Nord-Gironde : « Ne pas nous recevoir aux urgences ne veut pas dire qu’on n’est pas pris en charge »

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Par Philippe Belhache – p.belhache@sudouest.frPublié le 21/09/2022 à 20:37.Mis à jour le 21/09/2022 à 20:59

Les hôpitaux du Nord-Gironde, comme tous les hôpitaux du département, doivent faire face à des effectifs tendus. Une situation qui les a obligés à prendre des mesures exceptionnelles : neuf nuits de fermeture d’urgence en août. Explications

«Les urgences ont depuis longtemps une politique de porte ouverte pour quiconque se présente. C’est un système qui n’en peut plus… » Le constat ne se veut pas défaitiste, mais lucide. Comme tous les autres hôpitaux, qui ont notamment souffert des différentes vagues épidémiques, les hôpitaux du Nord-Gironde souffrent de problèmes d’effectifs, devenus cruciaux à l’approche de l’été. Des mesures ont été prises au niveau de l’hôpital de Sainte-Foy-la-Grand durant la première quinzaine d’août, neuf nuits de fermeture, ou plutôt d’accès conditionnel aux urgences, qui…

«Les urgences ont depuis longtemps une politique de porte ouverte pour quiconque se présente. C’est un système qui n’en peut plus… » Le constat ne se veut pas défaitiste, mais lucide. Comme tous les autres hôpitaux, qui ont notamment souffert des différentes vagues épidémiques, les hôpitaux du Nord-Gironde souffrent de problèmes d’effectifs, devenus cruciaux à l’approche de l’été. Les mesures ont été prises à l’hôpital de Sainte-Foy-la-Grande durant la première quinzaine d’août, soit neuf nuits de fermeture, ou plutôt d’accès conditionnel aux urgences, qui ont permis aux équipes de passer le .

Pour Anaïs Girard, cheffe de service des urgences de Libourne et de Sainte-Foy-la-Grande, le terme « fermeture » est en effet inapproprié. « Regular ne ferme pas. Cela signifie laisser deux médecins et une équipe de Smur, capables d’assister aux urgences médicales à la porte. Un bilan est réalisé par le centre 15 avec les centres d’appels. Toute urgence qui peut être reportée est reportée au lendemain matin. Et le patient peut être redirigé vers Libourne ou Bergerac si besoin. »

Solidarité des personnels

La relative faiblesse des urgences de Sainte-Foy-la-Grande la nuit a rendu l’opération possible. « Le service de nuit du service n’est pas très important. Moins de dix patients entre 18h30 et 8h30, dont 75% peuvent être vus le lendemain. On limite au maximum ces fermetures, même si cela C’est se retrouver en sous-effectif à Libourne, pour ne pas mettre en péril l’offre de soins ou pour le moins de temps possible. La praticienne l’assure : « Toute personne qui relève des secours d’urgence sur le territoire a été prise en charge, soit par le service lui-même, soit par Smur. »

Les raisons de ces mesures exceptionnelles ? Manque de personnel paramédical de nuit. « Moins de professionnels souhaitent investir dans le travail de nuit, poursuit Anaïs Girard. Une solidarité s’est établie avec l’urgence de Sainte-Foy. Nous avons convoqué tout le monde, y compris les autres secteurs de l’hôpital Sainte-Foy. Le problème n’est pas nouveau, mais difficile à résoudre pour un service aussi sensible. « Les urgences continuent d’être un service attractif pour les paramédicaux, commente Guillaume Ladrix, directeur des soins, adjoint à la coordination générale des soins. Mais cela nécessite des compétences et donc une formation spécifique. La prise en charge prend du temps. »

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Heures supplémentaires

Les urgences Libournaises ont été épargnées. « Cela a été rendu possible, au niveau médical, par de nombreuses heures supplémentaires effectuées par une équipe réduite mais mobilisée, avec peu de possibilité de recourir à des intérimaires. Certains médecins qui n’étaient qu’à 50% aux urgences sont revenus à 100% pour maintenir les soins. En moyenne, grâce à la communication en amont au niveau national sur la nécessité d’utiliser le centre 15, 15 à 20 % de visites en moins sont enregistrées. « Cela correspond à la baisse constatée dans les services d’urgence de la Gironde. »

Le service a dû se recentrer sur sa mission première d’accueil des urgences. La présence du centre médical de garde dans l’environnement immédiat du service a sans doute facilité les choses. « Nous avons cependant dû dégrader les conditions de travail des secouristes sur dix nuits et faire appel à la solidarité des médecins de l’UHCD (unité d’hospitalisation de courte durée) et des médecins spécialistes. Des dispositions qui ont cependant un coût humain, de la fatigue pour les médecins « qui ont beaucoup donné » et des arrêts de travail plus nombreux que les années précédentes, malgré les efforts pour maintenir les temps de récupération et les vacances nécessaires.

Des pointes à 140 passages par jour

L’avenir ? Les deux responsables ne veulent pas le voir complètement dans le noir, même si Libourne, depuis le règlement d’urgence de Pellegrin à Bordeaux, est devenu le lieu qui reçoit le plus de patients en Gironde, 110 passages par jour en moyenne (125 par jour dont consultations psychiatriques) avec des pics à 140 visites.

« Nous avons une équipe solide et surtout fidèle », poursuit Anaïs Girard. Nous travaillons dans un environnement relativement préservé. Peu de services d’urgence peuvent dire cela aujourd’hui. » Les hôpitaux du Nord Gironde, rappelle Guillaume Ladrix, ont également développé une démarche Qualité de vie et conditions de travail, visant à améliorer le fonctionnement collectif des services médicaux et paramédicaux. et qui sont alignés avec la satisfaction des besoins des patients. »