. Une stratégie a alors été élaborée, comme le souligne Françoise Souliman : « Nous avons opté pour le contrôle administratif des sociétés cotées et la vérification de l’identité des clients à la demande des procureurs. »

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Ils consommaient de la glycérine et de la cellulose

L’opération a été réalisée le vendredi 9 septembre, peu avant minuit. Seize policiers se sont emparés du commerce, s’apercevant aussitôt, selon le commissaire, d’une épaisse fumée : « Il s’agit bien d’un bar à chicha à l’improviste ».

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Treize personnes, dont deux cadres, ont été enregistrées sans difficulté. Le local comprend une arrière-salle de 50 m², équipée de bancs, tables, télévision… Un local sans système de ventilation.

Un nouveau produit consommé

Les clients ne sont pas condamnés à une amende pouvant aller jusqu’à 22 € pour avoir fumé dans un lieu inapproprié. « Les clients ne fument pas de tabac, mais les nouveaux produits à base de cellulose et de glycérine sont aromatisés », a souligné le commissaire général Mathieu Bernier. Les enquêteurs se concentrent sur deux managers. Le chef de la police, Eurelian, a fait le point sur l’affaire cette semaine :

« Nous avons confisqué plus de 3 000 € de matériel, tabac, livrets de comptes et caisses enregistreuses. Les deux gérants louent des locaux commerciaux à des propriétaires, sans contrat établi. L’accord verbal est de 750 € par mois ».

« Des fantasmes »

Selon l’enquête, tous deux avaient deux arriérés de loyer. Chèque du soir, il n’y avait que 68 € dans le reçu à la caisse. Le commissaire général a passé outre le recours judiciaire évoqué par les riverains : « Le trafic de drogue et la prostitution ne sont qu’un fantasme ».

Les deux gérants vont se laisser envahir par la clientèle : « Un petit cercle d’amis proches, puis d’amis ». Ils ont été détenus, puis relâchés le samedi 10 septembre, à l’issue du procès. Selon le commissaire général, le détournement de biens de l’entreprise figure sur la liste des infractions possibles dont l’un de ses co-gérants est accusé. L’enquête se poursuit.

« J’ai souligné l’excellent partenariat entre la préfecture, la mairie, le parquet et la police dans cette affaire », a conclu le préfet.