Urgences sous pression : En Gironde, le Samu 33″ au…

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Par Sophie Serhani – s.serhani@sudouest.fr Publié le 22.12.2022 à 17:55

Le Samu 33 fait face à une explosion des appels, avec des délais d’attente plus longs avant de recevoir une réponse. Dans un contexte épidémique tendu, le Syndicat Social Santé Sud du CHU de Bordeaux tire la sonnette d’alarme

Aujourd’hui, en Gironde, le temps d’attente pour joindre un assistant médical réglementaire (ARM) au 15″ peut dépasser le quart d’heure, avec régulièrement entre 30 et 40 appels en même temps. L’appel pour arrêt cardiaque est dans la même file d’attente que les autres .Sauf que dans ce cas précis une minute perdue c’est 10% de moins que…

Aujourd’hui, en Gironde, le temps d’attente pour joindre un assistant médical réglementaire (ARM) au 15″ peut dépasser le quart d’heure, avec régulièrement entre 30 et 40 appels en même temps. L’appel pour arrêt cardiaque est dans la même file d’attente que Sauf que dans ce cas précis, une minute perdue, c’est 10 % de chances de survie sans séquelles en moins. A Bordeaux, les services d’urgence ne peuvent plus prendre à temps les urgences vitales. Gilbert Mouden, représentant du Sud Social Santé Personnel du CHU de Bordeaux, est infirmier anesthésiste au Samu de Bordeaux depuis 25 ans. « De toute ma carrière, je n’ai jamais connu de pires conditions de travail qu’en ce moment. Le personnel est au bord de l’implosion. »

Aux urgences adultes, un préfabriqué est remis en place, permettant de trier les patients sans forcément passer par le numéro 15. En matière d’urgences pédiatriques, une moyenne de « huit à dix heures d’attente » est constatée en dehors des situations graves avec des salles d’attente pleines. malgré la présence autorisée d’un seul parent. A la veille des fêtes de fin d’année, la Sud santé sociale du CHU sonne. « Nous n’avons plus peur de dire que les citoyens qui appellent le 15 pour une urgence vitale se retrouvent souvent en danger, corrélés à des réponses tardives », écrit le syndicat dans un communiqué.

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« Situation tendue »

« La situation est tendue depuis plusieurs semaines », indique Raphaël Yven, secrétaire général du CHU de Bordeaux. Plusieurs facteurs expliquent la situation tendue au Samu et aux urgences. « Nous sommes touchés par une triple épidémie de grippe, de Covid et de bronchiolite. Et du côté du personnel on constate aussi une augmentation de l’absentéisme dû à la grippe et au Covid », raconte Raphaël Yven.

Le syndicat blâme plutôt le manque de personnel dans l’équipe ARM. Cela entraîne « une pression, un rythme infernal avec l’impossibilité de faire des pauses », décrit Gilbert Mouden. Cela crée des situations tendues au sein du personnel lui-même… La situation de sous-effectif, conjuguée aux épidémies, et le fait que la réglementation du 24h/24 ait été étendue à l’ensemble du service, sans avoir renforcé l’équipe, fait que le des structures d’urgence entières souffrent aujourd’hui et sont en danger. »

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Période de recrutement

La direction du CHU se dit consciente de la situation. Face à l’augmentation de l’activité, « nous avons déjà renforcé les équipes mais nous avons encore des postes vacants au service réglementaire, nous sommes donc en pleine période de recrutement. Une chose est sûre, nous menons une vraie politique pour le Samu et pour renforcer les équipes d’urgence.

En janvier, un centre de formation ARM géré par le CHU de Bordeaux ouvrira ses portes pour renforcer la réglementation et permettre une prise en charge plus rapide et plus ciblée. Les personnes déjà en poste sont formées et certifiées. Une nouvelle promotion, avec des personnes entrant dans la profession, sera ouverte à partir de septembre 2023.