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Written By Sophie Ledont

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

C’est à son retour sur son île natale récemment que Danjée Goulamhoussein a véritablement découvert le monde des briques de terre comprimée en participant à la création d’une coopérative mahoraise BTC dont il est co-gérant. Cela lui donne la motivation nécessaire pour intégrer ce secteur d’activité afin d’aider son père à structurer sa petite entreprise de construction.

Vieux renard qui en a vu tant passer devant ses yeux, cette dernière lui conseille de créer plutôt sa propre entreprise en l’assurant de son aide si nécessaire. Prudent, ayant vécu la dislocation du secteur de la brique il y a une vingtaine d’années, le père de famille n’a pas été convaincu par les nouvelles propositions (notions de décarbonation) pour annoncer une renaissance de la production de BTC nouvelle génération dans le département.

Suivant les recommandations de son père, Dandjée travaille à la création de son entreprise, d’abord en auto-entrepreneur en 2021, puis en SARL l’an dernier pour pouvoir embaucher des salariés. Diplômé en comptabilité, informatique et aide à la gestion, il est également titulaire d’un CAP maçonnerie. Il s’adresse aux opérateurs locaux utilisateurs de ce matériel, notamment la Société immobilière de Mayotte (SIM) et le rectorat de Mayotte. Pour ce jeune entrepreneur, la production de briques de terre comprimée répond à diverses problématiques qui se posent à Mayotte, comme le développement économique ou la valorisation des déchets.

En effet, il insiste sur le fait que la terre est un déchet qui impacte le milieu terrestre et le lagon où il recouvre les fonds marins. En le récupérant sur des chantiers publics ou privés, les producteurs de BTC rendent également service à la nature et contribuent à sa conservation. Pour lui, cette brique est un matériau appréciable à d’autres égards car elle entre dans une économie circulaire, chose rare à Mayotte à mettre en avant. Contrairement au plastique, au verre ou à la ferraille, il est réutilisable à l’infini sur place.

Faible consommation d’eau potable

Un mur de briques en fin de vie peut être broyé et réinjecté dans la chaîne de production sans qu’il soit nécessaire de l’exporter hors de l’île pour le retraiter. Elle permet également de préserver une ressource insuffisante et très précieuse sur le territoire, l’eau potable, largement utilisée dans la production de béton ou de parpaings. Dandjée Goulamhoussein explique que les eaux usées, comme l’eau de pluie, peuvent parfaitement être utilisées pour produire du BTC sans affecter la qualité finale du produit.

Il croit sérieusement à l’avenir de l’industrie, malgré l’approche très secrète de son père, qui ne voit pas trop ce qu’il fait avec les gros volumes de terres entassés sur les terres familiales. « J’ai dû l’emmener visiter le chantier d’un gymnase, où je suis sous-traitant, au sein du collège Bouéni M’titi à Labattoir pour qu’il fasse vraiment renaître l’industrie. Je pense qu’il a compris que les temps ont changé et il y a un nouveau procès », a-t-il dit.

En effet, entre les années 1980 et actuellement 2023, le contexte a complètement changé. Le coût de la vie n’est plus le même, le nombre d’habitants et de maisons à construire pour les accueillir est extrêmement important, la taille des projets et le style des constructions ne sont donc plus comparables. Nous construisons en hauteur sur plusieurs niveaux. Un projet SIM de vingt maisons nécessite la production de 50 000 pièces BTC, alors que seuls quatre artisans se sont lancés sur ce nouveau marché. Ces artisans ont besoin d’investissements pour acquérir des presses automatisées.

Dandjée Goulamhoussein a démarré son entreprise en récupérant la vieille voiture abandonnée de son père. Bien que complètement rouillé, il a réussi à lui insuffler une nouvelle vie. Il en a depuis acheté un neuf en Belgique où le fournisseur suit de très près la relance de la filière à Mayotte et s’apprête même à venir le visiter dans les prochaines semaines. Il faut dire que la brique de terre comprimée revient véritablement à la mode. Les projets ne manquent pas et les flux requis sont décidément trop importants pour le secteur actuel.

Par exemple, l’école des métiers du bâtiment de Longoni devait consommer un million de BTC. Comme les fabricants n’ont pas été en mesure de donner suite à la commande, le nombre a finalement été révisé à la baisse à 360 000 unités. « Aux différents chantiers portés par le rectorat de Mayotte s’ajoutent l’agrandissement de la préfecture de Mamoudzou et un grand nombre de logements qui nécessitent une production de type industriel. » Action Logement vient de lancer un appel d’offres pour le projet Alma , pour lequel l’association Art Terre et la société Colas ont été sélectionnées », précise le jeune entrepreneur.

Il faudra combattre certains stéréotypes pour repositionner BTC à Mayotte

Le secteur BTC fait déjà face à un problème majeur, la volatilité des prix au mètre carré qui a déjà bloqué certains chantiers. En effet, comme dans les années 1980, le produit a ses détracteurs qui n’hésitent pas à proposer des prix exorbitants dans le seul but de le rendre inaccessible au profit du béton et du ciment. Un processus paradoxal quand on sait que les départements des Antilles et de la Guyane ont commencé à exporter du BTC vers la France, et avec l’aide d’un partenariat avec le groupe Leroy Merlin.

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Un autre problème auquel l’industrie de la brique sera confrontée à moyen et à long terme est celui des stéréotypes de « bonnes normes » importées d’ailleurs. Tout le monde veut vivre dans des tours en béton, symbole de modernité, alors que l’inflation frappe le produit. « Il suffit d’aller dans les quincailleries pour se faire une idée du coût élevé de certains produits, et par extension, de la vie à Mayotte. Sachant que le processus ne va pas s’arrêter et encore moins s’inverser », souligne Dandjée Goulamhoussein. Il estime qu’il faudra trouver des personnalités locales qui pourront apporter le matériel BTC et en faire la promotion auprès de la population, comme c’était le cas dans les années 80. Il s’agit d’établir une stratégie de production et de consommation locale qui réponde à tous les critères ci-dessus. .

Une certification soutenue par le contribuable mahorais

Pour redonner à la brique de terre comprimée de Mayotte son éclat d’antan, il a fallu un travail acharné sur plusieurs années de normalisation. Sans cela, il aurait été impossible de faire approuver par les compagnies d’assurance la garantie de 10 ans actuellement en vigueur dans notre département. Près de 800 briques ont dû être acheminées vers la France par container vers différents ateliers spécialisés. Ils ont subi une série de tests pour prouver leur résistance à l’eau, au feu, à l’abrasion, aux tremblements de terre et à la dégénérescence.

Ce sont des procédures extrêmement coûteuses, prises en charge par les contribuables mahorais, grâce à des fonds publics. Il s’agit d’une certification nationale qui indique les contraintes et usages du BTC, tout comme pour le béton, le parpaing et le fer. Tous les professionnels du secteur regrettent que les collectivités n’aient pas investi pour que ces tests soient réalisés sur place et permettent à Mayotte d’en bénéficier, par exemple, au travers de brevets. Aujourd’hui ce sont les grands joueurs parisiens qui utilisent ce procédé à leur avantage sans rien rendre à notre île.

Autre incohérence qu’ils relèvent, l’attribution par le conseil départemental d’une subvention de 300.000 euros à une université de Tarbes pour une étude sur la brique en fibre sans que les stagiaires de Mayotte y soient intégrés. Ils estiment que cette somme aurait parfaitement pu être mise à la disposition du campus universitaire de Mayotte avec des retombées locales. Le secteur de la brique de terre comprimée a besoin d’un soutien financier public important pour permettre l’installation d’un maximum de jeunes entrepreneurs.

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