Sur fond d’autoritarisme, la Chine présente son plan de gouvernance numérique

Photo of author
Written By Sophie Ledont

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

L’Etat veut assurer sa gouvernance par le numérique. Image : Pixabay.

Le gouvernement chinois a annoncé jeudi 23 juin ses « stratégies pour renforcer la construction d’un gouvernement numérique ». Ce plan précise les objectifs de l’Etat pour la transformation de son administration par le numérique en 2035. Il devrait renforcer la stabilité de l’économie du pays et l’utilisation efficace du big data. Informations pouvant être utilisées pour établir sa politique de surveillance et de contrôle des citoyens.

Pékin veut mettre en place un système de prévisions économiques

La première étape de ce projet de transformation numérique consiste à développer un système permettant d’utiliser efficacement les données. Sans entrer dans les détails, le pays veut atteindre cet objectif en 2025 et devrait aider Pékin à mettre en place un système de gestion scientifique, juste et efficace. De cette façon, le gouvernement veut que son économie soit bien gérée.

Le plan explique que « la Chine renforcera l’intégration, la collecte et la gestion des données économiques pour développer les données de gestion économique et utilisera les mégadonnées pour améliorer l’analyse économique et les signes de danger ». En fait, Pékin veut tester des outils économiques spéciaux qui utilisent les mégadonnées. De telles méthodes sont par exemple utilisées par l’OCDE, mais uniquement pour des exemples de PIB à court terme.

Statut juridique d'une entreprise : Différents types et conseils pour les élections
Sur le même sujet :
La création d’entreprise est une étape cruciale lorsque l’on veut faire ses…

Un renforcement de la politique autoritaire par le numérique

Malheureusement, ce plan documente également le renforcement des politiques autoritaires de Pékin. Alors que le pays utilise de plus en plus la technologie de surveillance et la socialisation des citoyens pour façonner des aspects de leur vie quotidienne, ces restrictions peuvent être plus importantes.

À Lire  Pierre Ippolito : « Œuvrer à la création d'une place financière pour les Alpes Maritimes »

Le South China Morning Post rappelle que les dirigeants locaux de la ville de Zhengzhou, dans la province du Henan, n’ont pas hésité à s’emparer du système de QR code pendant la crise sanitaire. Ce dispositif, qui indique par une lumière verte ou rouge si une personne peut pénétrer dans une zone en fonction de son état de santé, a été utilisé pour limiter les déplacements des manifestants et des manifestants. Un changement peut être réalisé grâce à l’utilisation de données personnelles volumineuses.

Sous couvert de sécurité, la Chine a déclaré vouloir mettre en place un système de prévision et de prévention des risques utilisant les données pour la sécurité publique. C’est une véritable émission de Petits Reportages. Pékin prévoit également d’améliorer son programme « Sharp Eyes », un système de surveillance qui vise à couvrir une large zone selon le Centre pour la sécurité et l’utilisation de la technologie.

Cette nouvelle stratégie pour le numérique n’est pas directement évoquée, mais les dispositifs de reconnaissance faciale jouent un grand rôle dans les politiques gouvernementales. Une technologie qui permet à Pékin de suivre les activités de certains de ses citoyens.

Dette sociale, utilisation des systèmes de santé, vidéosurveillance et reconnaissance faciale, la Chine use de tous les moyens particuliers pour assurer l’efficacité de sa politique. Souvent qualifié de premier gouvernement numérique, le gouvernement central semble conserver cette stratégie pour 2035.