Un bilan du programme de crédit social chinois, à la lumière du nouveau…

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Written By Sophie Ledont

Rédactrice passionnée qui a vécu dans plus de 25 pays toujours à la recherche de la dernière information.

De nombreux mythes entourent le compte de crédit social, dont le récent projet vise à clarifier les termes. Photographie : agence KOBU / Unsplash.

Diverses agences gouvernementales chinoises ont proposé un projet destiné à structurer les expérimentations passées, menées par des acteurs publics, tout en définissant une ligne directrice pour l’avenir du projet, encore à l’état embryonnaire. Cette mise à jour vise également à améliorer le cadre juridique du système. Cependant, le projet ne semble pas entraîner de changement majeur dans la gestion du projet.

En effet, depuis sa création en 2014 à travers un plan sexennal, le projet de crédit social a évolué lentement et fait encore l’objet d’expérimentations fragmentées, majoritairement au niveau local.

Le système de crédit social est pourtant l’objet de tous les fantasmes, particulièrement en Occident. L’analogie quasi systématique avec la série dystopique Black Mirror attise les conversations autour du projet, sans que les détails de ce dernier ne soient réellement connus du grand public. Dans un article de la MIT Technology Review, la journaliste Zeyi Yang tente de brosser un tableau (plus) fidèle du système de classification chinois.

Elle explique que depuis 2014, le système de notation visait à attribuer des notes aux entreprises et aux citoyens, de deux manières distinctes. La première partie de la classification concerne la viabilité financière. En effet, l’immaturité du système financier chinois ne permet pas à l’Etat de mesurer la fiabilité économique d’un acteur, contrairement aux banques et agences de notation occidentales.

Selon Zeyi Wang, il « enregistre l’historique financier de 1,14 milliard d’individus chinois (et leur attribue des cotes de crédit), ainsi que près de 100 millions d’entreprises (mais ne leur attribue pas de cotes). »

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La deuxième partie du système de classification est l’évaluation morale des citoyens et des entreprises, afin de s’assurer que leurs actions sont conformes aux lois du pays. Cet aspect du projet n’est pas encore terminé.

Des expérimentations locales sont menées, comme dans la ville de Rongcheng, qui a mis en place un système de points avec ses 500 000 habitants. En 2013, la ville a commencé à donner à chaque résident une cote de crédit personnelle de base de 1 000 qui peut être influencée par ses bonnes et ses mauvaises actions. Mais aucun système similaire n’a encore été mis en place au niveau provincial ou national.

Quant à l’utilisation des nouvelles technologies par les autorités chinoises pour mener à bien ce projet, elle n’est que minime. Le projet reposera principalement sur le développement de bases de données numériques.

Des outils tels que l’intelligence artificielle, les algorithmes et la blockchain sont actuellement très peu utilisés. De plus, les grands acteurs technologiques chinois n’auraient qu’une implication périphérique dans le projet gouvernemental.

Contrairement aux idées reçues, le crédit social chinois est donc encore une initiative immature, plutôt low-tech et locale. Mais son évolution doit être surveillée de près (et notamment les conséquences du récent projet de loi), afin qu’elle ne devienne pas un outil de contrôle total de la population, en particulier des dissidents politiques.